L’Algérie accélère la mise en œuvre de son dispositif de riposte face au trafic de stupéfiants. Moins d’une semaine après les premières annonces faites par le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune, le dossier de la reconversion d’une infrastructure militaire dans l’extrême Sud du pays enregistre une avancée décisive. Une réunion de travail de haut niveau s’est tenue ce mardi sous la présidence du chef de l’État pour concrétiser la création d’un établissement pénitentiaire à haute sécurité au cœur du désert du Tanezrouft.
Un haut commandement mobilisé pour le transfert de l’infrastructure
L’importance stratégique accordée à cette rencontre se traduit par la qualité de ses participants. Autour du président de la République se sont réunis le général d’armée Saïd Chengriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le ministre de la Justice Lotfi Boudjemaa, plusieurs hauts cadres de l’institution militaire ainsi que le directeur général de l’Administration pénitentiaire.
Les discussions se sont focalisées sur l’état d’avancement des aménagements techniques nécessaires à la transformation de cette ancienne caserne militaire. Les responsables ont analysé les modalités juridiques et logistiques du transfert du site de la tutelle de la Défense vers celle du ministère de la Justice, tout en fixant les étapes préalables à sa mise en service effective.
Un isolement extrême dédié aux barons de la drogue
La création de cette prison spécialisée répond directement à l’intensification du trafic de produits psychotropes et de stupéfiants observée ces dernières années. En choisissant la région du Tanezrouft, reconnue pour son environnement désertique particulièrement hostile, le pouvoir exécutif entend appliquer une politique d’incarcération stricte et hautement sécurisée aux principaux réseaux de narcotrafiquants.
Une refonte globale de la stratégie sécuritaire
Ce projet pénitentiaire s’inscrit dans un plan national plus vaste de neutralisation du crime organisé. Parallèlement au renforcement de l’appareil carcéral, la stratégie présidentielle prévoit la création d’une agence de sécurité spécialisée dans la lutte contre les stupéfiants, dotée d’attributions et de moyens inspirés du modèle de la DEA américaine.
S.B.



