Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé ce dimanche que la ligne ferroviaire reliant Alger à Tamanrasset entrera en service d’ici fin 2028. Une annonce faite lors d’une réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée, et au cours de laquelle il a qualifié ce projet de « projet du siècle », le plaçant au même rang que celui de Gara Djebilet.
Un axe ferroviaire structurant Nord–Sud
La future ligne Alger–Tamanrasset est l’un des projets d’infrastructures les plus ambitieux de l’Algérie. Elle vise à relier le nord du pays à son extrême sud sur plusieurs milliers de kilomètres, en traversant les grandes régions des Hauts Plateaux et du Sahara.
L’itinéraire prévu passe par Alger, Laghouat, Ghardaïa, El Meniaa et In Salah avant d’atteindre Tamanrasset. Au-delà du transport de voyageurs, ce projet a pour objectif central de renforcer le fret ferroviaire, notamment vers les zones minières et industrielles du Sud.
Un projet en phases progressives
La réalisation de cette ligne repose sur une approche graduelle. Elle s’appuie d’abord sur le tronçon existant reliant Alger à Laghouat, qui constitue la colonne vertébrale du réseau ferroviaire en développement.
Ce tracé sera ensuite prolongé vers Ghardaïa, puis Ouargla, avant d’atteindre Hassi Messaoud, important pôle énergétique national. À terme, la jonction complète avec Tamanrasset permettra de relier durablement le nord et l’extrême sud du pays.
Certaines sections sont déjà opérationnelles, tandis que d’autres sont en cours de réalisation ou encore à l’étude, traduisant une mise en œuvre progressive mais structurée.
Un levier économique et géostratégique majeur
Cette infrastructure est appelée à jouer un rôle central dans la stratégie économique nationale. Elle permettra d’abord de faciliter le transport des ressources naturelles, notamment les minerais et les produits liés aux hydrocarbures, en optimisant leur acheminement vers les centres industriels et les ports d’exportation.
Elle contribuera également à renforcer les échanges commerciaux internes en améliorant la connectivité entre les régions et en réduisant les coûts logistiques.
À l’échelle régionale, ce corridor ferroviaire est conçu comme un axe d’ouverture stratégique vers l’Afrique subsaharienne, positionnant l’Algérie comme un futur hub logistique reliant la Méditerranée au Sahel.
Développement du Sud et intégration continentale
Au-delà de sa dimension économique, la ligne Alger–Tamanrasset vise à réduire l’isolement des régions du Sud, à stimuler l’investissement local, à créer des emplois et à améliorer les conditions de vie des populations.
À long terme, elle pourrait s’intégrer dans des corridors africains plus larges, facilitant les échanges entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne et renforçant l’intégration continentale.
Phosphate de Bled El Hadba et ligne minière Est
Dans le même registre, le président de la République a également annoncé que l’Algérie entamera l’exportation du phosphate de Bled El Hadba à partir de fin mars 2027, une fois achevée la ligne minière Est reliant ce gisement à Oued El Kebrit puis au port d’Annaba.
Cette infrastructure ferroviaire est dédiée principalement au transport massif des ressources minières, notamment le phosphate et le minerai de fer, dans une logique d’industrialisation et de valorisation des richesses naturelles.
Un corridor industriel intégré
Au-delà de sa fonction logistique, la ligne minière Est constitue un véritable levier de structuration industrielle. Elle permettra d’optimiser l’acheminement des matières premières vers les unités de transformation et les infrastructures portuaires, tout en favorisant l’émergence d’un tissu industriel connexe.
Ce corridor contribuera ainsi à la création d’emplois, au développement de pôles économiques régionaux et au renforcement de la compétitivité de l’économie nationale sur les marchés internationaux.
Une stratégie ferroviaire de transformation
À travers ces deux projets structurants — la ligne Alger–Tamanrasset et la ligne minière Est — l’Algérie engage une transformation profonde de son réseau ferroviaire, pensé comme un outil de développement territorial, de diversification économique et d’intégration régionale.
Une dynamique qui confirme le rôle central des infrastructures dans la stratégie nationale visant à réduire les déséquilibres régionaux et à renforcer l’ouverture économique du pays vers l’Afrique et le monde.
S.B.



