À la suite d’une alerte émise par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant un foyer de Hantavirus des Andes détecté à bord du navire de croisière MV Hondius, les autorités sanitaires algériennes ont décidé de renforcer leur dispositif de surveillance.
Le ministère de la Santé a diffusé, le 11 mai, une instruction d’urgence (n°13) à l’ensemble des wilayas ainsi qu’aux établissements hospitaliers du pays. L’objectif est d’anticiper toute éventuelle apparition de cas et de renforcer la vigilance, malgré un risque jugé faible sur le territoire national.
Un risque faible mais une vigilance renforcée
Selon les autorités sanitaires, aucun lien épidémiologique direct n’a été établi entre l’Algérie et le foyer identifié. Toutefois, la circulation internationale des personnes impose une approche préventive afin d’éviter toute faille dans le dispositif de surveillance.
Le Hantavirus des Andes circule principalement en Amérique latine. Il se transmet généralement à l’homme par inhalation de particules contaminées provenant de déjections de rongeurs. Il présente par ailleurs une particularité rare : dans certains cas limités, il peut se transmettre d’une personne à une autre.
La maladie débute souvent par des symptômes similaires à ceux d’une grippe : fièvre, courbatures et troubles digestifs. Elle peut toutefois évoluer rapidement vers un syndrome pulmonaire aigu sévère.
Le taux de mortalité est estimé entre 40 et 50 %, notamment chez les personnes âgées et les patients atteints de pathologies chroniques. La période d’incubation peut s’étendre jusqu’à six semaines.
Le ministère de la Santé précise que seul le laboratoire de l’Institut Pasteur de Sidi Fredj est habilité à confirmer le diagnostic.
Instructions strictes aux établissements hospitaliers
Dans le cadre de la circulaire nationale, les établissements de santé sont appelés à isoler immédiatement tout cas suspect et à renforcer les mesures de protection du personnel soignant.
Les autorités locales sont également instruites d’intensifier les opérations de dératisation et de nettoyage urbain afin de réduire les risques sanitaires liés aux rongeurs.
Des campagnes de sensibilisation à destination des citoyens seront également lancées, axées sur les règles d’hygiène et de prévention. Cette démarche s’inscrit dans une coordination entre les secteurs de la santé, de l’environnement et des collectivités locales.
L’objectif est d’assurer une réponse rapide et coordonnée, tout en maintenant un niveau élevé de vigilance sanitaire face aux menaces épidémiques importées.
S.B.



