{"id":3293,"date":"2025-11-13T10:57:51","date_gmt":"2025-11-13T09:57:51","guid":{"rendered":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/?p=3293"},"modified":"2025-11-13T10:57:54","modified_gmt":"2025-11-13T09:57:54","slug":"47-millions-dalgeriens-face-a-lexplosion-silencieuse-du-diabete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/?p=3293","title":{"rendered":"4,7 millions d\u2019Alg\u00e9riens face \u00e0 l\u2019explosion silencieuse du diab\u00e8te"},"content":{"rendered":"\n<p>Plus de 537 millions de personnes dans le monde vivent aujourd\u2019hui avec le diab\u00e8te, selon les estimations \u00e9voqu\u00e9es par le Pr Samia Zekri, experte en diab\u00e9tologie et formatrice en \u00e9ducation th\u00e9rapeutique du patient. D\u2019ici \u00e0 2045, ce nombre pourrait atteindre 783 millions. L\u2019Alg\u00e9rie, loin d\u2019\u00eatre \u00e9pargn\u00e9e, affiche une progression qui inqui\u00e8te les sp\u00e9cialistes : la pr\u00e9valence nationale, qui s\u2019\u00e9levait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 14,4 % en 2016, a bondi \u00e0 17,5 % seulement deux ans plus tard, selon la F\u00e9d\u00e9ration internationale du diab\u00e8te (FID). Cela repr\u00e9sente environ 4,7 millions d\u2019Alg\u00e9riens atteints d\u2019une maladie chronique qui bouleverse le visage sanitaire du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce constat, livr\u00e9 ce mercredi par le Pr Zekri sur les ondes de la Radio alg\u00e9rienne (Cha\u00eene 3), \u00e0 l\u2019occasion de la Journ\u00e9e mondiale du diab\u00e8te du 14 novembre, dresse un portrait sans fard d\u2019une pathologie en pleine explosion. \u00ab L\u2019Alg\u00e9rie suit la tendance mondiale \u00bb, affirme-t-elle, rappelant que l\u2019augmentation du diab\u00e8te n\u2019est pas seulement une question m\u00e9dicale, mais aussi sociale et \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<p>Au c\u0153ur du probl\u00e8me se trouve le diab\u00e8te de type 2, forme la plus r\u00e9pandue et la plus \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 l\u2019ob\u00e9sit\u00e9. Cette derni\u00e8re, en particulier l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 abdominale \u2014 dite andro\u00efde \u2014, est d\u00e9crite par la professeure comme un \u00ab indicateur d\u2019insulino-r\u00e9sistance \u00bb. \u00ab Quand le ventre pointe, la graisse a d\u00e9j\u00e0 entour\u00e9 les visc\u00e8res, y compris le foie \u00bb, explique-t-elle, \u00e9voquant un m\u00e9canisme o\u00f9 l\u2019organisme produit de l\u2019insuline, mais o\u00f9 celle-ci devient inefficace. C\u2019est le pr\u00e9lude \u00e0 la maladie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne est d\u2019autant plus pr\u00e9occupant qu\u2019il touche d\u00e9sormais toutes les g\u00e9n\u00e9rations. L\u2019alerte la plus grave vient des enfants : selon une \u00e9tude de l\u2019Institut national de sant\u00e9 publique (INSP) publi\u00e9e en janvier 2025, 13,4 % des enfants alg\u00e9riens \u00e2g\u00e9s de 5 \u00e0 11 ans souffrent d\u00e9j\u00e0 d\u2019ob\u00e9sit\u00e9. \u00ab Si les parents n\u2019agissent pas, ces enfants risquent fort de devenir diab\u00e9tiques \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte \u00bb, avertit le Pr Zekri. Cette g\u00e9n\u00e9ration menac\u00e9e symbolise le glissement d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re vers la s\u00e9dentarit\u00e9 et la malbouffe.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la sp\u00e9cialiste, l\u2019une des cl\u00e9s r\u00e9side dans le retour \u00e0 une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e et dans le rejet du \u00ab mod\u00e8le alimentaire industriel \u00bb qui a envahi les foyers. Elle plaide pour le r\u00e9gime m\u00e9diterran\u00e9en, \u00ab anti-inflammatoire, riche en l\u00e9gumes, fruits, huile d\u2019olive et produits du terroir \u00bb, et d\u00e9nonce sans d\u00e9tour les exc\u00e8s de la restauration rapide : \u00ab Le hamburger, que nous avons tous adopt\u00e9, a fait \u00e9norm\u00e9ment de mal, surtout \u00e0 nos enfants. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les boissons paraissent toujours aussi sucr\u00e9es<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais le probl\u00e8me d\u00e9passe les cuisines familiales. Les industries agroalimentaires et les pouvoirs publics portent une part de responsabilit\u00e9 dans la d\u00e9rive nutritionnelle. Le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 a, selon la professeure, mis en place un comit\u00e9 multisectoriel nomm\u00e9 par d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel afin de r\u00e9duire la quantit\u00e9 de sucre dans les produits de grande consommation. Historiquement, au lendemain de l\u2019ind\u00e9pendance, l\u2019Alg\u00e9rie avait relev\u00e9 les taux de sucre pour lutter contre la malnutrition : jusqu\u2019\u00e0 160 grammes par kilo ou par litre. Cette teneur a \u00e9t\u00e9 abaiss\u00e9e \u00e0 110 grammes, mais, sur le terrain, \u00ab les boissons paraissent toujours aussi sucr\u00e9es \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9sistance des industriels \u00e0 r\u00e9duire davantage la teneur en sucre s\u2019explique par la crainte d\u2019une baisse des ventes. Certains ont compens\u00e9 la diminution du sucre par l\u2019ajout d\u2019\u00e9dulcorants, pr\u00e9sent\u00e9s comme des alternatives, mais dont la professeure souligne les dangers : \u00ab Aujourd\u2019hui, on sait qu\u2019ils peuvent \u00eatre canc\u00e9rig\u00e8nes et qu\u2019ils entretiennent une d\u00e9pendance au go\u00fbt sucr\u00e9. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Zekri, la lutte ne peut se limiter au sucre : \u00ab Il ne faut pas faire la chasse qu\u2019\u00e0 un seul ennemi. Il y a trois blancs \u00e0 surveiller : le sucre, le sel et la graisse. \u00bb C\u2019est cette triade, consomm\u00e9e en exc\u00e8s, qui alimente le surpoids et la cascade m\u00e9tabolique menant au diab\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cons\u00e9quences de la maladie, elles, sont lourdes et souvent irr\u00e9versibles. Le diab\u00e8te est aujourd\u2019hui la premi\u00e8re cause mondiale de c\u00e9cit\u00e9, la premi\u00e8re cause d\u2019amputation non traumatique et la premi\u00e8re cause de recours \u00e0 la dialyse. Ces chiffres ne traduisent pas seulement la gravit\u00e9 de la maladie, mais aussi le co\u00fbt social et \u00e9conomique d\u2019une prise en charge tardive.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La dimension collective de la r\u00e9ponse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 cet engrenage, la pr\u00e9vention reste la meilleure arme. D\u00e9pistage syst\u00e9matique, \u00e9ducation alimentaire, r\u00e9duction des sucres rapides, activit\u00e9 physique quotidienne : autant de mesures simples mais fondamentales. Le Pr Zekri insiste sur la dimension collective de la r\u00e9ponse : \u00ab Nous devons nous unir, le monde m\u00e9dical, les psychologues, les param\u00e9dicaux et les citoyens. Seule une mobilisation nationale peut inverser la courbe. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Alg\u00e9rie n\u2019est donc pas condamn\u00e9e \u00e0 subir cette \u00e9pid\u00e9mie silencieuse. L\u2019unit\u00e9, symbolis\u00e9e par \u00ab l\u2019insigne de la lutte contre le diab\u00e8te \u00bb que la professeure arbore fi\u00e8rement, doit devenir l\u2019\u00e9tendard d\u2019un combat collectif. Derri\u00e8re les chiffres \u2014 17,5 %, 4,7 millions de malades, 13,4 % d\u2019enfants ob\u00e8ses \u2014 se joue une question de sant\u00e9 publique, mais aussi d\u2019avenir national. Car si les statistiques effraient, elles peuvent aussi servir d\u2019\u00e9lectrochoc. \u00c0 condition d\u2019agir maintenant.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">L.R.<\/h1>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plus de 537 millions de personnes dans le monde vivent aujourd\u2019hui avec le diab\u00e8te, selon les estimations \u00e9voqu\u00e9es par le Pr Samia Zekri, experte en diab\u00e9tologie et formatrice en \u00e9ducation th\u00e9rapeutique du patient. D\u2019ici \u00e0 2045, ce nombre pourrait atteindre 783 millions. 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