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samedi 14 mars 2026

Constantine : DimaJazz fait vibrer à nouveau le Rocher

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La scène culturelle algérienne semble amorcer une nouvelle phase d’effervescence. Entre annonces, projets et ambitions affichées, le secteur donne des signes d’un regain d’activité. L’une des nouvelles les plus marquantes concerne la possible relance du festival international de jazz de Constantine, DimaJazz, un événement emblématique dont le retour est désormais sérieusement envisagé.

Invité samedi sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, le conseiller auprès de la ministre de la Culture, Abdelkader Djemaa, a évoqué la volonté des pouvoirs publics de redynamiser la vie culturelle à travers tout le pays. Dans cette perspective, il a notamment confirmé que plusieurs festivals devraient être relancés dans les prochaines années, parmi lesquels le célèbre DimaJazz.

Selon lui, seules quelques procédures administratives restent à finaliser avant d’entériner officiellement la relance de ce rendez-vous musical majeur. Si le calendrier se concrétise comme prévu, le festival pourrait retrouver son public à l’horizon 2027, renouant ainsi avec une tradition culturelle qui a longtemps contribué au rayonnement artistique de Constantine.

Un festival au rayonnement international

Au fil des années, DimaJazz s’est imposé comme l’un des rendez-vous majeurs du jazz en Afrique du Nord. Bien plus qu’une simple succession de concerts, le festival a toujours été conçu comme un espace d’échanges et de rencontres entre artistes algériens et musiciens venus des quatre coins du monde.

Concerts en salle, prestations en plein air, ateliers et master classes ont régulièrement rythmé les différentes éditions, permettant au public de découvrir la richesse et la diversité de ce genre musical. Grâce à cette programmation ouverte et ambitieuse, Constantine a consolidé sa réputation de place forte de la musique et des arts en Algérie.

Une aventure née de la société civile

L’histoire de DimaJazz est aussi celle d’une initiative associative devenue, avec le temps, un événement institutionnel majeur. Le festival est né en 2003 à l’initiative de l’association musicale Limma. Pendant plusieurs années, il s’est déroulé sur cinq jours au mois de mai, principalement au Théâtre régional de Constantine.

Dès ses premières éditions, la manifestation a su s’imposer grâce à l’engagement de son équipe organisatrice, au soutien des collectivités locales et à la contribution de sponsors privés. La fidélité du public, venu non seulement d’Algérie mais aussi de Tunisie, de France et d’autres pays, a également largement contribué à son succès.

Cette dynamique a conduit les autorités à reconnaître officiellement l’importance de l’événement. En 2007, un arrêté ministériel a institutionnalisé le festival culturel international annuel de musique jazz de Constantine. L’organisation est alors passée du statut associatif à celui de commissariat de festival, consolidant ainsi sa dimension internationale.

Au fil des éditions, DimaJazz a accueilli des artistes venus d’Algérie, du Maghreb, d’Europe, des États-Unis et d’autres régions du monde, contribuant à créer une véritable passerelle culturelle entre différentes scènes musicales.

Un hommage attendu à Zoheir Bouzid

Le retour annoncé du festival aura également une forte portée symbolique. Il devrait en effet rendre hommage à l’une de ses figures les plus marquantes, Zoheir Bouzid, commissaire du festival, décédé en 2022 à Constantine à l’âge de 50 ans.

Diplômé en gestion d’entreprise de l’université de Constantine et membre fondateur de l’association Limma, Zoheir Bouzid a été l’un des artisans majeurs de la naissance et du développement de DimaJazz. Visionnaire et passionné, il a largement contribué à faire de cet événement l’un des principaux rendez-vous culturels de la ville.

En tant que promoteur de spectacles et directeur artistique, il a également collaboré à de nombreuses manifestations culturelles en Algérie. Parmi elles figurent notamment le Festival international de la littérature et du livre de jeunesse, l’édition internationale de musique diwan, ainsi que de grandes manifestations telles que le deuxième Festival culturel panafricain d’Alger en 2009 ou encore l’événement « Constantine capitale de la culture arabe » en 2015.

Vers un nouveau modèle de financement culturel

Au-delà de la relance de certains festivals, le ministère de la Culture semble vouloir repenser en profondeur la politique de financement du secteur. L’objectif est de réduire la dépendance exclusive aux subventions publiques et d’encourager les projets capables d’assurer une certaine viabilité économique.

Cette nouvelle approche repose sur la diversification des sources de financement, avec la mobilisation d’investisseurs et de sponsors issus du tissu économique national. Les domaines du livre, du théâtre et du cinéma sont particulièrement concernés par cette stratégie.

Dans cette optique, la relance de festivals comme DimaJazz pourrait s’inscrire dans une dynamique plus large visant à renforcer la place de la culture dans l’économie nationale, tout en redonnant à des villes comme Constantine leur rôle de pôles majeurs de création et de diffusion artistique.

L.R.

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