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mercredi 4 mars 2026

Sonatrach lance un programme colossal couvrant 66% du domaine minier

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Forage de 1 450 puits, 17 découvertes d’hydrocarbures en 2025, un programme d’exploration couvrant 66 % du domaine minier national : Sonatrach engage un plan d’investissement d’envergure à l’horizon 2030 pour renouveler ses réserves et consolider sa position sur les marchés énergétiques.

Le groupe Sonatrach s’apprête à déployer l’un des plus vastes programmes d’exploration et de production de son histoire récente. Selon les déclarations de son PDG, Noureddine Daoudi, 75 % des investissements de développement du groupe pour la période 2026-2030 seront consacrés à l’activité exploration-production, considérée comme le pilier stratégique de la compagnie.

Un programme d’exploration couvrant les deux tiers du domaine minier

Ce plan prévoit un programme d’exploration qualifié de « colossal », couvrant 66 % du domaine minier national des hydrocarbures. Il inclut le forage d’environ 500 puits d’exploration, ainsi qu’un vaste programme d’acquisition sismique 2D et 3D, complété par des études avancées de traitement et de retraitement géologique et géophysique.

Parallèlement, l’investissement dédié à la production permettra le forage de près de 950 puits de développement, ainsi que la réalisation d’environ 6 300 interventions sur des puits existants, afin d’optimiser les rendements et prolonger la durée de vie des gisements.

Un effort d’investissement partiellement ouvert aux partenariats

Dans le cadre de cette stratégie, 26 % du budget global alloué à l’exploration-production sera réalisé en partenariat, traduisant la volonté de Sonatrach de consolider les coopérations internationales tout en conservant la maîtrise de ses actifs stratégiques.

Selon Noureddine Daoudi, cet effort d’investissement à moyen terme vise avant tout à maintenir et renouveler la base de réserves d’hydrocarbures, condition essentielle pour répondre durablement à la demande croissante du marché national en produits énergétiques, soutenir les grands projets structurants du pays et préserver les parts de marché à l’export.

17 découvertes d’hydrocarbures enregistrées en 2025

Revenant sur les résultats récents, le PDG de Sonatrach a indiqué que le groupe a enregistré 17 découvertes d’hydrocarbures en 2025, principalement dans des bassins sédimentaires dits matures.

« Nos bassins, à la fois complexes et riches, recèlent encore un potentiel important. Les découvertes réalisées démontrent que le domaine minier national demeure largement prospectif », a-t-il souligné, mettant en avant la pertinence de la stratégie d’exploration menée ces dernières années.

Virage vers un modèle énergétique intégré

Au-delà de l’amont pétrolier et gazier, Sonatrach entend accélérer sa transformation vers un modèle intégré, où la pétrochimie devient un levier central de souveraineté industrielle, de diversification économique et de création de valeur locale.

Cette orientation vise également à renforcer le rôle de l’Algérie comme acteur énergétique majeur à l’échelle régionale et euro-méditerranéenne.

Des projets pétrochimiques de dimension mondiale

Dans ce cadre, le groupe a lancé plusieurs projets qualifiés de « taille mondiale » dans les domaines du raffinage et de la pétrochimie. Parmi les projets en cours de réalisation ou déjà achevés figurent le complexe MTBE d’Arzew, destiné à produire un additif pour l’essence jusque-là importé, le complexe LAB de Skikda, au service de l’industrie des détergents, ainsi que le complexe STEP/PDH-PP d’Arzew, dédié à la production de polypropylène.

À travers cette stratégie globale, Sonatrach ambitionne de consolider durablement ses capacités, de sécuriser l’approvisionnement énergétique national et de renforcer sa crédibilité en tant que partenaire fiable sur les marchés internationaux.

11 contrats et plus de 1,9 milliard de dollars pour l’exploration

Il va sans dire que l’Algérie renforce significativement ses capacités dans le secteur des hydrocarbures afin de sécuriser l’approvisionnement national et de conforter sa place sur les marchés mondiaux de l’énergie, à travers des investissements dépassant 1,95 milliard de dollars, de nouveaux contrats internationaux, et des infrastructures de transport étendues sur plus de 33 000 km.  

À l’occasion du 55? anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, l’Algérie affiche une dynamique soutenue en matière d’exploration, de développement et de valorisation de ses ressources énergétiques. Selon les chiffres dévoilés par Wassila Houmel, directrice de la transformation et de la commercialisation des hydrocarbures et de la distribution des ressources pétrolières, le pays a multiplié, sur la période 2025–2026, les contrats de partenariat avec des opérateurs internationaux, mobilisant des investissements de plusieurs milliards de dollars.

Des contrats stratégiques pour renforcer la production

Parmi les accords majeurs figure le contrat d’hydrocarbures relatif au périmètre « Zemoul El Kbar », conclu entre Sonatrach et la compagnie italienne ENI. Approuvé par décret présidentiel le 7 janvier 2026, cet accord représente un investissement estimé à 1,35 milliard de dollars, destiné à renforcer les capacités d’exploration et de développement.

Au cours de l’année 2025, cinq autres contrats ont été signés avec des partenaires internationaux de premier plan, notamment Sinopec dans le périmètre de Hassi Berkine Nord, ainsi que Total Energies, QatarEnergy et Repsol. À cela s’ajoutent cinq contrats supplémentaires dédiés à l’exploration et au développement de champs gaziers, pour un montant global de 606 millions de dollars, confirmant l’attractivité du secteur énergétique algérien.

Ces accords s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la loi sur les hydrocarbures n°19-13, conçue pour stimuler l’investissement étranger, accroître les capacités nationales de production de pétrole et de gaz et renforcer la compétitivité du secteur.

Une stratégie axée sur la transformation et la valeur ajoutée

Au-delà de l’amont pétrolier et gazier, l’Algérie mise sur le développement des activités de transformation. L’objectif affiché est de porter le taux de transformation des hydrocarbures de 32 % actuellement à 50 % à l’horizon 2029, afin de créer davantage de valeur ajoutée et de générer des emplois, notamment dans les domaines du raffinage et de la pétrochimie.

Un réseau d’infrastructures d’envergure régionale

Sur le plan logistique, le pays dispose d’un réseau de transport des hydrocarbures particulièrement dense. Le transport du pétrole brut et des condensats repose sur 22 systèmes de pipelines, totalisant près de 21 190 kilomètres, appuyés par 85 stations de pompage et 128 réservoirs de stockage, d’une capacité globale d’environ 4,3 millions de tonnes équivalent pétrole.

Ce dispositif est complété par deux centres de dispatching, 12 stations de chargement portuaire et cinq stations de chargement offshore, notamment à Arzew, Skikda et Béjaïa, facilitant l’exportation vers les marchés internationaux.

Pour le gaz naturel, l’Algérie exploite 10 systèmes de transport par pipelines s’étendant sur 11 735 kilomètres, avec une capacité de transfert estimée à 192 millions de tonnes équivalent pétrole par an. Le dispositif comprend également 34 stations de compression et le centre de distribution de Hassi R’mel, capable de traiter 390 millions de mètres cubes par jour, point névralgique recevant l’ensemble de la production nationale destinée au marché intérieur ou à l’export.

Un équilibre entre consommation intérieure et exportations

Malgré une hausse annuelle de la consommation nationale de gaz estimée à 3,7 %, les performances à l’exportation demeurent positives. Les infrastructures existantes permettent à l’Algérie de maintenir un équilibre entre satisfaction de la demande interne et respect de ses engagements contractuels à l’international, dans un contexte énergétique mondial marqué par de fortes volatilités.

Un partenaire énergétique de confiance

Intervenant ce mardi dans l’émission « L’Invité du matin » sur la Chaîne 1 de la Radio nationale, Wassila Houmel a souligné que les orientations actuelles de la politique énergétique visent à consolider durablement les capacités nationales, tout en renforçant la crédibilité de l’Algérie en tant que fournisseur et partenaire énergétique fiable, aussi bien à l’échelle régionale qu’internationale.

S.B.

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