Les premiers éléments de l’enquête judiciaire relative au dramatique accident de bus survenu vendredi matin à Boumerdès viennent éclairer d’un jour sombre les causes de cette hécatombe. Le parquet général près la Cour de Boumerdès, en application de l’article 19 du Code de procédure pénale, a révélé les résultats préliminaires des investigations. Le bilan demeure particulièrement lourd : cet autobus de transport de voyageurs en provenance de la wilaya de Sétif a causé la mort de vingt-huit personnes et fait trente-six blessés, actuellement pris en charge au sein des infrastructures hospitalières.
La conduite sous l’emprise de stupéfiants révélée
Dès l’annonce du drame, une enquête préliminaire approfondie a été ordonnée par le procureur de la République près le tribunal de Boumerdès afin d’établir la chaîne des responsabilités. Les examens toxicologiques et analyses biologiques pratiqués sur la dépouille du chauffeur, un homme âgé de trente-trois ans nommé Dhib Oussama, révèlent la présence de plusieurs types de drogues dans son organisme. Lors des constatations d’usage, les enquêteurs ont également saisi deux comprimés de psychotropes en sa possession.
Des infractions cumulées et une vitesse excessive
Au-delà de l’état altéré du conducteur, les constatations techniques démontrent de graves manquements aux règles élémentaires de sécurité. L’autocar transportait soixante-quatre personnes, alors que sa capacité maximale autorisée était de cinquante-et-un passager, chauffeur compris. Cette surcharge s’est conjuguée à un excès de vitesse caractérisé. L’analyse du parcours a établi que le véhicule abordait une portion de route en descente à une vitesse de cent-vingt-et-un kilomètre par heure, dépassant largement la limite réglementaire fixée à cent kilomètres par heure sur cette zone.
Des poursuites judiciaires fermes annoncées
L’instruction se poursuit sous la supervision directe du parquet pour faire toute la lumière sur ce drame et déterminer les éventuelles responsabilités d’autres parties impliquées. Les autorités judiciaires réaffirment leur détermination à engager des poursuites avec toute la rigueur de la loi contre toute personne dont la responsabilité viendrait à être établie. L’opinion publique sera tenue informées des conclusions définitives dès l’aboutissement des procédures.
Mobilisation médicale au chevet des rescapés
En parallèle des investigations judiciaires, l’urgence demeure la prise en charge des victimes. Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudène, s’est rendu ce dimanche au centre hospitalier universitaire Mustapha Bacha pour s’enquérir de l’état de santé des blessés transférés suite aux accidents de Boumerdès et de Timimoun. Inspectant l’état de chaque patient, le ministre a salué la réactivité des corps médical, paramédical et administratif. Des directives fermes ont été données pour que l’ensemble des moyens matériels et humains soit mobilisé jusqu’à la guérison complète des rescapés.
S.B.



