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jeudi 15 janvier 2026

Yennayer, mémoire vivante d’une nation

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Le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, a affirmé que la célébration du Nouvel An amazigh, Yennayer, prévue lundi prochain, constitue un véritable événement national fédérateur, une fête partagée par l’ensemble des Algériens, reflétant l’esprit d’unité, de cohésion et de vivre-ensemble dans un pays riche par sa diversité culturelle et linguistique.

Intervenant ce mercredi dans l’émission « Invité du matin » sur la Chaîne 1 de la Radio algérienne, M. Assad a souligné que l’institutionnalisation du 12 janvier comme journée fériée, chômée et payée, à la suite de la révision du calendrier officiel des fêtes nationales, représente une avancée majeure dans le renforcement de la cohésion nationale et du sentiment d’appartenance collective. Cette décision, a-t-il précisé, s’inscrit dans une démarche juridique et politique visant à valoriser la pluralité culturelle de l’Algérie et à mettre en lumière la profondeur de son histoire millénaire.

Le responsable a rappelé que la célébration de Yennayer coïncide cette année avec le 30e anniversaire de la création du Haut-Commissariat à l’Amazighité, une institution qui œuvre, depuis trois décennies, à la promotion et à la consolidation de cette dimension identitaire dans le strict respect de la Constitution. Celle-ci consacre, a-t-il insisté, les trois piliers fondamentaux de l’identité nationale algérienne : l’islam, l’arabité et l’amazighité.

Selon M. Assad, l’action du HCA repose sur un travail de proximité et de dialogue permanent avec l’ensemble des composantes de la société, afin d’ancrer ces dimensions identitaires dans une logique de complémentarité et d’équilibre, loin de toute opposition ou hiérarchisation. « Ces composantes constituent un socle indivisible et unificateur de l’identité nationale », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que le message porté par le Haut-Commissariat à travers ses différentes activités nationales consiste à affirmer que l’amazighité participe pleinement à la construction d’un creuset national commun. Elle constitue, selon lui, une base de complémentarité, de fusion et de coexistence linguistique avec la composante arabe, dans le cadre d’une approche méthodique fondée sur des convictions solides, matérialisées par des actions de sensibilisation continues touchant toutes les catégories de la société.

Dans le même sillage, M. Assad a estimé que l’usage de la langue amazighe relève d’un fait anthropologique avéré, couvrant l’ensemble du territoire national. Il demeure, a-t-il poursuivi, un élément essentiel dans l’enracinement des valeurs de coexistence et dans la préservation des fondements de l’identité nationale, à l’image de ce qu’ont légué les générations successives à travers l’histoire.

Mise en garde contre les discours subversifs venus de l’étranger

Par ailleurs, le secrétaire général du HCA a mis en garde contre des discours subversifs émanant de l’étranger, qui tentent d’exploiter la diversité culturelle et linguistique du pays pour porter atteinte à l’unité nationale. Il a dénoncé l’écho médiatique et les soutiens financiers dont bénéficient parfois ces discours de la part de parties étrangères.

Il a appelé, à ce titre, à une vigilance accrue et à un travail constant, mené en coordination avec les institutions de l’État et les médias nationaux. Le dossier de l’amazighité, a-t-il averti, est un dossier culturel et identitaire sensible qui nécessite une protection contre toute forme de récupération ou d’instrumentalisation, à travers une coopération étroite avec les élites intellectuelles et les spécialistes.

M. Assad a réaffirmé que la position du Haut-Commissariat demeure claire et constante : aucune exploitation de ce dossier ne sera tolérée en dehors du cadre de la promotion de la langue amazighe, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Il a également insisté sur le rejet de toute remise en cause des acquis consacrés par la Constitution, fruit des sacrifices des martyrs de la Révolution de libération et des réalisations accomplies depuis l’indépendance en 1962, au premier rang desquelles figure la fierté de toutes les composantes de l’identité nationale.

L’amazighité, un projet national et non régional

Dans ce contexte, le responsable a souligné que le Haut-Commissariat à l’Amazighité œuvre, depuis 30 ans, à l’édification d’un projet national global dont les résultats commencent à se concrétiser. Il a tenu à préciser que ce projet n’a aucun caractère régional ou communautaire et ne concerne pas uniquement les citoyens amazighophones, mais l’ensemble des Algériens, l’amazighité étant un patrimoine collectif et partagé.

Il a rappelé que la Constitution de 2020 a définitivement tranché la question du statut de l’amazighité en la consacrant langue nationale et officielle, et en inscrivant, dans son préambule, la dimension amazighe comme composante intangible de l’identité algérienne, qualifiant cette consécration de gain politique et constitutionnel majeur.

M. Assad a, en outre, plaidé pour la généralisation de ce projet au sein du système de formation, notamment dans les secteurs de l’éducation nationale, de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur, tout en appelant à l’adaptation de certains textes législatifs afin de les mettre en conformité avec les dispositions constitutionnelles.

La Radio algérienne célèbre Yennayer sous le signe du patrimoine

Fidèle à sa mission médiatique et à son rôle culturel dans la promotion du patrimoine national et la préservation de la mémoire collective, la Radio algérienne, à travers la Chaîne 2, célébrera le Nouvel An amazigh 2976 à travers un programme artistique et culturel spécial placé sous le slogan : « Notre patrimoine… une empreinte dans le registre de l’humanité ».

Ce programme s’inscrit dans la continuité du rôle pionnier de la Radio algérienne dans la valorisation du patrimoine culturel national et la mise en avant de ses dimensions historiques, civilisationnelles et humaines, notamment en ce qui concerne les sites et trésors classés au patrimoine mondial, considérés comme partie intégrante du patrimoine universel.

Prévu au siège de la Radio algérienne le 11 janvier 2026 à partir de 10 heures, l’événement comprendra plusieurs activités culturelles, dont des expositions patrimoniales et une conférence intellectuelle animée par des chercheurs et spécialistes, axée sur les enjeux de la protection et de la valorisation du patrimoine. Des prestations folkloriques viendront également illustrer la richesse et la diversité du legs culturel algérien et sa transmission à travers les générations.

Une attention particulière sera accordée à l’articulation entre authenticité et modernité, à travers la présentation d’applications et de plateformes numériques contribuant à l’intégration de la langue amazighe dans l’espace digital, et à son utilisation comme outil de valorisation des sites archéologiques et historiques du pays.

La manifestation s’achèvera par une soirée artistique animée par le chanteur Rabah Asma, dans une ambiance festive célébrant l’identité nationale et la diversité culturelle algérienne.

À travers cette initiative, la Radio algérienne réaffirme son engagement constant aux côtés des efforts nationaux visant à protéger, promouvoir et valoriser le patrimoine national, tout en renforçant la conscience collective de sa valeur culturelle et civilisationnelle, en tant qu’héritage national et humain commun.

L.R.

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