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mercredi 4 février 2026

Recrutement : Le filtre antidrogue devient la règle

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La publication du décret exécutif fixant les modalités d’application de la nouvelle loi antidrogue marque un tournant décisif dans les procédures de recrutement en Algérie. Désormais, l’accès à l’emploi, dans les secteurs public comme privé, est conditionné à la preuve formelle de l’absence de consommation de stupéfiants ou de substances psychotropes. Une exigence qui s’étend également aux agents déjà en poste, candidats à des concours ou examens professionnels.

Longtemps annoncée, la mesure est devenue effective avec la parution, ce lundi 2 février au Journal officiel, du décret exécutif n° 26-76 du 25 Rajab 1447 (14 janvier 2026). Ce texte précise les conditions et modalités de prévention de l’usage des stupéfiants dans le cadre des procédures de recrutement et de promotion professionnelle. Il vient ainsi lever le dernier verrou réglementaire à l’application de la loi promulguée le 13 juillet 2025 relative à la prévention et à la répression de l’usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes.

Le champ d’application du décret est large et sans équivoque. Il concerne l’ensemble des candidats aux concours et recrutements dans les administrations, établissements et institutions publics, les structures d’intérêt général, les établissements ouverts au public, ainsi que les organismes et entreprises du secteur privé. Aucune distinction de statut ou de nature juridique n’est opérée.

Tests de dépistage négatifs

Concrètement, tout dossier de candidature devra désormais comporter des tests de dépistage négatifs attestant de la non-consommation de stupéfiants et de substances psychotropes. L’absence de ces documents constitue un motif suffisant de rejet. Cette obligation s’applique également aux fonctionnaires et travailleurs déjà en activité lorsqu’ils postulent à des examens professionnels, concours internes ou évaluations ouvrant droit à un avancement ou à une promotion.

Le décret prévoit toutefois une dérogation strictement encadrée pour les candidats suivant un traitement médical à base de substances classées. Ceux-ci sont tenus de le déclarer et de fournir un certificat médical attestant de la nécessité thérapeutique du traitement. Cette exception reste conditionnée à la compatibilité de l’état de santé du candidat avec le poste à pourvoir, une évaluation pouvant, dans le secteur privé, être confiée au médecin du travail.

En dehors de ces cas médicaux dûment justifiés, le texte est sans appel : tout dossier ne comportant pas de tests de dépistage négatifs est automatiquement écarté. Le dépistage devient ainsi un critère central et incontournable des procédures d’accès à l’emploi et de progression professionnelle.

Le législateur a néanmoins pris soin de fixer une limite claire à cette obligation. Les résultats positifs ne peuvent en aucun cas constituer un motif d’exclusion définitive. Les personnes concernées conservent la possibilité de se représenter ultérieurement, après avoir suivi les mesures curatives prévues par la législation relative à la prévention et au traitement de la toxicomanie.

À travers ce dispositif, les autorités entendent inscrire durablement la lutte contre les addictions dans les politiques de gestion des ressources humaines. Le dépistage antidrogue s’impose ainsi comme un nouveau standard du monde du travail, au même titre que l’aptitude médicale ou les qualifications professionnelles, non sans soulever, à terme, des enjeux liés à sa mise en œuvre, à son coût et aux garanties de confidentialité.

S.B.

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