{"id":2366,"date":"2025-06-16T10:23:09","date_gmt":"2025-06-16T09:23:09","guid":{"rendered":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/?p=2366"},"modified":"2025-06-16T10:23:11","modified_gmt":"2025-06-16T09:23:11","slug":"crise-au-moyen-orient-le-baril-sous-haute-tension","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/?p=2366","title":{"rendered":"Crise au Moyen-Orient\u00a0: Le baril sous haute tension"},"content":{"rendered":"\n<p>Alors que la confrontation militaire entre l\u2019Iran et Isra\u00ebl embrase \u00e0 nouveau le Moyen-Orient, les march\u00e9s p\u00e9troliers vacillent. Dans une r\u00e9gion qui abrite une part majeure des exportations mondiales de brut, chaque tir de missile se traduit par une flamb\u00e9e des cours. Le spectre d\u2019un p\u00e9trole \u00e0 150 dollars en 2025 devient une hypoth\u00e8se s\u00e9rieuse pour les analystes. Mais derri\u00e8re cette hausse se dessinent des enjeux bien plus profonds : ceux d\u2019un ordre \u00e9nerg\u00e9tique mondial en mutation.<\/p>\n\n\n\n<p>Une nouvelle onde de choc frappe les march\u00e9s de l\u2019\u00e9nergie. En l\u2019espace de quelques heures, les cours du p\u00e9trole se sont envol\u00e9s de 13 % \u00e0 l\u2019ouverture du march\u00e9 vendredi, apr\u00e8s des frappes isra\u00e9liennes sur le territoire iranien. C\u2019est la plus forte hausse journali\u00e8re depuis mars 2022, date \u00e0 laquelle l\u2019invasion de l\u2019Ukraine par la Russie avait d\u00e9j\u00e0 sonn\u00e9 l\u2019alarme d\u2019un monde fragilement interconnect\u00e9 par ses besoins \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette fois-ci, ce n\u2019est pas tant la r\u00e9duction de l\u2019offre effective qui inqui\u00e8te les march\u00e9s \u2014 aucune infrastructure n\u2019a encore \u00e9t\u00e9 vis\u00e9e \u2014 que la g\u00e9ographie m\u00eame du conflit : il se d\u00e9roule au c\u0153ur de la principale art\u00e8re \u00e9nerg\u00e9tique de la plan\u00e8te. Le Moyen-Orient concentre \u00e0 lui seul plus de 30 % de la production mondiale de p\u00e9trole et pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des r\u00e9serves prouv\u00e9es. La moindre menace sur les installations ou sur les d\u00e9troits maritimes cruciaux, notamment celui d\u2019Ormuz, suffit \u00e0 tendre les nerfs des traders et \u00e0 alimenter les pires anticipations.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les projections s\u2019envolent, les incertitudes s\u2019installent<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>JP Morgan Chase estime que le baril pourrait rapidement grimper \u00e0 130 dollars en cas de prolongement des hostilit\u00e9s. Le sc\u00e9nario le plus sombre \u00e9voqu\u00e9 par ING Barings envisage un baril \u00e0 150 dollars avant la fin de l\u2019ann\u00e9e 2025. \u00c0 cette flamb\u00e9e sp\u00e9culative s\u2019ajoute la prudence logistique : Frontline, un des plus grands transporteurs de brut au monde, a suspendu certains de ses chargements dans la r\u00e9gion, signal clair que les routes maritimes ne sont plus consid\u00e9r\u00e9es comme s\u00fbres.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sentiment g\u00e9n\u00e9ral ? L\u2019hyper-volatilit\u00e9 : un \u00e9tat o\u00f9 les prix ne sont plus dict\u00e9s par les fondamentaux de l\u2019offre et de la demande, mais par le niveau d\u2019incertitude g\u00e9opolitique \u2014 un facteur insaisissable et incontr\u00f4lable, par nature.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 cette volatilit\u00e9, certains observateurs veulent croire en un r\u00f4le stabilisateur de l\u2019OPEP+, et notamment de ses capacit\u00e9s de production exc\u00e9dentaires. Le cabinet Rystad Energy \u00e9voque la possibilit\u00e9 de compenser partiellement une perte de production iranienne par des hausses de pompage d\u2019autres pays membres. Mais cette lecture reste optimiste : les divergences internes \u00e0 l\u2019OPEP, les contraintes d\u2019investissement, et l\u2019alignement strat\u00e9gique de certains \u00c9tats membres avec l\u2019Iran compliquent toute r\u00e9ponse coordonn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un march\u00e9 \u00e0 la merci des tensions r\u00e9gionales<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis les ann\u00e9es 1970, le p\u00e9trole reste un march\u00e9 structurellement vuln\u00e9rable aux tensions g\u00e9opolitiques, et plus encore lorsqu\u2019elles \u00e9manent du Moyen-Orient. Contrairement aux m\u00e9taux ou aux c\u00e9r\u00e9ales, l\u2019acheminement du brut d\u00e9pend de couloirs maritimes tr\u00e8s expos\u00e9s : Ormuz, Bab el-Mandeb, le canal de Suez. La fermeture ou m\u00eame la militarisation d\u2019un de ces points n\u00e9vralgiques pourrait provoquer un choc d\u2019offre brutal, comme celui redout\u00e9 en cas d\u2019implication de nouveaux acteurs dans le conflit isra\u00e9lo-iranien.<\/p>\n\n\n\n<p>En toile de fond, la militarisation croissante du commerce \u00e9nerg\u00e9tique r\u00e9v\u00e8le la fragilit\u00e9 du syst\u00e8me global. Un commerce mondial du brut fond\u00e9 sur la fluidit\u00e9 des \u00e9changes peut s\u2019effondrer en quelques heures lorsqu\u2019un d\u00e9troit devient un champ de bataille.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Occident face au pi\u00e8ge de la d\u00e9pendance<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019actuelle flamb\u00e9e des cours rappelle cruellement \u00e0 l\u2019Occident sa d\u00e9pendance persistante \u00e0 l\u2019or noir, malgr\u00e9 deux d\u00e9cennies de discours sur la transition \u00e9nerg\u00e9tique. Les \u00c9tats-Unis et l\u2019Europe, qui esp\u00e9raient sortir renforc\u00e9s de la crise \u00e9nerg\u00e9tique post-Ukraine gr\u00e2ce au gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9 (GNL) et aux \u00e9nergies renouvelables, d\u00e9couvrent que les hydrocarbures restent centraux, tant dans l\u2019industrie que dans le transport.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce contexte alimente une pression renouvel\u00e9e pour acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9veloppement des alternatives : \u00e9lectrification massive des transports, investissements dans l\u2019hydrog\u00e8ne, relance du nucl\u00e9aire, d\u00e9ploiement du solaire \u00e0 grande \u00e9chelle. Mais ces solutions restent de long terme. \u00c0 court terme, l\u2019\u00e9conomie mondiale reste pi\u00e9g\u00e9e dans un monde o\u00f9 le p\u00e9trole est encore roi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vers un nouvel ordre \u00e9nerg\u00e9tique mondial ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La \u00ab\u00a0catastrophe p\u00e9troli\u00e8re\u00a0\u00bb redout\u00e9e par l\u2019\u00e9conomiste saoudien Fahd bin Jumah pourrait ne pas se limiter \u00e0 une flamb\u00e9e des prix. Elle pourrait pr\u00e9cipiter une recomposition strat\u00e9gique : red\u00e9finition des alliances \u00e9nerg\u00e9tiques, ru\u00e9e sur de nouveaux gisements africains ou arctiques, militarisation accrue des routes maritimes, et renforcement du d\u00e9couplage \u00e9nerg\u00e9tique entre l\u2019Occident et les puissances du Sud.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, l\u2019Alg\u00e9rie, dont l\u2019\u00e9conomie repose encore largement sur les hydrocarbures, pourrait voir ses recettes en devises s\u2019envoler&#8230; mais au prix d\u2019un \u00e9quilibre mondial toujours plus instable.<\/p>\n\n\n\n<p>Le p\u00e9trole, loin d\u2019\u00eatre une simple commodit\u00e9, reste un levier strat\u00e9gique majeur, soumis \u00e0 des forces souvent plus politiques qu\u2019\u00e9conomiques. En 2025, le prix du baril ne sera pas dict\u00e9 uniquement par les lois du march\u00e9, mais par les trajectoires incertaines d\u2019un monde fractur\u00e9, tiraill\u00e9 entre ses besoins imm\u00e9diats et ses ambitions de souverainet\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>L.R.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que la confrontation militaire entre l\u2019Iran et Isra\u00ebl embrase \u00e0 nouveau le Moyen-Orient, les march\u00e9s p\u00e9troliers vacillent. Dans une r\u00e9gion qui abrite une part majeure des exportations mondiales de brut, chaque tir de missile se traduit par une flamb\u00e9e des cours. 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