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mercredi 11 mars 2026

Mine de zinc d’Amizour : Le projet franchit une étape clé

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Le projet d’exploitation du gisement de zinc et de plomb d’Oued Amizour, situé dans la wilaya de Béjaïa, franchit une étape déterminante et confirme son statut de projet stratégique pour le développement du secteur minier en Algérie. Le lancement des travaux d’aménagement de l’entrée de la mine marque ainsi le début d’une nouvelle phase opérationnelle pour ce gisement considéré comme l’un des plus importants à l’échelle internationale.

Cette étape a été officiellement lancée mardi 10 mars par le directeur général du groupe public Sonarem, Reda Belhadj, et le wali de Béjaïa, Kamel-Eddine Kerbouche, lors d’une cérémonie organisée sur le site du projet. Plusieurs responsables et élus locaux ont pris part à cet événement symbolique, notamment le directeur général de la Société nationale des produits miniers non ferreux et des matériaux utiles (ENOF), le député Anis Saoudi, les présidents des assemblées populaires communales de Tala Hamza et d’Amizour, ainsi que le directeur de la coentreprise algéro-australienne chargée de la mise en œuvre du projet.

Selon le groupe Sonarem, l’aménagement de l’accès principal à la mine intervient après l’achèvement de l’ensemble des procédures administratives et la levée des obstacles qui avaient retardé le lancement du projet. Cette avancée ouvre désormais la voie à la phase effective de mise en exploitation du gisement.

Un gisement polymétallique de dimension internationale

Le gisement d’Oued Amizour est un minerai polymétallique composé principalement de zinc et de plomb. D’après les estimations, les réserves exploitables atteignent environ 34 millions de tonnes de minerai. Ce potentiel devrait permettre une production annuelle d’environ 170 000 tonnes de concentré de zinc et près de 30 000 tonnes de concentré de plomb.

S’exprimant sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, dans l’émission « L’invité du jour », le professeur Malek Ould Hamou, directeur du laboratoire de génie minier et consultant dans le domaine, souligne que l’importance de ce gisement réside davantage dans la valeur stratégique des métaux qu’il contient que dans son volume brut.

« Le gisement d’Oued Amizour est un minerai polymétallique composé principalement de zinc et de plomb. Bien qu’il ne soit pas comparable à certains grands projets de minerai de fer en termes de volume, il se distingue par la valeur élevée de ces métaux sur les marchés internationaux », explique-t-il.

Selon ce spécialiste, le site d’Oued Amizour figure parmi les gisements les plus importants au monde dans sa catégorie, se classant autour du douzième rang mondial. Cette position renforce l’intérêt stratégique du projet pour l’économie nationale, notamment dans la perspective de consolider l’approvisionnement de l’industrie métallurgique algérienne en matières premières.

Une exploitation minière souterraine

Contrairement à certaines grandes mines exploitées à ciel ouvert, l’exploitation du gisement d’Oued Amizour se fera en mode souterrain. Ce procédé consiste à extraire des blocs de minerai dans des galeries creusées sous terre, avant de les transférer vers une unité industrielle chargée du traitement et de la valorisation.

« Il s’agit d’une exploitation souterraine où des blocs de minerai seront extraits puis transférés vers une usine de valorisation », explique le professeur Ould Hamou. Le minerai brut sera ensuite acheminé vers une usine de traitement destinée à concentrer les métaux utiles qu’il contient.

La valorisation du minerai au cœur du processus

L’exploitation minière ne se limite pas à l’extraction du minerai. Une étape essentielle consiste à valoriser ce dernier afin d’augmenter la concentration en métaux et d’optimiser sa valeur économique.

« Extraire et vendre la matière première telle qu’elle vient de la mine n’est pas une solution », souligne le spécialiste. Le projet prévoit donc la mise en œuvre d’un procédé de traitement physico-chimique appelé flottation, largement utilisé dans l’industrie minéralurgique.

Dans un premier temps, le minerai subira une préparation mécanique. « Cela signifie la réduction ou la fragmentation du minerai, qui arrive sous forme de blocs, jusqu’à une taille inférieure à 100 microns », précise le professeur. Une fois broyé, le minerai sera traité à l’aide de réactifs chimiques tels que des collecteurs, des déprimants, des activants et des régulateurs de milieu.

Ce procédé permet de séparer les minéraux utiles de la gangue et d’augmenter considérablement la teneur en métaux. « À partir d’un minerai contenant environ 1,2 % de plomb ou quelques pour cent de zinc, il est possible d’atteindre des concentrations proches de 60 % », explique le spécialiste.

Un projet aux retombées économiques majeures

Avec un investissement global estimé à environ 471 millions de dollars, le projet d’Oued Amizour constitue l’un des plus importants projets miniers en cours de développement en Algérie. Les autorités y voient un levier important pour renforcer la souveraineté économique du pays et soutenir la diversification de l’économie nationale.

Outre son impact industriel, le projet devrait également générer d’importantes retombées socio-économiques, notamment dans la région de Béjaïa. Selon les estimations, plusieurs milliers d’emplois directs et indirects pourraient être créés dans les différentes activités liées à l’exploitation minière, au traitement du minerai, à la logistique et aux services.

La durée d’exploitation du gisement est estimée entre 19 et 20 ans. « Sur les 34 millions de tonnes de réserves, la mine devrait fonctionner pendant environ deux décennies », indique le professeur Ould Hamou.

Le projet est développé dans le cadre d’un partenariat entre un groupe algérien, majoritaire à hauteur de 51 %, et la société australienne Terramin Australia Limited, qui détient 49 % des parts et apporte son expertise technique dans le domaine de l’exploitation minière et du traitement des minerais.

Parallèlement aux aspects économiques, le projet intègre également des mesures environnementales visant à limiter l’impact de l’activité minière sur l’écosystème local. Les résidus issus du traitement du minerai seront en partie réutilisés pour combler les vides souterrains afin d’éviter les affaissements.

« Les rejets seront mélangés avec du ciment pour reconstituer les volumes exploités », explique le spécialiste. Des dispositifs spécifiques seront également mis en place pour assurer la gestion des eaux et des résidus miniers et prévenir les risques de pollution, notamment ceux liés au drainage minier acide.

À terme, la production issue du gisement d’Oued Amizour devrait d’abord alimenter le marché national afin de soutenir les activités industrielles locales, notamment dans les secteurs de la métallurgie et de la transformation des métaux.

L’excédent de production sera ensuite destiné à l’exportation, permettant ainsi à l’Algérie de renforcer sa présence sur les marchés internationaux des métaux non ferreux et de valoriser davantage ses ressources naturelles.

L.R.

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