Le président de la transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, se rendra prochainement en visite officielle à Alger, marquant un dégel spectaculaire des relations après une période de fortes turbulences. Annoncée par le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga, cette visite, initiée par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, vise à sceller un axe stratégique renouvelé pour la sécurité et le co-développement de la région sahélo-saharienne.
La diplomatie sahélienne s’apprête à franchir un nouveau cap majeur. Reçu en audience par le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre et chef du gouvernement malien, le général de division Abdoulaye Maïga, a annoncé que le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, avait officiellement accepté l’invitation à effectuer une visite d’État en Algérie. La date de cet événement crucial sera fixée très prochainement par les canaux diplomatiques habituels, actant une réconciliation politique d’envergure.
Porteur d’un message écrit de la part du dirigeant malien, le Premier ministre a transmis les sincères remerciements d’Assimi Goïta, qualifiant cette démarche diplomatique de haute marque de considération envers les institutions et la population maliennes. À l’issue de cet entretien constructif à la présidence, Abdoulaye Maïga a salué la teneur et la profondeur des échanges, mettant en avant la sagesse des conseils dispensés par le président algérien au sujet des relations bilatérales et du devenir commun de la région.
Le dignitaire de Bamako a insisté sur l’impossibilité de modifier la géographie, rappelant la proximité territoriale et historique absolue qui unit le Mali et l’Algérie. Affirmant que les deux pays sont condamnés à cheminer ensemble pour la prospérité mutuelle de leurs populations, cette rencontre scelle la relance du dialogue de haut niveau après plusieurs mois de fortes turbulences frontalières. Cet héritage de lutte commune sert désormais de fondation robuste pour concevoir un partenariat tourné vers le codéveloppement et la réponse collective aux défis régionaux.
De son côté, le président Abdelmadjid Tebboune a profité de l’occasion pour réaffirmer la constance de la doctrine algérienne vis-à-vis du Sahel. Les jalons de cette vision harmonisée avaient d’ailleurs été discutés lors d’un appel téléphonique le 9 août entre Abdoulaye Maïga et son homologue algérien, le Premier ministre Sifi Ghrieb. La stratégie commune s’intègre dorénavant en adéquation avec la Confédération des États du Sahel, structure qui unifie le Mali, le Niger et le Burkina Faso sous les directions respectives du général Assimi Goïta, du général Abdourahamane Tiani et du capitaine Ibrahim Traoré. Les autorités partagent l’objectif ferme d’assainir l’espace sahélien pour en faire un havre de paix hermétique au terrorisme et aux relents de domination néocoloniale.
Extirper la relation bilatérale de ses récents différends
Ce voyage d’affaires gouvernemental amorce un tournant historique pour extirper la relation bilatérale de ses récents différends. Les efforts d’apaisement s’étaient concrétisés dès le mois de juillet avec l’ordre présidentiel de renvoyer Kamel Retieb à Bamako en tant qu’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de l’Algérie. Ce geste fort faisait directement écho au retour de l’ambassadeur malien à Alger et à la réouverture stratégique de l’espace aérien entre les deux nations.
L’Algérie consolide de ce fait son ancrage et sa vocation africaine naturelle en réitérant son attachement indéfectible à la souveraineté, à l’unité institutionnelle et à l’intégrité territoriale du Mali. En s’interdisant toute forme d’ingérence, Alger privilégie une coordination sécuritaire transfrontalière accrue pour anéantir les réseaux extrémistes, tout en stimulant des corridors commerciaux dynamiques propices au décollage économique de l’Afrique subsaharienne.
La diplomatie sahélienne amorce un tournant historique avec l’acceptation par le général Assimi Goïta d’une invitation à Alger, confirmée par son Premier ministre lors d’une audience avec le président Abdelmadjid Tebboune. Cette démarche, portant le poids d’un message écrit, marque une réconciliation politique d’envergure, destinée à renforcer les liens bilatéraux malgré les récentes tensions, Abdoulaye Maïga ayant salué la sagesse des échanges.
Le retour à la normalisation
Ce rapprochement, concrétisé par l’échange d’ambassadeurs et le retour des liaisons aériennes, valide une méthode de dialogue direct pour aplanir les différends frontaliers. En réitérant son attachement à la souveraineté du Mali, l’Algérie consolide son rôle de partenaire sécuritaire et économique, privilégiant une coordination transfrontalière accrue face aux défis sécuritaires régionaux.
Le succès de cette normalisation repose désormais sur l’opérationnalisation des mécanismes bilatéraux de sécurité. Au-delà du militaire, ce rapprochement ouvre la voie à des projets économiques structurants pour les populations des zones frontalières, l’Algérie se repositionnant comme un partenaire incontournable d’un Sahel en quête d’indépendance et de prospérité.
Le rétablissement de la confiance entre Alger et Bamako, s’alignant sur les dynamiques de la Confédération des États du Sahel (AES), vise à assainir l’espace sahélo-saharien. Ce partenariat renouvelé promet d’allier la lutte contre le terrorisme à une prospérité partagée, scellant un destin géographique commun.
S.B.



