27.4 C
Constantine
mardi 28 juillet 2026

Tebboune livre son analyse sur le Sahel et l’Afrique

Must read

Dans un entretien périodique accordé aux représentants des médias nationaux, le président de la République s’est livré à un tour d’horizon sans détour des grands enjeux géopolitiques qui secouent la région. Revisitant les causes profondes de l’instabilité au Sahel, les relations de voisinage ainsi que les projets d’intégration continentale, le chef de l’État a réaffirmé avec fermeté la doctrine diplomatique et sécuritaire de l’Algérie, fondée sur le respect scrupuleux de la souveraineté, la solidarité agissante et le refus de toute ingérence étrangère.

L’origine du terrorisme au Sahel et la fermeté sécuritaire

Abordant le phénomène terroriste en Afrique, le président de la République a tenu à déconstruire le récit d’une quelconque fatalité continentale, affirmant avec véhémence que ce fléau a été sciemment fabriqué. Remontant à la racine du mal, le chef de l’État a désigné la chute de l’État libyen comme le point de départ de la propagation massive du terrorisme à travers le continent. Il a, dans ce sillage, souligné l’hypocrisie de certains acteurs internationaux et de leurs complices qui, après avoir engendré le chaos et envoyé par le passé des contingents se former auprès d’organisations terroristes telles que Daech, prétendent aujourd’hui apporter des solutions aux pays africains, notamment au Mali.

S’agissant de l’approche algérienne, le président a rappelé le leadership incontesté et la probité du pays en matière de lutte antiterroriste, insistant sur le fait que l’Algérie, forte de son expérience propre, n’a jamais causé et ne causera jamais de tort à ses voisins. La lutte contre ce phénomène demeure accessible à condition de sceller des accords précis qui ne portent atteinte ni à la souveraineté des États ni aux populations civiles. Évoquant le rôle de l’Union africaine, le chef de l’État a estimé que, bien que l’organisation continentale émette des vœux et des déclarations, la réalité du terrain finit toujours par s’imposer. Sur le plan de la sécurité frontalière, une mise en garde explicite a été lancée à l’encontre de toute partie qui tenterait d’exporter le terrorisme aux frontières de la Tunisie ou d’employer ce moyen pour la menacer, affirmant que l’Algérie saura faire face à toute tentative de déstabilisation de son environnement immédiat.

Les relations avec le Mali et la doctrine du bon voisinage

S’exprimant sur le réchauffement des relations avec le Mali et la dynamique sécuritaire au Sahel, le chef de l’État a réitéré l’engagement inébranlable de l’Algérie envers l’ensemble de ses voisins, du Niger à la Libye, en passant par la Mauritanie et le Tchad. Historiquement sollicitée par le Mali pour médiatiser les conflits tribaux et internes, l’Algérie a toujours agi à la demande expresse des autorités maliennes. Le président a toutefois dénoncé les manœuvres de parties extérieures qui, dérangées par l’aura et l’influence apaisante de la diplomatie algérienne, tentent d’instiller le doute chez les dirigeants maliens en les accusant à tort d’ingérence, alors même que leurs propres nations sont en ruines.

Ces accusations d’interférence procurent l’illustration d’une manipulation visant à isoler le Mali de son environnement naturel algérien afin d’en faire une proie facile pour les appétits géopolitiques extérieurs. L’Algérie maintient un principe absolu de non-ingérence, exigeant en retour qu’aucun acteur ne s’immisce dans ses propres affaires. La relation séculaire qui unit les deux peuples repose sur une coopération mutuellement bénéfique, illustrée par la lutte conjointe contre l’immigration clandestine. Refusant toute posture d’adversité ou d’inimitié envers un peuple frère, le chef de l’État a rappelé que la géopolitique, loin d’être une science exacte, exige de la prudence face aux propagandistes qui cherchent à semer la zizanie entre voisins.

Intégration économique, solidarité africaine et projet Transsaharien

Rappelant la constance historique de la ligne politique algérienne, marquée par une attitude pacifique en dépit d’agressions subies au lendemain même de l’indépendance nationale, le président de la République a souligné que cette intégrité morale dérange. Cette posture de dignité s’accompagne d’une vision stratégique pour le développement du continent africain, concrétisée par des projets d’envergure internationale à l’image du Gazoduc Transsaharien (TSGP).

Loin de toute ambition hégémonique, ce projet majeur vise avant tout à désenclaver et à soutenir l’économie du Nigeria en lui permettant d’exporter son gaz vers le marché européen, tout en offrant au Niger l’opportunité d’en bénéficier selon des accords à venir. Disposant déjà d’une production gazière autonome assurant le raccordement de près de quatre-vingts-dix pour cent de sa propre population, l’Algérie œuvre pour le développement global de l’Afrique afin de la hisser aux standards européens. Cette démarche d’entraide fraternelle se traduit également sur le plan du capital humain, l’Algérie octroyant actuellement huit mille bourses d’études aux jeunes Africains destinés à former les futurs cadres du continent, scellant ainsi un partenariat durable fondé sur le savoir et l’émancipation économique.

- Advertisement -spot_img

More articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisement -spot_img

Latest article