Pour la première fois, deux établissements algériens se hissent en tête du classement maghrébin dans le très influent QS World University Rankings 2026. Une avancée inédite qui consacre les efforts de modernisation et d’internationalisation du secteur de l’enseignement supérieur.
L’Algérie vient de franchir un cap symbolique dans le paysage académique mondial. Selon les déclarations du professeur Hakim Harik, président de la Commission nationale de promotion du classement des établissements d’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, deux universités algériennes ont intégré pour la première fois le classement QS 2026.
Il s’agit de l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene et de l’Université Djillali Liabès, qui se distinguent particulièrement dans plusieurs disciplines académiques. Ces performances leur permettent d’occuper la première place au niveau du Maghreb dans ce classement de référence.
Intervenant sur les ondes de la radio nationale, le professeur Harik a qualifié cette progression d’« exploit académique inédit », fruit d’une stratégie volontariste menée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Le classement QS : un baromètre mondial de référence
Le QS World University Rankings, publié annuellement par le cabinet britannique Quacquarelli Symonds, figure parmi les classements universitaires les plus influents au monde, aux côtés de Shanghai et Times Higher Education.
Il repose sur plusieurs indicateurs clés, à savoir la réputation académique (environ 40 % de la note), basée sur des enquêtes internationales auprès d’enseignants-chercheurs ; la réputation auprès des employeurs (10 %) ; le ratio enseignants/étudiants (20 %) ; les citations scientifiques par faculté (20 %), reflétant l’impact de la recherche ; et l’internationalisation (10 %), mesurée à travers la proportion d’étudiants et d’enseignants étrangers.
Ce classement joue aujourd’hui un rôle déterminant dans l’attractivité des universités, influençant les choix des étudiants, les partenariats internationaux et les opportunités de financement.
Une stratégie nationale axée sur la performance et la visibilité
Selon Hakim Harik, l’amélioration du positionnement des universités algériennes dans les classements internationaux constitue désormais un axe stratégique majeur. Le secteur a ainsi mis en place des plans d’action à court, moyen et long termes visant à renforcer la visibilité et la compétitivité des établissements.
« Nous récoltons aujourd’hui les fruits des efforts engagés », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d’ancrer durablement une culture de l’évaluation et du classement au sein des institutions universitaires et des centres de recherche.
Cette dynamique s’inscrit dans une logique de transformation globale, où la performance académique est désormais étroitement liée à la capacité des universités à s’insérer dans les réseaux scientifiques internationaux.
Un impact direct sur les étudiants et l’employabilité
L’entrée dans le classement QS ne constitue pas seulement une reconnaissance symbolique : elle a des retombées concrètes sur la valeur des diplômes. De plus en plus, les étudiants — en Algérie comme à l’étranger — s’appuient sur ces classements pour orienter leurs choix d’études.
Un meilleur positionnement permet ainsi d’attirer davantage d’étudiants internationaux ; de renforcer les partenariats avec des universités étrangères ; et d’améliorer l’employabilité des diplômés auprès des entreprises.
Le classement devient ainsi un levier stratégique pour connecter l’université à son environnement économique et social.
Accès élargi à la connaissance et numérisation accrue
Parallèlement, le secteur de l’enseignement supérieur a intensifié ses efforts pour démocratiser l’accès à l’information scientifique. Des abonnements institutionnels à des plateformes internationales permettent désormais aux étudiants en master, doctorat ainsi qu’aux enseignants et chercheurs d’accéder gratuitement à un vaste corpus d’articles scientifiques.
Cette politique d’ouverture s’accompagne d’une accélération de la numérisation et de la valorisation de la production scientifique nationale. Les publications algériennes gagnent en visibilité, notamment grâce à leur indexation dans des bases de données internationales.
À ce titre, les revues scientifiques algériennes continuent de dominer le classement ?????? « Arsif » pour la cinquième année consécutive, confirmant une montée en puissance progressive de la recherche nationale.
Vers une consolidation durable de la présence algérienne
Cette percée dans le classement QS 2026 marque une étape importante, mais elle s’inscrit surtout dans un processus de long terme. Les autorités ambitionnent désormais de consolider ces acquis et d’élargir la présence algérienne dans les classements internationaux.
L’enjeu est double : renforcer la qualité de l’enseignement et de la recherche, tout en positionnant durablement les universités algériennes comme des acteurs crédibles et compétitifs à l’échelle mondiale.
Dans un contexte de concurrence accrue entre systèmes universitaires, cette avancée pourrait ainsi ouvrir la voie à une nouvelle ère pour l’enseignement supérieur algérien, fondée sur l’excellence, la visibilité et l’intégration internationale.
L.R.



