En pleine préparation de la saison estivale, le tout nouveau ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a entamé une vaste tournée dans l’Est du pays. Déterminé à insuffler une nouvelle dynamique à son secteur, il place au cœur de son action la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable. Le principal défi reste la wilaya d’Annaba, longtemps confrontée à des tensions récurrentes sur cette ressource vitale, et où les autorités veulent désormais garantir un service régulier et durable. Dans cette perspective, un projet structurant de raccordement de la ville à la station de dessalement de Koudiet Eddraouch est prévu pour entrer en service au début de l’été 2026, marquant un tournant décisif pour la sécurité hydrique de la région.
Un cap clair : sécuriser l’eau avant la saison estivale
La tournée du ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, dans l’Est du pays s’inscrit dans une stratégie d’urgence et de consolidation du service public de l’eau. À l’approche de l’été, période de forte consommation, l’enjeu est de taille : assurer un approvisionnement régulier et éviter les perturbations qui ont marqué certaines wilayas ces dernières années.
Le ministre a rappelé que l’accès à l’eau potable constitue une priorité nationale absolue, nécessitant une mobilisation coordonnée de tous les acteurs locaux et centraux, ainsi qu’une modernisation accélérée des infrastructures hydrauliques.
Annaba au cœur du dispositif : un projet structurant de grande ampleur
Point central de cette tournée, la wilaya de Annaba, longtemps confrontée à des insuffisances en matière d’alimentation en eau potable, bénéficie désormais d’un projet stratégique majeur : le raccordement à la station de dessalement de Koudiet Eddraouch, située dans la wilaya d’El Tarf.
Le ministre a annoncé que la deuxième tranche du projet sera réceptionnée au début de l’été 2026, un calendrier jugé décisif pour améliorer durablement la situation hydrique de la région.
Ce projet structurant s’inscrit dans le cadre du programme national de mobilisation des ressources en eau, impulsé par les hautes autorités du pays, visant à renforcer la sécurité hydrique et à moderniser les réseaux de distribution.
Une infrastructure massive pour un impact régional
Le projet de raccordement repose sur une infrastructure d’envergure exceptionnelle. Il comprend un réseau de transfert de près de 150 kilomètres de canalisations de différents diamètres ; la construction de dix réservoirs totalisant une capacité de 140 000 m³ ; et la réalisation de quatre stations de pompage stratégiques.
La wilaya d’Annaba bénéficiera à elle seule d’un apport estimé à 160 000 m³ d’eau par jour, permettant une distribution plus stable et adaptée aux besoins des populations, avec un approvisionnement continu ou alterné selon la demande.
Modernisation et gestion intelligente du réseau
Lors de sa visite sur le terrain, notamment dans la zone de Chaïba (commune de Sidi Amar), le ministre a inspecté des réservoirs de 10 000 m³ et insisté sur un virage technologique indispensable : la numérisation du secteur.
Il a appelé à l’intégration de systèmes de gestion intelligente à distance, permettant un suivi en temps réel des infrastructures, une intervention rapide en cas de panne et une meilleure réactivité face aux besoins des citoyens.
Accélérer les chantiers pour tenir les délais
Sur le chantier principal de raccordement, situé dans la zone de Houaichia (commune du Lac des Oiseaux, wilaya d’El Tarf), Lounès Bouzegza a suivi un exposé détaillé sur l’état d’avancement des travaux, en présence des walis d’Annaba et d’El Tarf.
Il a donné des instructions fermes pour accélérer le rythme de réalisation, soulignant la nécessité de respecter les délais, compte tenu de l’importance stratégique du projet pour l’ensemble de la région Est.
Une réponse régionale à la sécurité hydrique
Une fois achevé, le système de Koudiet Eddraouch permettra non seulement d’alimenter Annaba, mais également les wilayas de Guelma, Skikda et El Tarf. Une interconnexion régionale qui vise à réduire les déséquilibres, sécuriser les réserves et renforcer la résilience face aux périodes de stress hydrique.
Souk Ahras : un autre front hydrique sous tension
En parallèle de la situation d’Annaba, la tournée ministérielle a également concerné Souk Ahras, où le ministre a rappelé la nécessité d’une mobilisation totale des moyens pour garantir la continuité du service public de l’eau.
Plusieurs mesures ont été annoncées, notamment l’augmentation du quota d’eau du barrage d’Ain Dalia, passé de 20 000 à 30 000 m³/jour, ainsi que le lancement de projets de transfert depuis le barrage d’Oued Djedra afin de combler un déficit structurel.
Le ministre a également insisté sur un enjeu majeur : la lutte contre les pertes, estimées à plus de 40 %, dues aux fuites et aux branchements illicites.
Une stratégie globale pour transformer le secteur
Au-delà des annonces ponctuelles, cette tournée traduit une orientation plus large : moderniser le secteur de l’hydraulique, réduire les déséquilibres territoriaux et garantir une gestion plus efficiente de la ressource.
Avec cette série de projets structurants et un calendrier resserré, les autorités affichent une ambition claire : faire de l’été 2026 un tournant dans la sécurisation de l’eau potable à l’Est du pays.
L.R.



