L’Algérie et l’Allemagne ont franchi ce mardi une étape décisive dans leur partenariat stratégique lors d’une rencontre de haut niveau à Alger entre le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et le ministre fédéral allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul. Axés sur le renforcement du secteur gazier, le développement de l’hydrogène vert et l’intégration industrielle, ces entretiens traduisent la volonté commune d’établir un axe énergétique euro-méditerranéen durable et performant.
Une impulsion présidentielle au service du partenariat
Cette rencontre s’inscrit directement dans la dynamique positive impulsée par la visite officielle du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à Berlin les 16 et 17 juillet 2026. Les discussions visent à traduire sur le terrain les orientations stratégiques définies au plus haut sommet de l’Etat, consolidant ainsi les liens politiques et économiques entre Alger et Berlin.
Une large mobilisation institutionnelle et industrielle
L’ampleur des délégations présentes témoigne de l’importance accordée à cette feuille de route commune. Outre les ambassadeurs Georg Felsheim et Larbi Latrous, les échanges ont réuni les responsables clés de la régulation et de la valorisation des ressources, notamment Abdelkader Chertaoui, président de l’ALNAFT, et Amine Remini, président de l’ARH, aux côtés de cadres dirigeants de Sonatrach. Du côté allemand, la présence de géants industriels tels que Bosch Energy, Thyssenkrupp Uhde, VNG, Siemens Energy et VDA confirme la centralité du marché algérien.
Le gaz naturel, socle d’une coopération élargie
Si la commercialisation du gaz naturel et du gaz naturel liquéfié (GNL) reste le pilier de la sécurité énergétique, la coopération s’élargit à de nouveaux domaines industriels. Les deux parties ont examiné le renforcement de leur collaboration dans la chaîne des hydrocarbures, l’ingénierie, les infrastructures, ainsi que la fabrication d’équipements spécialisés, avec un accent particulier mis sur les technologies destinées aux stations de dessalement d’eau de mer.
Hydrogène vert et équipements de pointe
L’un des axes phares de cette nouvelle phase partenariale repose sur la transition énergétique. Sonatrach et le ministère de l’Energie et des Energies renouvelables entendent s’associer au savoir-faire allemand pour développer la production et la commercialisation d’hydrogène et d’ammoniac verts. Ce chantier englobe la fabrication locale d’équipements stratégiques, à l’instar des électrolyseurs, assortie de programmes de formation, d’assistance technique et de transfert de compétences.
Transition écologique et maîtrise des émissions
La décarbonation des activités pétrolières et gazières constitue une priorité partagée. Les discussions ont porté sur la mise en œuvre de solutions technologiques bas carbone, ainsi que sur des projets conjoints dédiés à la réduction, la gestion et la récupération des émissions de méthane, visant à aligner l’industrie nationale sur les standards environnementaux internationaux tout en promouvant le contenu local.
L’appel d’offres “ Algeria Bid Round 2026 ” au cœur de l’attractivité
Afin de concrétiser les projets prioritaires, notamment dans la pétrochimie, Mohamed Arkab a assuré que le secteur fournira l’accompagnement et les facilités nécessaires aux investisseurs allemands. Le ministre d’Eat les a invités à participer activement à la campagne d’appels d’offres “ Algeria Bid Round 2026 ” , encourageant l’apport d’expertises de pointe et de solutions industrielles avancées sur le marché national.
Cap sur le “ SoutH2 Corridor”
Saluant le rôle de l’Algérie en tant que partenaire énergétique fiable, Johann Wadephul a confirmé l’intérêt grandissant des entreprises germaniques pour les grands projets stratégiques algériens. L’Allemagne réaffirme notamment son engagement en faveur du “ SoutH2 Corridor ” , le projet d’interconnexion destiné à acheminer l’hydrogène vert renouvelable depuis l’Algérie vers le continent européen.
A l’issue des entretiens, les deux délégations se sont félicitées de la qualité du dialogue bilatéral, s’engageant à intensifier les échanges d’expertise pour construire une industrie énergétique performante, sobre en carbone et résolument tournée vers l’avenir.
B.S



