{"id":2803,"date":"2025-09-03T00:08:45","date_gmt":"2025-09-02T23:08:45","guid":{"rendered":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/?p=2803"},"modified":"2025-09-03T00:08:48","modified_gmt":"2025-09-02T23:08:48","slug":"adrar-future-capitale-laitiere-algerienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/?p=2803","title":{"rendered":"Adrar, future capitale laiti\u00e8re alg\u00e9rienne"},"content":{"rendered":"\n<p>Baladna Algeria, filiale du groupe qatari Baladna, et le Fonds national d\u2019investissement (FNI) alg\u00e9rien ont lanc\u00e9 le chantier d\u2019un m\u00e9ga-projet laitier \u00e0 Adrar : un complexe int\u00e9gr\u00e9 \u00e9levage-transformation capable, \u00e0 terme, d\u2019accueillir 270 000 vaches et de produire 1,7 milliard de litres de lait par an. Ce dossier contextualise la coop\u00e9ration Alg\u00e9rie-Qatar, la strat\u00e9gie alg\u00e9rienne de r\u00e9gulation du secteur laitier et explique pourquoi le Grand Sahara a \u00e9t\u00e9 choisi comme \u00ab terre promise \u00bb pour l\u2019\u00e9levage laitier \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une coop\u00e9ration strat\u00e9gique Alger \u2014 Doha<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La mont\u00e9e en puissance du projet Baladna-Adrar s\u2019inscrit dans une logique de coop\u00e9ration bilat\u00e9rale cibl\u00e9e. L\u2019\u00c9tat alg\u00e9rien, via son Fonds national d\u2019investissement, a pris 49 % du capital de la nouvelle entit\u00e9 Baladna Algeria S.P.A., laissant 51 % au groupe qatari. Les premiers contrats fournisseurs (dont le g\u00e9ant technologique allemand GEA) d\u00e9passent les 500 M$, mat\u00e9rialisant un partenariat public-priv\u00e9 destin\u00e9 \u00e0 renforcer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire alg\u00e9rienne. Ces accords, sign\u00e9s fin juillet \u00e0 Alger, traduisent une convergence d\u2019int\u00e9r\u00eats : transfert de capacit\u00e9s industrielles et s\u00e9curisation de flux d\u2019approvisionnement pour l\u2019Alg\u00e9rie ; acc\u00e8s \u00e0 de grands projets d\u2019internationalisation pour Baladna.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pourquoi ce partenariat ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Pour l\u2019Alg\u00e9rie : r\u00e9duire une d\u00e9pendance importatrice co\u00fbteuse et volatile, capter des savoir-faire internationaux et cr\u00e9er des infrastructures industrielles lourdes sur son territoire.<\/li>\n\n\n\n<li>Pour Baladna\/Qatar : consolider une strat\u00e9gie d\u2019expansion r\u00e9gionale, s\u00e9curiser des d\u00e9bouch\u00e9s industriels et valoriser l\u2019expertise d\u00e9velopp\u00e9e au Qatar (traite intensive, process de poudrage, logistique du froid).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;La strat\u00e9gie alg\u00e9rienne pour \u00ab r\u00e9guler \u00bb un secteur sensible<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le lait est un secteur hautement politique : approvisionnement stable = paix sociale. L\u2019Alg\u00e9rie a multipli\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es mesures, appels d\u2019offres et incitations financi\u00e8res pour structurer la fili\u00e8re : ouverture de lignes de cr\u00e9dit pour l\u2019agrobusiness via les banques publiques, appels d\u2019offres nationaux d\u2019approvisionnement en poudre de lait, et cr\u00e9ation de v\u00e9hicules publics-priv\u00e9s pour porter des projets d\u2019\u00e9chelle. L\u2019objectif affich\u00e9 par Alger est double : s\u00e9curiser l\u2019approvisionnement (s\u00e9curit\u00e9 alimentaire) et r\u00e9duire la saign\u00e9e des devises li\u00e9e aux importations massives de poudre de lait (plusieurs centaines de milliers de tonnes par an).<\/p>\n\n\n\n<p>Concr\u00e8tement, la strat\u00e9gie combine industrialisation par projets de grande \u00e9chelle (Baladna-Adrar), soutien financier (cr\u00e9dits et garanties aux acteurs agricoles et agroindustriels), gestion centralis\u00e9e des importations et approvisionnement public (tenders ONIL), et mise \u00e0 niveau des capacit\u00e9s locales (formation, transferts technologiques via partenaires internationaux).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pourquoi le Grand Sahara (Adrar) ? Trois atouts d\u00e9cisifs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Choisir le Sahara pour une activit\u00e9 normalement associ\u00e9e aux r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es peut surprendre. Le dossier Baladna-Adrar repose pourtant sur plusieurs logiques compl\u00e9mentaires :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>a) La disponibilit\u00e9 fonci\u00e8re \u00e0 grande \u00e9chelle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Alg\u00e9rie dispose d\u2019immenses superficies d\u00e9sertiques non mises en culture. Le projet Adrar pr\u00e9voit une emprise consid\u00e9rable (des dizaines de milliers d\u2019hectares pour la production de fourrages, fermes et infrastructures). C\u2019est un pr\u00e9requis pour l\u2019\u00e9levage intensif de dizaines de milliers de t\u00eates et pour les rotations fourrag\u00e8res n\u00e9cessaires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>b) Acc\u00e8s \u00e0 des ressources hydriques et solutions techniques d\u2019irrigation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les oasis sahariennes, les nappes fossiles profondes et les syst\u00e8mes traditionnels (foggaras) offrent des possibilit\u00e9s d\u2019irrigation \u2013 compl\u00e9t\u00e9es par des forages modernes. Le mod\u00e8le industriel s\u2019appuiera sur des syst\u00e8mes d\u2019irrigation technologiques, le traitement d\u2019eau et des cycles ferm\u00e9s visant l\u2019efficience hydrique. Des \u00e9tudes et projets locaux consid\u00e8rent aussi la dessalinisation et la r\u00e9utilisation des eaux trait\u00e9es pour diminuer la pression sur les nappes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>c) Potentiel \u00e9nerg\u00e9tique et logistique solaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le Sahara alg\u00e9rien offre un gisement solaire immense. Coupler \u00e9levage intensif et production d\u2019\u00e9nergie solaire (pompages, r\u00e9frig\u00e9ration, process d\u2019usine) est \u00e0 la fois rationnel et rentable : il r\u00e9duit la d\u00e9pendance aux carburants fossiles et permet d\u2019alimenter des cha\u00eenes du froid \u00e9nergivores (traitement, s\u00e9chage, entreposage). La litt\u00e9rature scientifique appelle depuis longtemps \u00e0 exploiter le solaire saharien pour des usages agricoles intensifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces atouts expliquent le pari d\u2019installer en plein d\u00e9sert des unit\u00e9s de production laiti\u00e8re qui, compens\u00e9es par des technologies adapt\u00e9es (climatisation des b\u00e2timents, ventilation, gestion de l\u2019alimentation, syst\u00e8mes d\u2019irrigation efficaces), peuvent atteindre des rendements industriels et r\u00e9duire la d\u00e9pendance aux march\u00e9s mondiaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce que disent les chiffres (impact attendu)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Capex projet\u00e9 : 3,5 Md $ (Baladna Algeria S.P.A.).<\/li>\n\n\n\n<li>Partenaires : Baladna (51 %) + Fonds national d\u2019investissement alg\u00e9rien (49 %) ; fournisseurs industriels (GEA : \u00e9quipement et process).<\/li>\n\n\n\n<li>Phase 1 : 60 000 vaches, objectif 100 000 t\/an de poudre de lait d\u00e8s la mont\u00e9e en capacit\u00e9, premi\u00e8res poudres pr\u00e9vues fin 2027.<\/li>\n\n\n\n<li>Capacit\u00e9 finale : 270 000 vaches, 1,7 Md L\/an ; couverture attendue d\u2019environ 50 % des besoins alg\u00e9riens en poudre de lait ; cr\u00e9ation d\u2019environ 5 000 emplois directs (estimations projet).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Enjeux et risques \u00e0 surveiller<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Hydrologie et durabilit\u00e9 des nappes : l\u2019exploitation \u00e0 grande \u00e9chelle des ressources aquif\u00e8res doit \u00eatre accompagn\u00e9e d\u2019\u00e9tudes d\u2019impact et de plans de gestion pour \u00e9viter l\u2019\u00e9puisement des nappes fossiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Approvisionnement en fourrages : produire suffisamment de concentr\u00e9s et fourrages localement ou via cha\u00eenes logistiques fiables est crucial \u2014 et co\u00fbteux ; la logistique du transport et du stockage dans un climat extr\u00eame est d\u00e9terminante.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma\u00eetrise \u00e9nerg\u00e9tique : le recours au solaire est une opportunit\u00e9, mais demande des investissements initiaux et des solutions de stockage pour garantir la continuit\u00e9 des process.<\/p>\n\n\n\n<p>Acceptabilit\u00e9 sociale et insertion locale : cr\u00e9ation d\u2019emplois localement; int\u00e9gration des populations oasiennes et mont\u00e9e en comp\u00e9tences des techniciens locaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Verdict provisoire : un pari industriel et g\u00e9opolitique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le dossier Baladna-Adrar est d\u2019abord un pari d\u2019\u00c9tat : regagner de la r\u00e9silience alimentaire via un investissement massif et un partenaire \u00e9tranger. Pour l\u2019Alg\u00e9rie, il s\u2019agit d\u2019un projet structurant \u2014 industriel, \u00e9nerg\u00e9tique et social \u2014 qui peut r\u00e9duire de fa\u00e7on significative la facture d\u2019importations de poudre de lait et catalyser une fili\u00e8re agro-industrielle nouvelle dans le sud. Pour Baladna et le Qatar, c\u2019est l\u2019exportabilit\u00e9 d\u2019un mod\u00e8le industriel n\u00e9 d\u2019une crise (le cas qatari de 2017) et l\u2019affirmation d\u2019un champ d\u2019intervention africain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L.R.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Baladna Algeria, filiale du groupe qatari Baladna, et le Fonds national d\u2019investissement (FNI) alg\u00e9rien ont lanc\u00e9 le chantier d\u2019un m\u00e9ga-projet laitier \u00e0 Adrar : un complexe int\u00e9gr\u00e9 \u00e9levage-transformation capable, \u00e0 terme, d\u2019accueillir 270 000 vaches et de produire 1,7 milliard de litres de lait par an. 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