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mercredi 22 juillet 2026

Allocation touristique : Le parcours du combattant des cartes internationales

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Une décision administrative, un raz-de-marée bancaire. Depuis l’obligation de verser l’allocation touristique de 750 euros sur un compte en devises, ils sont assez nombreux à prendre d’assaut les guichets pour décrocher la précieuse carte internationale. Entre critères drastiques, dépôts exigés et banques au bord de la saturation, voyage au cœur d’une véritable course contre la montre.

L’obligation récente de verser l’allocation touristique de 750 euros directement sur un compte en devises a déclenché un véritable raz-de-marée dans les établissements bancaires algériens. Décidée le 12 juillet et appliquée dès le 19 juillet suite aux directives présidentielles, cette mesure fait de la carte de paiement internationale, de type Visa ou Mastercard, le sésame indispensable pour tout citoyen désireux de faire valoir son droit de change pour voyager.

Pour décrocher cette précieuse carte, les usagers doivent impérativement ouvrir un compte en devises, une démarche elle-même subordonnée à la possession préalable d’un compte courant en dinars au sein de la même banque. Face à cet afflux soudain, les banques publiques et privées adaptent leurs exigences, révélant des disparités marquantes en matière de montants requis, de conditions d’accès et de délais de délivrance.

Conditions strictes et disparités financières selon les enseignes

Les exigences financières pour accéder aux prestations bancaires varient sensiblement d’un établissement à l’autre. La Banque extérieure d’Algérie se distingue par les conditions d’entrée les plus accessibles sur le marché pour le compte en dinars, n’exigeant qu’un versement initial de 1 000 dinars, complété par un dépôt de 100 euros pour le compte en devises. La Banque nationale d’Algérie fixe pour sa part le ticket d’entrée à 10 000 dinars pour le compte courant et à seulement 50 euros pour le volet devises.

Du côté des banques privées et d’autres acteurs du secteur, les seuils sont plus élevés. Le Crédit populaire d’Algérie réclame un versement initial de 40 000 dinars pour le compte courant et 500 euros pour le compte en devises. Chez Gulf Bank Algeria, la constitution du dossier nécessite un dépôt de 15 000 dinars et 50 euros. Enfin, BNP Paribas El Djazaïr demande un versement de 5 000 dinars pour le compte en dinars et un montant conséquent de 500 euros pour l’ouverture du compte en devises.

Un parcours administratif rigoureux pour les usagers

Au-delà des montants exigés, la constitution du dossier administratif répond à des critères précis. Pour ouvrir un compte courant en dinars, les salariés doivent fournir une pièce d’identité, un justificatif de résidence, une attestation de travail ainsi que leurs fiches de paie. Le Crédit populaire d’Algérie requiert les trois derniers bulletins de paie et un acte de naissance, tandis que les commerçants doivent ajouter leur registre de commerce et l’attestation fiscale C20. Pour l’obtention d’une Mastercard, la Banque extérieure d’Algérie exige en outre une photocopie du passeport.

Certaines institutions imposent des contraintes supplémentaires liées aux revenus. BNP Paribas El Djazaïr applique une politique particulière : si le client ne domicilie pas son salaire dans l’établissement, il doit effectuer un dépôt de 50 000 dinars et observer une période d’attente de six mois avant de pouvoir solliciter l’ouverture d’un compte en devises. Si quelques banques privilégient la domiciliation bancaire pour faciliter les démarches, d’autres proposent des alternatives soumises à conditions.

Délais de délivrance : entre attente prolongée et solutions express

L’explosion de la demande provoque un engorgement majeur dans la majorité des réseaux bancaires. Alors que les délais d’obtention de la carte oscillent habituellement autour d’un mois, notamment à la Banque nationale d’Algérie ou chez BNP Paribas El Djazaïr, ils s’allongent considérablement ailleurs. À la Banque extérieure d’Algérie, l’affluence dépasse désormais le mois d’attente. La situation est encore plus critique dans d’autres enseignes comme la Banque de l’agriculture et du développement rural, où des clients rapportent des délais annoncés d’au moins trois mois, compromettant directement leurs projets de vacances imminents.

Dans ce paysage saturé, quelques établissements tirent leur épingle du jeu en misant sur la rapidité d’exécution. ABC Bank propose un délai de traitement ramené à dix jours. L’alternative la plus rapide reste Gulf Bank Algeria, capable de délivrer le support monétique en 48 heures seulement. Pour gérer l’afflux massif de clients séduits par cette réactivité, l’agence met en place des listes d’attente pour rappeler ultérieurement les souscripteurs et procéder de manière ordonnée aux ouvertures de comptes.

Entre parcours du combattant et promesses de délivrance express, l’accès à la devise touristique est devenu le premier test d’endurance de l’été pour les vacanciers. Reste à savoir si le système bancaire saura rapidement absorber cette onde de choc ou si de nombreux départs devront, malgré eux, être reportés.

S.B.

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