Pilier stratégique de l’économie nationale, le secteur agricole en Algérie poursuit sa mutation vers davantage de modernité, portée notamment par la mécanisation et l’essor d’une culture assurantielle appelée à jouer un rôle central. Avec 2,6 millions d’actifs, soit plus de 74 % de la population rurale et près d’un quart de la main-d’œuvre nationale, l’agriculture demeure un levier essentiel pour l’emploi et la sécurité alimentaire, couvrant plus de 74 % des besoins du pays en produits agricoles.
Dans cette dynamique, les pouvoirs publics multiplient les efforts pour renforcer la mécanisation, à travers la production locale d’équipements, notamment les tracteurs et les moissonneuses-batteuses, ainsi que le suivi de projets industriels structurants. L’objectif est clair : améliorer la productivité et réduire la dépendance aux aléas, dans un contexte marqué par les défis climatiques.
Les résultats attendus de cette transition sont significatifs. L’introduction de la mécanisation permet une hausse des rendements estimée entre 30 et 50 %, tout en réduisant les pertes post-récolte. Elle contribue également à alléger les coûts de production, avec une baisse pouvant atteindre 60 % des besoins en main-d’œuvre, tout en améliorant les conditions de travail des agriculteurs.
Mais cette transformation ne saurait être pleinement efficace sans un accompagnement adapté, notamment sur le plan assurantiel. C’est dans ce cadre que la Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA), à travers son antenne régionale de Constantine dirigée par Ammar Manâa, a réuni ce samedi les acteurs du secteur au cercle régional militaire « Chahid Kerboua Abdelhamid ». Cette rencontre a mis en lumière l’importance de développer une véritable culture de l’assurance agricole, en phase avec les mutations en cours.
Le directeur technique de la CNMA, Mohamed Amine Nassi, a souligné, à cette occasion, le rôle déterminant de l’assurance dans la protection des agriculteurs et dans l’accompagnement de la mécanisation. Selon lui, la sécurisation des investissements constitue un préalable indispensable pour encourager l’adoption des nouvelles technologies.
De son côté, le directeur général de la CNMA, Cherif Benhabylés, a insisté sur les efforts déployés pour adapter les produits assurantiels aux réalités du terrain. Le dispositif mis en place couvre désormais un large éventail de risques : protection des équipements agricoles, couverture des pertes de rendement et prise en charge des accidents professionnels.
Les performances enregistrées en 2025 illustrent cette dynamique. Le volume des souscriptions a dépassé les 15,2 milliards de dinars, enregistrant une croissance de près de 10 % dans l’assurance agricole. La CNMA consolide ainsi sa position dominante avec une part de marché estimée à 80 %. Parallèlement, les indemnisations versées ont atteint 8,1 milliards de dinars, témoignant de l’importance du rôle de la caisse dans la résilience du secteur.
Dans une optique de convergence entre financement et modernisation, une convention-cadre a été signée entre la CNMA et AgroDrive, consacrant un partenariat stratégique au service du développement du machinisme agricole.
Face aux effets de plus en plus marqués des changements climatiques, la CNMA a également lancé un nouveau dispositif assurantiel dédié à la couverture des risques majeurs, notamment la sécheresse. Ce mécanisme, qui cible dans une première phase la filière céréalière, vise à offrir une meilleure protection aux agriculteurs confrontés aux aléas naturels.
En parallèle, un programme de micro-assurance est en cours de déploiement. Destiné aux petits exploitants, aux start-up et aux porteurs de micro-projets, il propose des solutions accessibles et innovantes, capables de garantir une couverture élargie des risques à moindre coût.
À travers l’ensemble de ces initiatives, la CNMA entend renforcer la confiance des agriculteurs et leur offrir les conditions nécessaires pour investir sereinement. Car au-delà de la mécanisation, c’est bien la sécurisation du secteur qui apparaît aujourd’hui comme la clé d’une agriculture durable, performante et résiliente.
S.B.



