La transformation numérique du secteur du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale s’impose désormais comme un levier structurant de la réforme de l’administration publique en Algérie. Pour les pouvoirs publics, la digitalisation n’est plus une option technique, mais un choix stratégique visant à améliorer durablement la qualité du service rendu au citoyen, à réduire les lourdeurs bureaucratiques et à instaurer une administration plus efficace, transparente et interconnectée.
C’est dans ce cadre que le directeur central de la modernisation et des systèmes d’information à la Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (CNAS), et représentant du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Rasoul Yahia, a réaffirmé la centralité de la numérisation dans la politique sectorielle. Invité ce dimanche de l’émission « invité du jour » sur la Chaîne I de la Radio nationale, il a souligné que cette orientation s’inscrit pleinement dans les instructions du président de la République appelant à la modernisation du service public et à l’abandon définitif des méthodes de gestion traditionnelles.
Une réforme déjà engagée et visible
Selon Rasoul Yahia, le ministère du Travail a entamé, depuis plusieurs mois, un chantier concret de numérisation de ses services, axé principalement sur la simplification des procédures administratives. Cette démarche s’est traduite par la conversion progressive de nombreuses prestations, auparavant exclusivement délivrées sur support papier, en services numériques accessibles à distance.
Résultat tangible de cette réforme : 27 documents administratifs ont été officiellement supprimés depuis début décembre, mettant fin à l’obligation pour le citoyen de les produire physiquement. Ces pièces sont désormais échangées électroniquement entre les différentes structures relevant du secteur, réduisant considérablement les délais de traitement et les déplacements inutiles.
Le responsable a précisé que cette avancée s’inscrit dans une feuille de route sectorielle visant à renforcer l’interopérabilité entre les institutions relevant du ministère, à travers des systèmes d’information interconnectés permettant un échange instantané et sécurisé des données. Une évolution qui consacre, selon lui, le principe d’une « administration au service du citoyen ».
Vers la fin des guichets et des files d’attente
La digitalisation ambitionne également de mettre un terme aux scènes récurrentes de files d’attente et de guichets saturés. À ce titre, le ministère œuvre à la généralisation des services à distance, conformément aux directives du ministre du Travail, tout en accompagnant cette mutation par la formation des agents et la requalification des ressources humaines, afin d’ancrer durablement une culture numérique au sein de l’administration.
Des services plus accessibles et plus rapides
Les effets de cette transformation sont déjà perceptibles pour les usagers. Le citoyen bénéficie aujourd’hui d’un accès facilité aux prestations offertes par les 13 organismes relevant du secteur du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale. La certification d’affiliation, document parmi les plus demandés par les travailleurs, en est l’illustration la plus marquante : elle est désormais échangée automatiquement entre institutions et disponible via les plateformes numériques.
Le secteur compte actuellement près de 30 plateformes numériques proposant plus de 100 services électroniques, contribuant à la réduction significative des délais, à la simplification des démarches et à l’allègement des contraintes de déplacement.
Paiement automatisé et services dématérialisés
Parmi les innovations introduites, Rasoul Yahia a mis en avant le système de prélèvement automatique des cotisations sociales au profit des employeurs. Ce dispositif leur permet de régler leurs cotisations immédiatement après la déclaration de l’assiette, sans recours aux moyens de paiement traditionnels. L’opération, a-t-il assuré, est sécurisée et exempte de pénalités ou de retards.
Par ailleurs, les assurés sociaux peuvent désormais demander la carte Chifa en ligne, moyennant un paiement électronique de 400 dinars via carte bancaire ou carte « Edahabia », sans avoir à se déplacer vers les agences.
Le succès de la transformation numérique se reflète également dans l’engouement pour l’application mobile « El Hanaa », qui compte aujourd’hui plus de 3,5 millions d’utilisateurs. Cette plateforme offre une large palette de services : délivrance de la certification d’affiliation, suivi de la consommation de médicaments, consultation des documents disponibles, mais aussi suivi des demandes liées à la carte Chifa, y compris en cas de perte ou de détérioration.
Maternité et mise à jour de la carte Chifa à distance
Concernant les prestations sociales, le représentant du ministère a rappelé que la travailleuse peut désormais bénéficier d’un congé de maternité de 150 jours, ajoutant que plus de 65 000 demandes d’indemnisation ont été enregistrées via l’application « El Hanaa ».
Il a également souligné la généralisation de la mise à jour de la carte Chifa à distance, rendue possible grâce à un réseau de 12 000 pharmacies conventionnées avec la CNAS. En six mois, près de 3 millions d’opérations de mise à jour ont été réalisées, permettant d’économiser autant de déplacements, notamment au profit des habitants des wilayas du Sud et des zones éloignées.
L.R.



