30.1 C
Constantine
dimanche 19 juillet 2026

Législatives : Poussée nationaliste et recul des islamistes sur fond d’abstention record

Must read

Les résultats définitifs des élections législatives, proclamés ce samedi par la présidente de la Cour constitutionnelle, Mme Leïla Aslaoui, dessinent la nouvelle carte politique du pays. Le scrutin confirme sans surprise l’ancrage profond du courant nationaliste traditionnel, mené par le Front de libération nationale (FLN), tandis que les partis d’obédience islamiste enregistrent un net recul dans l’hémicycle. L’autre fait marquant de ce rendez-vous électoral reste la confirmation d’une abstention massive, le taux de participation global s’établissant à un faible 21,24% sur le plan national et à peine 10,75% pour la communauté établie à l’étranger.

La suprématie confirmée des nationalistes et l’essor d’une troisième force

Le Front de libération nationale (FLN) préserve sa position de leader sur l’échiquier politique en s’emparant de 91 sièges sur les 407 que compte l’Assemblée populaire nationale (APN). Juste derrière, le Rassemblement national démocratique (RND) consolide sa deuxième place en raflant 74 députés. La véritable surprise de ce scrutin vient cependant du Front El-Moustakbal. En pleine dynamique, cette formation est propulsée au rang de troisième force politique du pays grâce aux 56 sièges obtenus. À eux trois, ces partis réaffirment la domination du bloc nationaliste au sein de la future assemblée législative.

Le reflux des islamistes et la reconfiguration des forces d’opposition

Du côté de la mouvance islamiste, la déconvenue est palpable, en particulier pour le Mouvement de la société pour la paix (MSP). Deuxième force politique lors de la législature de 2021 avec 65 sièges, le MSP subit un sérieux revers en rétrogradant à la quatrième place avec seulement 43 sièges à son actif, accusant ainsi une perte sèche de 22 députés. Son grand rival au sein du même courant, le Mouvement El-Bina dirigé par Abdelkader Bengrina, stagne quant à lui dans sa dynamique en n’obtenant que 40 sièges, contre 39 lors du précédent mandat.

Derrière ce quinté de tête, les listes indépendantes parviennent à sauver les meubles en décrochant 33 sièges, s’affirmant comme un acteur pivot dans les futurs équilibres parlementaires. Les forces démocrates et de gauche progressent timidement. Le Front des forces socialistes (FFS) totalise 12 députés, suivi par le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) qui en obtient 4, tandis que le Parti des travailleurs (PT) devra se contenter de 3 représentants, à égalité avec la formation Jil Jadid.

Une mosaïque de petits partis face au défi de l’émiettement

Le reste de la nouvelle assemblée se décompose en une multitude de petites formations politiques. Le parti Sawt Echaab se détache avec une performance notable de 16 sièges. Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ) ainsi que le parti El-Fadjr El-Djadid s’octroient 6 sièges chacun, talonnés par le parti El-Karama qui en compte 5. Le Front de la justice et du développement (FJD) ferme la marche des scores intermédiaires avec 4 sièges, tandis que Tajamou Amal El-Djazaïr (TAJ) réussit à glaner 3 élus. Enfin, une série de micro-partis, incluant notamment l’Alliance nationale républicaine (ANR), le Front de l’Algérie nouvelle (FAN), le Front de la bonne gouvernance (FBG) ou encore le Parti du renouveau algérien (PRA), ferment la marche en entrant dans l’hémicycle avec un unique député chacun.

Des recours acceptés et des correctifs pour fraude validés par la Cour

L’annonce des chiffres définitifs par la Cour constitutionnelle intègre les arbitrages rendus après l’examen des contentieux post-électoraux. Sur les 320 recours déposés par les différents candidats et partis, l’institution en a validé 43. Ces réajustements juridiques expliquent les légères variations observées par rapport aux résultats provisoires. Le FLN et le RND ont ainsi récupéré un siège supplémentaire chacun, tandis que le MSP et El-Bina ont sauvé 3 députés de plus dans la dernière ligne droite. À l’inverse, le Front El-Moustakbal a vu son capital initial amputé de 3 sièges.

Ces modifications font suite à la constatation officielle d’irrégularités flagrantes et de cas de fraude avérés ayant entaché la régularité du vote dans plusieurs circonscriptions clés. À Alger, la Cour a procédé à l’annulation pure et simple des bulletins de vote du Front El-Moustakbal dans 57 bureaux de la commune de Bourouba. Des sanctions similaires ont frappé le RND à Chlef, le Front El-Moustakbal à Bouira, ainsi que le FLN dans la localité d’Ain Ouassera, illustrant la vigilance de la haute instance face aux dépassements enregistrés le jour du scrutin.

S.B.

- Advertisement -spot_img

More articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisement -spot_img

Latest article