Le foyer d’hantavirus détecté sur le navire de croisière MV Hondius, naviguant dans l’Atlantique, ne constitue pas une menace comparable à celle du Covid-19. C’est le message de vigilance mais de sérénité portée par le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus. Selon lui, bien que la situation soit suivie de près, le risque de propagation à l’échelle internationale demeure actuellement faible.
Une gestion active des cas suspects à bord
Le bilan actuel fait état de huit cas suspects. La logistique médicale s’est accélérée mercredi avec l’évacuation, depuis le Cap-Vert, de trois personnes vers des structures spécialisées : deux membres d’équipage présentant des symptômes et un cas contact asymptomatique. Le navire, qui transportait environ 150 passagers depuis Ushuaïa en Argentine, fait désormais route vers Tenerife, aux Canaries. Une fois arrivés à bon port, les passagers pourront regagner leurs pays respectifs sous la surveillance des autorités sanitaires espagnoles et de l’OMS, déjà présente à bord pour encadrer les procédures.
L’Afrique du Sud en état d’alerte suite à un décès
La menace a pris une tournure plus concrète suite à l’hospitalisation de deux anciens passagers du navire à Zurich et à Johannesburg. En Afrique du Sud, la situation est particulièrement scrutée après le décès, le 26 avril, d’une ressortissante néerlandaise et l’admission en soins intensifs d’un citoyen britannique.
Face à cette urgence, les autorités sud-africaines ont lancé une vaste opération de traçage. Aaron Motsoaledi, ministre de la Santé, a annoncé avoir identifié 62 cas contacts potentiels ayant été en lien avec les deux patients infectés sur le territoire. À ce jour, 42 de ces personnes ont été localisées et placées sous surveillance médicale stricte, tandis que l’enquête épidémiologique se poursuit pour retrouver les autres contacts.
Comprendre la menace des hantavirus
Les hantavirus ne se transmettent pas de la même manière que les virus respiratoires classiques. Il s’agit d’une famille de virus transmis à l’homme par des rongeurs sauvages, tels que les rats, les souris ou les campagnols. Ces zoonoses peuvent déclencher des pathologies graves : des fièvres hémorragiques avec syndrome rénal (FHSR), principalement observées en Europe et en Asie, ou des syndromes cardio-pulmonaires (SPH), une forme plus sévère touchant majoritairement le continent américain. La vigilance reste donc de mise pour éviter toute chaîne de transmission secondaire lors du retour des passagers dans leurs foyers.
L.R.



