{"id":3145,"date":"2025-10-22T08:46:22","date_gmt":"2025-10-22T07:46:22","guid":{"rendered":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/?p=3145"},"modified":"2025-10-22T08:46:24","modified_gmt":"2025-10-22T07:46:24","slug":"une-station-de-dessalement-deau-livree-en-24-mois-chrono","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/?p=3145","title":{"rendered":"Une station de dessalement d\u2019eau livr\u00e9e en 24 mois chrono"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>L\u2019Alg\u00e9rie acc\u00e9l\u00e8re son virage hydrique. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience acquise par l\u2019ADC (Algerian Desalination Company), les nouvelles stations de dessalement d\u2019une capacit\u00e9 de 300 000 m\u00b3 peuvent d\u00e9sormais \u00eatre construites en seulement vingt-quatre mois. Un d\u00e9lai record qui incarne la volont\u00e9 du pays d\u2019assurer sa souverainet\u00e9 en eau et de couvrir, \u00e0 terme, 60 % des besoins nationaux en eau potable gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019oc\u00e9an.<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Alg\u00e9rie acc\u00e9l\u00e8re sa marche vers l\u2019autonomie hydrique. Apr\u00e8s avoir lanc\u00e9, entre 2020 et 2022, cinq stations de dessalement dans le cadre d\u2019un programme d\u2019urgence, le pays se pr\u00e9pare \u00e0 ouvrir un nouveau cycle d\u2019investissements massifs.<br>Dimanche dernier, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a tranch\u00e9 : trois nouvelles stations seront construites \u00e0 Chlef, Mostaganem et Tlemcen, des wilayas particuli\u00e8rement touch\u00e9es par la rar\u00e9faction de l\u2019eau dans l\u2019Ouest du pays. \u00c0 terme, six grandes stations verront le jour dans le cadre du deuxi\u00e8me programme compl\u00e9mentaire de dessalement, portant la capacit\u00e9 nationale \u00e0 1,8 million de m\u00e8tres cubes d\u2019eau potable par jour, soit 60 % des besoins nationaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des d\u00e9lais record : 300 000 m\u00b3 en 24 mois<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Selon Ahmed Kettab, expert international en hydrologie et directeur de recherche \u00e0 l\u2019\u00c9cole polytechnique d\u2019Alger, les capacit\u00e9s acquises par la soci\u00e9t\u00e9 publique de dessalement, aujourd\u2019hui ADC (Algerian Desalination Company), permettent de r\u00e9aliser une station de 300 000 m\u00b3\/jour en seulement deux ans.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab L\u2019exp\u00e9rience de l\u2019ex-AEC, devenue ADC, nous permet aujourd\u2019hui d\u2019atteindre des d\u00e9lais de 24 mois pour une station de grande capacit\u00e9 \u00bb, a affirm\u00e9 M. Kettab sur les ondes de la Cha\u00eene III.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce rythme soutenu illustre la maturit\u00e9 industrielle et technologique atteinte par les \u00e9quipes nationales, d\u00e9sormais capables de concevoir, construire et g\u00e9rer des infrastructures complexes sans d\u00e9pendance \u00e9trang\u00e8re majeure.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Deux d\u00e9cennies d\u2019exp\u00e9rience et une strat\u00e9gie assum\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le recours au dessalement n\u2019est pas nouveau. L\u2019expert rappelle qu\u2019il remonte \u00e0 la crise hydrique de 2002, lorsque les barrages du pays s\u2019\u00e9taient retrouv\u00e9s presque \u00e0 sec. L\u2019\u00c9tat avait alors opt\u00e9 pour des stations monoblocs import\u00e9es de petite capacit\u00e9 (5 000 \u00e0 10 000 m\u00b3\/jour).<br>Dix ans plus tard, en 2011-2012, l\u2019Alg\u00e9rie comptait d\u00e9j\u00e0 11 stations totalisant 2,2 millions de m\u00b3 par jour.<br>Ce socle d\u2019exp\u00e9rience, conjugu\u00e9 \u00e0 une politique publique volontariste, a permis de structurer une fili\u00e8re nationale. Aujourd\u2019hui, le dessalement est devenu un pilier de la s\u00e9curit\u00e9 hydrique, au m\u00eame titre que les barrages ou le transfert inter-bassins.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une ambition chiffr\u00e9e : 9 millions d\u2019habitants aliment\u00e9s \u00e0 l\u2019Ouest<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les trois futures stations de Chlef, Mostaganem et Tlemcen, d\u2019une capacit\u00e9 de 300 000 m\u00b3 chacune, alimenteront pr\u00e8s de 9 millions d\u2019habitants, \u00e0 raison de 100 litres d\u2019eau potable par jour et par personne.<br>Leur localisation dans la fa\u00e7ade ouest r\u00e9pond \u00e0 une logique d\u2019\u00e9quilibrage territorial : cette r\u00e9gion, plus s\u00e8che que le centre et l\u2019est, subit depuis plusieurs ann\u00e9es un d\u00e9ficit pluviom\u00e9trique chronique.<\/p>\n\n\n\n<p>Kettab pr\u00e9cise que les r\u00e9seaux d\u2019adduction atteignent d\u00e9j\u00e0 150 kilom\u00e8tres vers le sud depuis les stations c\u00f4ti\u00e8res, et que la volont\u00e9 pr\u00e9sidentielle est d\u00e9sormais d\u2019\u00e9tendre cette port\u00e9e \u00e0 250 kilom\u00e8tres, pour irriguer l\u2019arri\u00e8re-pays et les zones semi-arides.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une vision int\u00e9gr\u00e9e de la distribution<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce prolongement logistique traduit une philosophie d\u2019\u00e9quit\u00e9 hydrique : faire du dessalement un instrument d\u2019am\u00e9nagement du territoire, et non un privil\u00e8ge des zones littorales.<br>Les nouvelles conduites principales, soutenues par des r\u00e9servoirs et stations de pompage interm\u00e9diaires, permettront \u00e0 terme de s\u00e9curiser les wilayas int\u00e9rieures les plus touch\u00e9es par la p\u00e9nurie, comme Tiaret, Sa\u00efda, Mascara ou Sidi Bel Abb\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019apport du deuxi\u00e8me programme : 2,8 milliards USD et \u00e9nergie solaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mouloud Hachlaf, assistant du PDG de la Soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne de dessalement de l\u2019eau de mer, pr\u00e9cise que ce programme compl\u00e9mentaire mobilisera un investissement global de 2,8 milliards de dollars.<br>Sa particularit\u00e9 majeure : l\u2019int\u00e9gration des \u00e9nergies renouvelables.<br>Entre 30 et 35 % de la consommation \u00e9lectrique des stations sera couverte par le solaire photovolta\u00efque d\u00e8s cette phase, avec une ambition d\u2019autonomie \u00e9nerg\u00e9tique totale (100 %) \u00e0 moyen terme.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette innovation s\u2019impose d\u2019autant plus que l\u2019\u00e9nergie repr\u00e9sente pr\u00e8s de 30 % du co\u00fbt global de production de l\u2019eau dessal\u00e9e.<br>L\u2019objectif est donc double : r\u00e9duire les co\u00fbts d\u2019exploitation et minimiser l\u2019empreinte carbone du dessalement, en s\u2019inscrivant dans le vaste plan de transition \u00e9nerg\u00e9tique engag\u00e9 par l\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De la d\u00e9pendance \u00e0 la souverainet\u00e9 technologique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La cr\u00e9ation de l\u2019ADC marque une \u00e9tape institutionnelle cl\u00e9.<br>D\u00e9riv\u00e9e de l\u2019ex-Algerian Energy Company (filiale de Sonatrach), l\u2019entreprise est devenue un acteur national autonome, charg\u00e9 exclusivement du d\u00e9veloppement et de l\u2019exploitation du parc de dessalement.<br>Selon Hachlaf, cette restructuration incarne \u00ab le passage d\u2019un partenariat sous assistance \u00e9trang\u00e8re \u00e0 une gestion souveraine et int\u00e9gr\u00e9e \u00bb.<br>Les ing\u00e9nieurs, techniciens et chercheurs alg\u00e9riens assurent d\u00e9sormais toutes les \u00e9tapes du cycle de vie des installations, de la conception au pilotage.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des retomb\u00e9es \u00e9conomiques concr\u00e8tes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le premier programme (2021\u20132025) a d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9 pr\u00e8s de 10 000 emplois et mobilis\u00e9 plusieurs centaines d\u2019entreprises nationales de sous-traitance.<br>Il a entra\u00een\u00e9 la modernisation d\u2019infrastructures locales : routes, r\u00e9seaux \u00e9lectriques, couverture Internet, zones industrielles de maintenance.<br>En parall\u00e8le, les universit\u00e9s et centres de recherche ont renforc\u00e9 leurs programmes en hydraulique, traitement de l\u2019eau et \u00e9nergies renouvelables, cr\u00e9ant un \u00e9cosyst\u00e8me scientifique et industriel durable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des d\u00e9fis \u00e0 relever : \u00e9nergie, rejets et gouvernance<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019\u00e9lan positif, le recours massif au dessalement s\u2019accompagne de d\u00e9fis structurels, \u00e0 savoir la consommation \u00e9nerg\u00e9tique \u00e9lev\u00e9e : m\u00eame partiellement compens\u00e9e par le solaire, elle impose une optimisation continue des proc\u00e9d\u00e9s d\u2019osmose inverse, le rejets salins (saumure) : leur dilution en mer doit \u00eatre contr\u00f4l\u00e9e pour pr\u00e9server les \u00e9cosyst\u00e8mes littoraux, le transport \u00e0 longue distance : les pertes hydrauliques et les co\u00fbts de maintenance des conduites doivent \u00eatre anticip\u00e9s et la gouvernance et transparence : la tarification, le financement mixte public\/priv\u00e9 et le suivi environnemental n\u00e9cessitent des cadres r\u00e9glementaires solides.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces aspects conditionneront la durabilit\u00e9 \u00e9conomique et \u00e9cologique de la fili\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une r\u00e9ponse au d\u00e9r\u00e8glement climatique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le dessalement est d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9 comme un levier d\u2019adaptation climatique.<br>Les projections du GIEC pr\u00e9voient une baisse de 20 % des pr\u00e9cipitations d\u2019ici 2050 sur la bande nord-africaine, conjugu\u00e9e \u00e0 une intensification des s\u00e9cheresses.<br>Les barrages, dont le taux de remplissage a chut\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es, ne suffisent plus.<br>Le dessalement devient donc le pivot d\u2019un nouveau mod\u00e8le hydrique reposant sur la diversification des sources : mer, eaux us\u00e9es trait\u00e9es, nappes profondes et r\u00e9utilisation agricole.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Perspectives : vers une Alg\u00e9rie hydriquement souveraine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si les six stations du deuxi\u00e8me programme sont livr\u00e9es dans les d\u00e9lais \u2014 24 mois pour chaque unit\u00e9 \u2014, l\u2019Alg\u00e9rie disposera d\u2019ici 2027 d\u2019un r\u00e9seau national de 14 stations capables de couvrir pr\u00e8s des deux tiers des besoins domestiques.<br>C\u2019est une mutation structurelle : l\u2019eau issue de la mer pourrait devenir la principale ressource du robinet alg\u00e9rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Reste \u00e0 assurer la p\u00e9rennit\u00e9 financi\u00e8re et \u00e9cologique du mod\u00e8le :<br>comment maintenir des co\u00fbts accessibles, valoriser la saumure, et garantir un partage \u00e9quitable entre les r\u00e9gions ?<br>Les r\u00e9ponses \u00e0 ces questions d\u00e9termineront si le dessalement restera une solution d\u2019urgence ou s\u2019imposera comme un pilier durable de la souverainet\u00e9 nationale.<\/p>\n\n\n\n<p>En deux d\u00e9cennies, l\u2019Alg\u00e9rie est pass\u00e9e d\u2019un recours ponctuel au dessalement \u00e0 une politique nationale structur\u00e9e et souveraine.<br>Les ambitions affich\u00e9es \u2014 60 % d\u2019eau potable issue de la mer, stations construites en 24 mois, int\u00e9gration solaire \u00e0 35 % \u2014 traduisent la volont\u00e9 de faire du dessalement un vecteur d\u2019ind\u00e9pendance et de stabilit\u00e9 hydrique.<br>Mais cette prouesse technique devra s\u2019accompagner d\u2019une gouvernance exemplaire, d\u2019une rigueur environnementale et d\u2019un investissement continu dans la science.<br>Entre urgence climatique et vision strat\u00e9gique, l\u2019Alg\u00e9rie dessine les contours d\u2019un nouvel \u00e2ge bleu.<\/p>\n\n\n\n<p>L.R.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Alg\u00e9rie acc\u00e9l\u00e8re son virage hydrique. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience acquise par l\u2019ADC (Algerian Desalination Company), les nouvelles stations de dessalement d\u2019une capacit\u00e9 de 300 000 m\u00b3 peuvent d\u00e9sormais \u00eatre construites en seulement vingt-quatre mois. Un d\u00e9lai record qui incarne la volont\u00e9 du pays d\u2019assurer sa souverainet\u00e9 en eau et de couvrir, \u00e0 terme, 60 % des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":3146,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":{"0":"post-3145","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-economie"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3145","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3145"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3145\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3147,"href":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3145\/revisions\/3147"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3146"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3145"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3145"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3145"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}