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jeudi 15 janvier 2026

Aïd 2026 : L’État anticipe pour stabiliser les prix

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Pour la deuxième année consécutive, le président de la République a décidé de recourir à l’importation massive de bétail à l’approche de l’Aïd El-Adha. Un million de moutons seront ainsi importés en prévision de l’Aïd 2026, dans l’objectif d’assurer la disponibilité du cheptel sur le marché national et de contenir les prix, souvent soumis à de fortes tensions à l’approche de cette fête religieuse.

L’annonce a été faite mercredi par le Premier ministre, Saïfi Ghrieb, lors d’une réunion du gouvernement. Dans un communiqué rendu public à l’issue de cette rencontre, les services du Premier ministère précisent que cette décision s’inscrit dans la volonté du chef de l’État de soutenir le marché national du bétail et de préserver le pouvoir d’achat des citoyens.

Une opération lancée dans l’anticipation

Selon le communiqué officiel, le Premier ministre a informé les membres du gouvernement de « la décision de Monsieur le président de la République de soutenir le marché national du bétail à l’occasion de l’Aïd El-Adha, par l’importation d’un million de moutons ». La mise en œuvre de cette opération a été confiée au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, chargé de prendre « immédiatement toutes les mesures nécessaires » pour sa concrétisation.

Ce même département ministériel avait déjà supervisé une opération similaire lors de l’Aïd El-Adha 2025. La différence majeure cette année réside toutefois dans l’anticipation. Contrairement à l’exercice précédent, marqué par une certaine urgence, le ministère disposera cette fois d’un délai plus confortable pour préparer et organiser l’importation dans des conditions optimales.

Cette démarche anticipative traduit, selon plusieurs observateurs, la volonté des pouvoirs publics d’agir en amont pour éviter les déséquilibres constatés les années précédentes. Elle s’inscrit également dans une logique de régulation du marché et de préservation du caractère social de l’État, à travers un accompagnement direct des ménages, particulièrement les plus modestes.

Une mesure saluée par les organisations de consommateurs

La décision présidentielle a été largement accueillie favorablement par les associations professionnelles et les organisations de défense des consommateurs, qui y voient une mesure proactive et efficace pour rééquilibrer l’offre et la demande sur le marché du bétail.

La Fédération algérienne des consommateurs (FAC), par la voix de son président Zaki Hariz, a salué cette initiative, soulignant qu’elle reflète clairement la priorité accordée à la préservation du pouvoir d’achat. « L’importation d’un million de têtes de bétail est de nature à mettre fin à la flambée des prix observée ces dernières années », a-t-il affirmé, estimant que cette opération permettra à un plus grand nombre de citoyens, notamment ceux aux revenus modestes, d’accomplir le rite du sacrifice dans des conditions accessibles.

Pour la FAC, cette mesure contribuera également à instaurer une plus grande transparence sur le marché, souvent affecté par la spéculation à l’approche de l’Aïd.

Un répit pour la filière nationale de l’élevage

Du côté des éleveurs, la décision est également perçue de manière positive. Le président de la Fédération nationale des éleveurs (FNE), Djilali Azzaoui, estime que cette importation massive offrira un répit bienvenu à la filière locale. « Cette décision nous donne une véritable bouffée d’oxygène et du temps pour la régénération du cheptel national », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’opération aura un double effet bénéfique : combler le déficit structurel de l’offre locale et contribuer à la stabilisation des prix sur le marché. Il a également souligné que cette mesure permettra de limiter les pratiques spéculatives, qui pénalisent à la fois les consommateurs et les éleveurs.

Zaki Hariz abonde dans le même sens, tout en insistant sur la nécessité d’une vigilance accrue en matière de qualité. Il appelle le ministère de l’Agriculture à se montrer « particulièrement exigeant » sur les critères de sélection du bétail importé, afin d’éviter les dysfonctionnements constatés lors de la précédente opération, notamment en ce qui concerne la taille et le gabarit de certains moutons.

La question des prix toujours en suspens

Reste désormais à savoir si les autorités maintiendront le même niveau de prix que lors de la précédente opération, où le prix du mouton importé avait été plafonné à 40 000 dinars la tête. Cette question demeure centrale pour les consommateurs, alors que le coût du sacrifice représente une charge importante pour de nombreux ménages.

Pour rappel, une part significative des moutons importés lors de l’Aïd El-Adha 2025 provenait notamment de Roumanie et d’Espagne, des pays disposant de cheptels importants et répondant aux normes sanitaires exigées.

Avec cette nouvelle décision, les pouvoirs publics entendent ainsi agir sur plusieurs fronts : sécuriser l’approvisionnement du marché, soutenir les éleveurs nationaux, lutter contre la spéculation et, surtout, préserver le pouvoir d’achat des citoyens à l’approche d’une échéance religieuse majeure.

L.R.

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