Après la lourde défaite face à la JS El Biar, le directeur général par intérim du CS Constantine dénonce des tentatives de déstabilisation, confirme la rupture avec le technicien tunisien et évoque les difficultés structurelles du club.
Le Chabab est dans la tourmente, et sa direction tente de reprendre la main. Au lendemain de la défaite concédée à domicile face à la JS El Biar (2-4), le CS Constantine se retrouve confronté à une accumulation de difficultés sportives et de tensions internes. Pour sortir de cette séquence délicate, le directeur général par intérim, Tarek Arama, est monté au créneau lors d’une conférence de presse consacrée aux dossiers les plus sensibles du moment.
Au menu : des résultats jugés incompréhensibles au regard des moyens engagés, le départ de l’entraîneur tunisien Moundhir Kebaeir, la désignation de Hadi Khezzar pour assurer l’intérim technique, mais aussi des accusations de manœuvres visant à déstabiliser le club. Autant de sujets qui illustrent la fébrilité d’une institution appelée à réagir rapidement pour éviter que la crise ne s’installe durablement.
La défaite face à la JS El Biar a constitué un sérieux coup d’arrêt pour le CSC. Concéder quatre buts sur sa propre pelouse, devant des supporters qui attendent davantage de leur équipe, a ravivé les interrogations sur le rendement du groupe et la conduite de la saison.
Tarek Arama n’a pas éludé la question des résultats, qu’il juge très en deçà des attentes. La situation lui paraît d’autant plus difficile à expliquer que l’équipe dispose, selon lui, des moyens nécessaires pour afficher un tout autre visage. Entre les ambitions annoncées en début de saison et la réalité du terrain, le décalage est désormais manifeste.
Au-delà du score, c’est donc la capacité du club à retrouver une cohérence sportive qui se trouve mise à l’épreuve. La colère des supporters ne se limite plus à une contre-performance : elle traduit une inquiétude grandissante quant à la trajectoire du Chabab.
Le changement sur le banc constitue l’autre annonce majeure de cette conférence de presse. La direction a décidé de se séparer de Moundhir Kebaeir et lui a proposé une résiliation à l’amiable de son contrat. Une issue qui aurait permis aux deux parties de tourner la page sans ouvrir un nouveau front.
Le technicien tunisien n’a toutefois pas accepté cette proposition. Il entend, selon les explications communiquées par Arama, faire valoir les dispositions contractuelles qui le lient au club et réclamer les indemnités prévues par son engagement.
La séparation sportive ne signifie donc pas nécessairement la clôture du dossier. En l’absence d’un accord amiable, la direction pourrait devoir gérer un contentieux aux conséquences financières potentiellement importantes. Dans une période où le CSC cherche avant tout à retrouver de la stabilité, cette question vient alourdir une situation déjà délicate.
Pour assurer la transition, la direction a choisi une solution interne en confiant la barre technique de l’équipe première à Hadi Khezzar, directeur technique du club.
Cette nomination doit permettre de maintenir un minimum de continuité dans la préparation du groupe, en attendant la désignation d’un nouvel entraîneur. Aucun successeur définitif n’a, à ce stade, été annoncé.
Reste à savoir si ce choix transitoire suffira à provoquer le sursaut attendu. Le prochain chantier sera autant psychologique que tactique : remobiliser les joueurs, restaurer la confiance et renouer avec des résultats à la hauteur des ambitions du club.
La conférence de presse a également pris une dimension plus sensible lorsque le directeur général par intérim a évoqué des tentatives de déstabilisation du CSC. Sans désigner publiquement les personnes concernées, il a mis en cause des acteurs qu’il estime guidés par des intérêts personnels et susceptibles de fragiliser l’environnement du club.
Ces accusations interviennent dans un climat déjà tendu, où les mauvais résultats alimentent les critiques et accentuent les divisions. Elles soulèvent aussi une question essentielle : dans quelle mesure les tensions périphériques pèsent-elles sur la sérénité du groupe et sur le travail de l’encadrement ?
En l’absence d’éléments permettant d’identifier les personnes visées ou d’établir précisément les faits dénoncés, ces déclarations restent celles du dirigeant. Elles témoignent néanmoins du niveau de crispation qui entoure actuellement le Chabab.
Autre sujet abordé : les déclarations de Moundhir Kebaeir, qui avait fait état de situations qu’il jugeait « anormales » au sein du club. Interrogé sur ces propos, Tarek Arama les a notamment rapportés à la question des infrastructures, le CSC ne disposant pas de ses propres installations dans les conditions souhaitées pour assurer les entraînements et la préparation de l’équipe.
Cette problématique, récurrente pour le club constantinois, renvoie à une difficulté structurelle qui dépasse le seul changement d’entraîneur. La stabilité d’un projet sportif dépend aussi de la qualité des conditions de travail, de la disponibilité des équipements et de la capacité à organiser la préparation dans la durée.
Cette explication apporte un éclairage sur l’une des difficultés évoquées, sans pour autant épuiser toutes les interrogations suscitées par les déclarations de l’ancien technicien. Le contenu exact de ses critiques et leur portée mériteraient d’être précisés pour départager les problèmes d’organisation des éventuels désaccords internes.
Entre une défaite lourde de conséquences, un entraîneur sur le départ, un dossier contractuel encore ouvert et des accusations de déstabilisation, le CSC aborde une période charnière. La nomination de Hadi Khezzar doit permettre de stabiliser l’équipe à court terme, tandis que la direction devra trouver un successeur à Kebir et gérer les suites de la rupture.
Mais au-delà des annonces, c’est désormais sur le terrain que le Chabab est attendu. Les supporters veulent comprendre les raisons de cette déroute, mais surtout voir leur équipe réagir. Pour Arama et la direction, le défi est double : rétablir la sérénité autour du club et démontrer que les turbulences actuelles ne condamnent pas les ambitions de la saison.
À Constantine, le temps des explications est ouvert. Celui des réponses concrètes, lui, ne saurait tarder.



