Officialisé par le Journal officiel n°53, le remaniement à la tête de la Haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption marque un tournant stratégique. En confiant la présidence par intérim à M’Hamed Djellaoui en remplacement de Salima Mousserati, les pouvoirs publics réaffirment leur détermination à accélérer la moralisation de la vie publique et à consolider les piliers de la bonne gouvernance.
C’est une transition managériale majeure qui vient de s’opérer au sommet de l’appareil de régulation et de contrôle de l’État. En vertu d’un décret présidentiel inséré au Journal officiel n°53, il a été mis fin aux fonctions de présidente de la Haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption exercées jusqu’alors par Salima Mousserati, appelée à assumer d’autres responsabilités. Pour lui succéder et présider aux destinées de cette institution névralgique, le choix s’est porté sur M’Hamed Djellaoui, désormais chargé d’assurer la présidence par intérim. Ce mouvement de personnel ne relève pas d’un simple ajustement administratif, mais s’inscrit au cœur d’une volonté politique affirmée d’injecter une vigueur renouvelée dans le dispositif national d’intégrité publique.
L’installation du nouveau responsable a été d’une réactivité immédiate. Sans observer de temps mort, M’Hamed Djellaoui a réuni dès ce mercredi l’ensemble des cadres dirigeants et des responsables des structures de l’instance pour une séance de travail décisive. Cette première réunion de coordination visait à faire un état des lieux exhaustif de la mise en œuvre des programmes et projets déjà engagés, tout en traçant avec précision la feuille de route et les priorités de la phase à venir.
Une prise en main ferme pour maintenir l’exigence opérationnelle
Dès la prise de contact avec ses collaborateurs, le président par intérim a tenu à imprimer une dynamique de fermeté et de continuité. L’accent a été mis sur le respect scrupuleux des missions constitutionnelles dévolues à l’instance suprême. M’Hamed Djellaoui a souligné que l’Autorité doit demeurer le fer de lance de la promotion de la transparence et un bouclier inexpugnable contre les déviances financières et administratives, en parfaite cohérence avec les orientations nationales destinées à assainir la gestion des deniers publics.
Le cap fixé lors de ce rassemblement de travail met l’accent sur l’impératif d’intensifier le rythme opérationnel. Il s’agit d’assurer une synergie sans faille entre les départements de l’Autorité, d’accélérer le parachèvement des initiatives en cours et de garantir l’atteinte rigoureuse des objectifs d’intégrité prévus par les réformes globales que connaît le pays.
Au cœur de l’architecture constitutionnelle d’intégrité
Ce changement managérial remet en lumière le rôle capital de cette haute juridiction administrative. Érigée au rang d’institution constitutionnelle indépendante par la Révision constitutionnelle de 2020, la Haute autorité dispose de prérogatives élargies qui dépassent le cadre du simple constat. Elle a pour mission de collecter, centraliser et analyser les déclarations de patrimoine des agents publics, de veiller au respect des règles éthiques et de prévenir tout conflit d’intérêts dans la gestion des affaires de l’État.
Elle constitue également un rouage essentiel dans la réception des signalements et la mise en œuvre des mécanismes de protection des lanceurs d’alerte, tout en développant une expertise pointue dans l’évaluation des risques de corruption au sein des organismes publics et économiques. En dynamisant cette structure centrale, l’État ambitionne d’accentuer la vigilance institutionnelle et d’étendre la culture de la redevabilité à l’ensemble des échelons administratifs.
Imprimer un nouveau souffle à la bonne gouvernance
Derrière ce décret s’exprime une exigence d’efficacité renforcée. Dans un contexte où la restauration de la confiance citoyenne et l’attractivité de l’environnement des affaires reposent sur la clarté et l’impartialité des procédures, la réorganisation de la présidence signale un refus de la stagnation et des routines administratives.
La feuille de route fixée à la nouvelle direction intérimaire implique une réactivité supérieure face aux enjeux contemporains de régulation. En articulant prévention proactive, enquêtes administratives rigoureuses et accompagnement des réformes nationales, la Haute autorité est appelée à devenir un moteur d’assainissement durable, concrétisant sur le terrain la volonté politique d’éradiquer la corruption et d’ancrer fermement les principes de l’État de droit.
L.R.



