{"id":3668,"date":"2025-12-28T09:20:41","date_gmt":"2025-12-28T08:20:41","guid":{"rendered":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/?p=3668"},"modified":"2025-12-28T09:20:43","modified_gmt":"2025-12-28T08:20:43","slug":"ble-la-securite-du-stock-preventif","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/?p=3668","title":{"rendered":"Bl\u00e9\u00a0: La s\u00e9curit\u00e9 du stock pr\u00e9ventif"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019Alg\u00e9rie renforce sa strat\u00e9gie de s\u00e9curisation alimentaire par une politique d\u2019achats anticip\u00e9s de c\u00e9r\u00e9ales, tirant parti de la conjoncture favorable sur les march\u00e9s internationaux. Selon des op\u00e9rateurs europ\u00e9ens cit\u00e9s par l\u2019agence Reuters, l\u2019Office alg\u00e9rien interprofessionnel des c\u00e9r\u00e9ales (OAIC) a proc\u00e9d\u00e9, mardi, \u00e0 l\u2019acquisition de 500 000 \u00e0 550 000 tonnes m\u00e9triques de bl\u00e9 dur lors d\u2019un appel d\u2019offres international. Les prix auraient oscill\u00e9 entre 315 et 325 dollars la tonne, fret et assurance inclus, avec des livraisons pr\u00e9vues entre le 1er f\u00e9vrier et le 31 mars 2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette op\u00e9ration s\u2019inscrit dans une s\u00e9quence d\u2019achats soutenue engag\u00e9e depuis la fin du mois d\u2019octobre. En l\u2019espace d\u2019un trimestre, l\u2019OAIC a ainsi contract\u00e9 pr\u00e8s de 2,5 millions de tonnes de bl\u00e9 tendre et de bl\u00e9 dur. Fin octobre, une premi\u00e8re commande de 600 000 tonnes de bl\u00e9 tendre avait \u00e9t\u00e9 pass\u00e9e, suivie de volumes compris entre 150 000 et 170 000 tonnes \u00e0 la mi-novembre, puis de 810 000 \u00e0 900 000 tonnes au d\u00e9but du mois de d\u00e9cembre. \u00c0 cela s\u2019ajoute une commande d\u2019environ 400 000 tonnes de bl\u00e9 dur enregistr\u00e9e d\u00e9but novembre. Cette succession d\u2019appels d\u2019offres traduit une volont\u00e9 claire de constituer des stocks confortables \u00e0 moyen terme.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les sp\u00e9cialistes, cette dynamique repose sur une transformation structurelle de la politique c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re nationale, marqu\u00e9e par l\u2019augmentation progressive des capacit\u00e9s de stockage. Intervenant r\u00e9cemment sur les ondes de la Cha\u00eene III de la Radio alg\u00e9rienne, l\u2019enseignant et expert agricole Brahim Mouhouche (ENSA) soulignait que cette strat\u00e9gie est d\u00e9sormais assum\u00e9e : \u00ab Un pays qui dispose des moyens financiers et d\u2019infrastructures de stockage suffisantes peut acheter massivement lorsque les prix sont bas. Sans silos, m\u00eame avec des ressources financi\u00e8res, cette option reste th\u00e9orique \u00bb. Le renforcement du r\u00e9seau de stockage de l\u2019OAIC permet ainsi \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie de mieux arbitrer ses achats et de r\u00e9duire sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux tensions soudaines du march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De fait, les conditions internationales se r\u00e9v\u00e8lent particuli\u00e8rement favorables. La disponibilit\u00e9 mondiale en bl\u00e9 exerce une pression \u00e0 la baisse sur les prix. Sur le march\u00e9 \u00e0 terme d\u2019Euronext, les contrats de bl\u00e9 tendre pour livraison en mars prochain s\u2019\u00e9changent autour de 190,25 euros la tonne, un niveau jug\u00e9 inf\u00e9rieur aux co\u00fbts de production par de nombreux c\u00e9r\u00e9aliers europ\u00e9ens. En France, la presse agricole \u00e9voque une situation pr\u00e9occupante pour les producteurs, malgr\u00e9 un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat des fabricants d\u2019aliments pour le b\u00e9tail. La revue <em>La France Agricole<\/em> relevait r\u00e9cemment la faiblesse persistante des exportations europ\u00e9ennes vers les pays tiers, estimant que l\u2019objectif de 31 millions de tonnes export\u00e9es pourrait \u00eatre difficile \u00e0 atteindre si les ventes ne s\u2019acc\u00e9l\u00e8rent pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, l\u2019Alg\u00e9rie appara\u00eet comme un acheteur opportuniste, capable de capter des volumes importants \u00e0 des prix comp\u00e9titifs, tout en s\u00e9curisant ses besoins \u00e0 moyen terme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La question r\u00e9currente de la production nationale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette politique d\u2019importation, si elle renforce la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire \u00e0 court terme, relance toutefois le d\u00e9bat sur la capacit\u00e9 du pays \u00e0 accro\u00eetre durablement sa production locale de bl\u00e9. Plusieurs observateurs soulignent que l\u2019am\u00e9lioration des capacit\u00e9s de stockage, aussi strat\u00e9gique soit-elle, ne saurait se substituer \u00e0 une hausse des emblavements et des rendements.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sident Abdelmadjid Tebboune a lui-m\u00eame point\u00e9, \u00e0 plusieurs reprises, les insuffisances dans l\u2019organisation des campagnes c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res, rappelant que \u00ab si les tracteurs ont des phares, ce n\u2019est pas pour chasser les li\u00e8vres la nuit \u00bb, en r\u00e9f\u00e9rence aux retards de semis. Le d\u00e9fi r\u00e9side dans la capacit\u00e9 \u00e0 mobiliser rapidement les moyens humains et mat\u00e9riels pour semer des centaines de milliers d\u2019hectares dans des fen\u00eatres climatiques souvent \u00e9troites.<\/p>\n\n\n\n<p>Paradoxalement, les contraintes ne rel\u00e8vent ni du mat\u00e9riel ni des semences. Les semoirs sont produits localement, notamment par l\u2019entreprise CMA de Sidi Bel Abb\u00e8s, sous licence internationale, tandis que plus de 4,2 millions de quintaux de semences certifi\u00e9es sont mis chaque ann\u00e9e sur le march\u00e9 par les Coop\u00e9ratives de c\u00e9r\u00e9ales et de l\u00e9gumes secs (CCLS). Mais l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 des pluies perturbe les calendriers. Les agriculteurs, contraints d\u2019attendre des conditions favorables, se retrouvent parfois d\u00e9pass\u00e9s lorsque les pr\u00e9cipitations arrivent tardivement et de mani\u00e8re concentr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame lorsque la pluie est au rendez-vous, d\u2019autres contraintes apparaissent. Comme le rappelle Brahim Mouhouche, les besoins des agriculteurs diff\u00e8rent de ceux des barrages : \u00ab Il suffit de deux ou trois jours sans pluie pour permettre aux exploitants d\u2019intervenir sur les parcelles \u00bb, le temps n\u00e9cessaire au ressuyage des sols. Or, le mat\u00e9riel de semis actuellement dominant ne permet pas toujours d\u2019absorber ces pics de travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le Sud, sous pivot d\u2019irrigation, certains investisseurs ont commenc\u00e9 \u00e0 introduire des semoirs de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, parfois import\u00e9s, capables d\u2019am\u00e9liorer la germination de 30 %. \u00c0 Ngoussa, dans la wilaya d\u2019Ouargla, une exploitation de 2 000 hectares appartenant \u00e0 la Laiterie Soummam a r\u00e9cemment utilis\u00e9 un semoir pneumatique \u00e9quip\u00e9 de roues plombeuses, illustrant les gains possibles en mati\u00e8re d\u2019implantation des cultures.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces enjeux figurent d\u00e9sormais parmi les priorit\u00e9s du Conseil national scientifique de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, install\u00e9 fin octobre. Ses travaux doivent proposer des orientations techniques et organisationnelles visant \u00e0 am\u00e9liorer l\u2019implantation des c\u00e9r\u00e9ales, \u00e0 lisser les pics de travail et, \u00e0 terme, \u00e0 r\u00e9duire la d\u00e9pendance structurelle aux importations.<\/p>\n\n\n\n<p>L.R.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Alg\u00e9rie renforce sa strat\u00e9gie de s\u00e9curisation alimentaire par une politique d\u2019achats anticip\u00e9s de c\u00e9r\u00e9ales, tirant parti de la conjoncture favorable sur les march\u00e9s internationaux. 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