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mardi 7 juillet 2026

Législatives : L’hémicycle se conjugue au masculin

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L’annonce des résultats définitifs des élections législatives par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) a fait l’effet d’un véritable électrochoc. L’Assemblée populaire nationale (APN) ne comptera que 23 femmes sur ses 407 députés. Ce chiffre, représentant à peine plus de 5 % des sièges, marque un recul historique de près de vingt ans. L’Algérie se retrouve ainsi projetée en arrière, effaçant d’un coup les avancées de la révision constitutionnelle de 2008 et de la loi organique de 2012, qui avaient permis aux femmes d’occuper plus de 31 % des sièges à l’époque.

Le mécanisme juridique d’une exclusion programmée

Ce déclin vertigineux de la présence féminine à l’hémicycle ne date pas d’hier, mais il s’est transformé en véritable effondrement. Après être passée de 31,6 % en 2012 à environ 25 % en 2017, puis à 8,1 % en 2021 avec 33 élues, la courbe s’enfonce désormais à son plus bas niveau. Deux subtilités introduites par la loi électorale de mars 2021 expliquent ce fiasco. D’une part, le système du vote préférentiel permet à l’électeur de cocher le candidat de son choix au sein d’une liste, ce qui détruit l’ordre initial des partis et pénalise les femmes, souvent reléguées en positions non éligibles. D’autre part, la possibilité pour les listes de demander une dérogation pour présenter moins de 30 % de candidates a achevé de vider le quota de sa substance. Les appareils politiques ont ainsi profité de ces failles légales pour contourner l’esprit de la loi sans jamais avoir à l’abroger formellement.

Bouleversements partisans et percée spectaculaire du RND

Au-delà de cette crise de la représentativité, le paysage politique global a été profondément redessiné par le verdict des urnes présenté par Karim Khelfane, le président par intérim de l’Anie, avec en toile de fond une participation d’un peu plus de 21%. Le Front de Libération nationale (FLN) préserve tant bien que mal son statut de première force politique du pays en décrochant 90 sièges, soit une légère baisse par rapport aux 98 sièges obtenus en 2021. La véritable surprise de ce scrutin provient du Rassemblement national démocratique (RND). Mené par Mondhir Bouden, le parti signe la plus forte progression en bondissant de la quatrième à la deuxième place avec 73 députés à son actif. Le Front Al Moustakbal confirme lui aussi sa bonne dynamique en s’emparant de 59 sièges, contre 48 lors de la précédente législature.

Des indépendants en chute libre et une opposition émiettée

À l’inverse, cette reconfiguration fait de grandes victimes. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) s’effondre en concédant une vingtaine de sièges pour n’en garder que 43, ce qui en fait le grand perdant de ce scrutin. Le Mouvement El Bina d’Abdelkader Bengrina fait preuve de stabilité en obtenant 38 sièges. Le séisme majeur touche toutefois les listes indépendantes, qui s’écroulent de 84 à seulement 30 sièges. Dans le reste de l’hémicycle, le parti Sawt Al Chaâb s’en sort avec 17 sièges, tandis que le Front des forces socialistes (FFS) échoue à atteindre le seuil requis pour former un groupe parlementaire avec ses 12 députés. Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ) ainsi qu’Al Fadjr Al Djadid obtiennent chacun 6 sièges, suivis de près par le parti Al Karama qui en totalise 5. Enfin, le Rassemblement pour la Culture et la démocratie (RCD) et le Parti de la justice et du développement (PJD) s’octroient 4 sièges chacun, devant Jil Jadid, TAJ et le Parti des Travailleurs (PT) qui se contentent de 3 sièges. Le parti de l’Unité nationale et du développement et Ennahda ferment la marche des duos avec 2 élus, tandis que le PRA, l’ANR, le Front de l’Algérie nouvelle, le Front de la bonne gouvernance et le Front des citoyens libres sauvent l’honneur avec un unique député chacun.

Abstention massive, votes nuls et profil de la nouvelle APN

Ces rapports de force s’inscrivent dans un contexte d’indifférence électorale persistante, marquée par un taux de participation global particulièrement faible. Celui-ci s’établit à 21,24 % à l’intérieur du territoire national et culmine à peine à 10,75 % pour la communauté établie à l’étranger. Sur un corps électoral de 24,7 millions d’inscrits, seuls 5,16 millions de citoyens ont fait le déplacement. Le scrutin a d’ailleurs été caractérisé par un volume historique de bulletins nuls, qui s’élève à 910 230 au niveau national et 12 630 à l’étranger, laissant un total de suffrages exprimés de 4,23 millions de voix. Malgré ce renouvellement partiel, la majorité parlementaire reste acquise aux partis qui soutiennent le programme présidentiel, ce qui obligera le chef de l’État à nommer un Premier ministre plutôt qu’un chef du gouvernement, d’après les règles de la Constitution de 2020. La nouvelle Assemblée se distinguera enfin par un profil très masculin mais hautement diplômé, puisqu’elle rassemblera, aux côtés des 23 femmes, un total de 312 universitaires et 128 jeunes.

S.B.

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