{"id":3846,"date":"2026-01-20T23:13:10","date_gmt":"2026-01-20T22:13:10","guid":{"rendered":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/?p=3846"},"modified":"2026-01-20T23:13:12","modified_gmt":"2026-01-20T22:13:12","slug":"ble-discount-strategie-premium","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lequotidien-deconstantine.dz\/?p=3846","title":{"rendered":"Bl\u00e9 discount, strat\u00e9gie premium"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019Alg\u00e9rie vient de proc\u00e9der \u00e0 l\u2019importation d\u2019environ 600 000 tonnes de bl\u00e9 meunier par l\u2019interm\u00e9diaire de l\u2019Office alg\u00e9rien interprofessionnel des c\u00e9r\u00e9ales (OAIC). Selon des informations recueillies par l\u2019agence Reuters aupr\u00e8s de n\u00e9gociants internationaux, l\u2019Argentine serait le principal fournisseur de cette op\u00e9ration, r\u00e9alis\u00e9e dans un contexte marqu\u00e9 par la baisse des prix mondiaux et par la mise en \u0153uvre d\u2019une nouvelle feuille de route nationale pour le d\u00e9veloppement agricole.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une op\u00e9ration rendue possible par la chute des prix mondiaux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s les m\u00eames sources, l\u2019appel d\u2019offres de l\u2019OAIC aurait \u00e9t\u00e9 conclu autour de 254 dollars la tonne, fret compris, avec certains lots n\u00e9goci\u00e9s \u00e0 un prix plancher de 253 dollars la tonne. Si le volume officiellement \u00e9voqu\u00e9 est de 600 000 tonnes, certaines estimations avancent toutefois un chiffre pouvant atteindre 720 000 tonnes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019origine argentine de la majorit\u00e9 des cargaisons s\u2019explique par un facteur d\u00e9terminant : des prix exceptionnellement bas li\u00e9s \u00e0 une r\u00e9colte tr\u00e8s abondante. En Argentine comme en Australie, la campagne de r\u00e9colte dans l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Sud touche \u00e0 sa fin et les volumes disponibles sur le march\u00e9 sont importants. Une situation qui, selon plusieurs op\u00e9rateurs cit\u00e9s par Reuters, a exerc\u00e9 une pression telle sur les cours que m\u00eame le bl\u00e9 en provenance de la mer Noire s\u2019est retrouv\u00e9 hors comp\u00e9tition.<\/p>\n\n\n\n<p>Les exp\u00e9ditions sont programm\u00e9es en deux vagues : du 1er au 15 mars, puis du 16 au 31 mars, avec des d\u00e9lais plus longs pour les cargaisons en provenance d\u2019Am\u00e9rique du Sud et d\u2019Australie, en raison des distances maritimes.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Reuters, les prix et volumes d\u00e9finitifs pourraient encore \u00e9voluer, mais une chose est acquise : l\u2019Alg\u00e9rie a su tirer profit de la conjoncture internationale pour renforcer ses stocks strat\u00e9giques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un march\u00e9 mondial sous pression depuis fin 2025<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette dynamique de baisse des prix n\u2019est pas nouvelle. D\u00e8s novembre 2025, l\u2019hebdomadaire sp\u00e9cialis\u00e9 <em>France Agricole<\/em> titrait :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les bonnes r\u00e9coltes de l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Sud p\u00e8sent sur les prix des c\u00e9r\u00e9ales \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le journal soulignait alors que les perspectives de n\u00e9gociations autour du conflit russo-ukrainien, combin\u00e9es aux excellentes r\u00e9coltes attendues en Australie et en Argentine, exer\u00e7aient une pression durable sur les cours mondiaux.<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Arthur Portier, analyste chez Argus Media France, notait que le bl\u00e9 argentin allait entrer en concurrence directe avec le bl\u00e9 fran\u00e7ais, notamment aupr\u00e8s d\u2019acheteurs traditionnels comme le Maroc, confirmant ainsi un basculement partiel des \u00e9quilibres commerciaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des importations qui s\u2019inscrivent dans une strat\u00e9gie nationale plus large<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cet achat massif de bl\u00e9 intervient dans un contexte bien particulier. Au cours de l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e, l\u2019OAIC a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un programme de renforcement de ses capacit\u00e9s de stockage, port\u00e9es \u00e0 9 millions de tonnes. Une \u00e9volution strat\u00e9gique qui vise \u00e0 mieux s\u00e9curiser l\u2019approvisionnement du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, lors du Conseil des ministres du 11 janvier 2026, le pr\u00e9sident Abdelmadjid Tebboune a rappel\u00e9 l\u2019objectif d\u2019atteindre 3 millions d\u2019hectares emblav\u00e9s en c\u00e9r\u00e9ales, un cap jug\u00e9 indispensable pour r\u00e9duire la d\u00e9pendance aux importations.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans cette logique qu\u2019une r\u00e9union de travail pr\u00e9sid\u00e9e par le chef de l\u2019\u00c9tat, le 19 janvier, a abouti \u00e0 plusieurs d\u00e9cisions structurantes, parmi lesquelles la cr\u00e9ation de coop\u00e9ratives sp\u00e9cialis\u00e9es dans la location de mat\u00e9riel agricole, destin\u00e9es \u00e0 faciliter l\u2019acc\u00e8s des agriculteurs aux \u00e9quipements modernes ; et la mise en place d\u2019un Conseil national de la m\u00e9canisation agricole, appel\u00e9 \u00e0 f\u00e9d\u00e9rer les acteurs publics et priv\u00e9s de la fili\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vers un cluster alg\u00e9rien du machinisme agricole ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si les contours op\u00e9rationnels de ces nouvelles structures restent \u00e0 pr\u00e9ciser, certains experts estiment que la cr\u00e9ation d\u2019un cluster d\u00e9di\u00e9 au machinisme agricole, sur le mod\u00e8le du Cluster alg\u00e9rien industriel \u00e9lectrique (CIEL), pourrait constituer un levier strat\u00e9gique.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Younes Bahri, sp\u00e9cialiste en management des organisations, les clusters repr\u00e9sentent une r\u00e9ponse pertinente \u00e0 plusieurs faiblesses structurelles de l\u2019\u00e9conomie alg\u00e9rienne, notamment \u00ab la d\u00e9pendance excessive aux investissements publics, la faible int\u00e9gration des PME dans les cha\u00eenes de valeur mondiales, la fragmentation des zones industrielles et le sous-investissement en recherche et d\u00e9veloppement \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une m\u00e9canisation en progression, mais encore insuffisante<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur le terrain, la m\u00e9canisation agricole en Alg\u00e9rie a certes progress\u00e9, mais demeure en de\u00e7\u00e0 des besoins. En 2015, l\u2019Organisation des Nations unies pour le d\u00e9veloppement industriel (ONUDI) indiquait qu\u2019un tracteur couvrait en moyenne 75 hectares en Alg\u00e9rie, contre 145 hectares en Tunisie et 2 020 hectares au Maroc. Pour les moissonneuses-batteuses, l\u2019Alg\u00e9rie disposait d\u2019une machine pour 494 hectares, contre une pour 1 185 hectares au Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cette date, le pays comptait environ 8 500 moissonneuses-batteuses et plus de 18 000 engins aratoires, ce qui correspondait \u00e0 un taux de m\u00e9canisation estim\u00e9 \u00e0 67 % des besoins.<\/p>\n\n\n\n<p>La production locale de mat\u00e9riel agricole a toutefois connu une dynamique positive. En 2021, l\u2019Entreprise nationale de production de mat\u00e9riels agricoles (PMAT) annon\u00e7ait une fabrication annuelle moyenne de 5 000 tracteurs et 1 000 moissonneuses. Le secteur priv\u00e9 contribue \u00e9galement \u00e0 cet effort, \u00e0 travers des projets de montage et d\u2019int\u00e9gration industrielle, comme Sonalika-Famag \u00e0 Sidi Bel Abb\u00e8s ou Tirsam \u00e0 Batna. Cette derni\u00e8re annon\u00e7ait en 2024 une production de 3 000 tracteurs par an, avec l\u2019ambition de se positionner aussi sur les engins de forte puissance.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le d\u00e9bat persistant sur les pratiques agricoles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 ces avanc\u00e9es, l\u2019objectif des 3 millions d\u2019hectares emblav\u00e9s peine encore \u00e0 \u00eatre atteint. Pour certains experts, le probl\u00e8me ne r\u00e9side pas uniquement dans la quantit\u00e9 de mat\u00e9riel disponible, mais dans le type d\u2019outils et les pratiques culturales elles-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s 1977, l\u2019agronome Michel Sebillotte soulignait, apr\u00e8s une \u00e9tude men\u00e9e dans la r\u00e9gion du Sersou, que les outils traditionnels \u00e0 disques, largement utilis\u00e9s en Alg\u00e9rie, n\u2019\u00e9taient plus adapt\u00e9s aux nouveaux syst\u00e8mes de culture. Il estimait que l\u2019abandon de la jach\u00e8re n\u00e9cessitait une augmentation significative de la puissance de traction, ce qui alourdit les contraintes techniques.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2010, lors des Rencontres m\u00e9diterran\u00e9ennes sur le semis direct, plusieurs experts ont recommand\u00e9 une transition progressive vers le travail minimum du sol, en remplacement du labour classique. Un d\u00e9bat qui reste d\u2019actualit\u00e9 en Alg\u00e9rie, notamment autour de l\u2019introduction de mat\u00e9riels modernes de semis. Certains professionnels estiment qu\u2019un semoir performant peut am\u00e9liorer de 30 % le taux de germination.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, au-del\u00e0 des choix techniques, un autre d\u00e9fi structurel demeure : celui de la cohabitation entre \u00e9levage ovin et c\u00e9r\u00e9aliculture. Un \u00e9quilibre d\u00e9licat, dans lequel le d\u00e9veloppement de l\u2019un ne doit pas se faire au d\u00e9triment de l\u2019autre, si l\u2019objectif de souverainet\u00e9 alimentaire veut \u00eatre durablement a<\/p>\n\n\n\n<p>L.R.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Alg\u00e9rie vient de proc\u00e9der \u00e0 l\u2019importation d\u2019environ 600 000 tonnes de bl\u00e9 meunier par l\u2019interm\u00e9diaire de l\u2019Office alg\u00e9rien interprofessionnel des c\u00e9r\u00e9ales (OAIC). 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