L’Office national de la météorologie a émis un bulletin météorologique spécial ce samedi, plaçant une grande partie du pays sous une vigilance de niveau deux. Une masse d’air brûlant enveloppe le territoire national, provoquant une hausse spectaculaire du mercure qui devrait persister durant tout le week-end. Les prévisions font état de températures maximales oscillant généralement entre 44 et 45°C, mais les prévisionnistes redoutent des pointes extrêmes pouvant atteindre locales 46°C à l’ombre.
L’alerte émise par les services de la météorologie nationale se décline en deux bulletins distincts qui balaient l’ouest, le centre et l’est du pays. Une première zone particulièrement exposée regroupe huit wilayas de l’ouest et du centre-ouest, à savoir Sidi Bel Abbès, Saïda, Tiaret, Tissemsilt, Aïn Defla, Chlef, Relizane et Mascara. Parallèlement, un second bulletin de vigilance vient confirmer l’extension de cette masse d’air saharien vers d’autres régions du centre et de l’est. Les citoyens des wilayas de Médéa, Djelfa, Bouira, Tizi Ouzou, M’Sila, Mila, Constantine, Guelma et Batna doivent ainsi faire face à des conditions thermiques tout aussi étouffantes, avec un thermomètre solidement ancré au-dessus de la barre des 44°C.
Cette suffocation locale s’inscrit dans un contexte mondial particulièrement alarmant. Les climatologues lient directement la multiplication de ces anomalies thermiques à l’intensification rapide du phénomène climatique El Niño dans l’océan Pacifique. Les modélisations scientifiques les plus récentes confirment le développement d’un épisode d’une puissance exceptionnelle, communément qualifié de super El Niño. Ce dérèglement à grande échelle, caractérisé par un réchauffement historique des eaux de surface équatoriales, agit comme un véritable accélérateur de particules sur le climat mondial. En se superposant au réchauffement climatique global, ce super El Niño jette de l’huile sur le feu et dope les températures mondiales, propulsant le thermomètre vers des records absolus sur tous les continents et favorisant des vagues de chaleur d’une précocité et d’une violence inédites en Afrique du Nord et dans le reste du monde.
S.B.



