À Oran, l’ambassadeur de l’Union européenne a plaidé pour un partenariat élargi, de l’hydrogène vert à la diversification industrielle.
C’est depuis le stand de l’Union européenne, au cœur du NAPEC 2026, que Diego Mellado Pascua, ambassadeur de l’UE en Algérie, a livré ce mardi à Oran un message sans ambiguïté : Bruxelles veut faire de l’énergie le moteur d’une relation encore plus dense avec Alger. Lors d’une conférence de presse tenue en marge de la 14e édition du Salon et de la Conférence sur l’énergie et l’hydrogène pour l’Afrique et la Méditerranée, le diplomate a déroulé une vision à la fois pragmatique et ambitieuse, rapportée dans un communiqué de l’institution européenne.
Un partenaire jugé fiable et stratégique
Le représentant européen a mis en avant l’importance que l’Union accorde à son partenariat énergétique avec l’Algérie, qu’il décrit comme un partenaire fiable, solide et stratégique. Dans un contexte où la sécurité d’approvisionnement reste une préoccupation majeure pour les Européens, ce message confirme la place de premier plan qu’occupe le pays dans les équilibres énergétiques du continent.
Mais l’ambassadeur a voulu élargir la focale. Au-delà des hydrocarbures et de la sécurité gazière, qui demeurent la base historique de la relation, il a insisté sur les perspectives qu’ouvre la transition écologique. L’UE entend approfondir la coopération et encourager les investissements dans les énergies renouvelables, afin de positionner l’Algérie comme un acteur régional de premier rang.
Solaire, éolien, hydrogène vert : les chantiers de demain
Trois axes structurent cette ambition.
Le premier concerne les énergies renouvelables. L’Europe souhaite mobiliser des capitaux pour valoriser l’important potentiel solaire et éolien du pays, parmi les plus prometteurs de la région.
Le deuxième porte sur l’hydrogène vert. Il s’agit de développer des filières d’avenir capables de répondre aux exigences de décarbonation, tant européennes qu’algériennes, et de faire de la rive sud de la Méditerranée un fournisseur d’énergie propre.
Le troisième vise le leadership industriel. L’UE se dit prête à accompagner l’Algérie vers un modèle énergétique plus diversifié et plus moderne, appuyé sur une montée en puissance technologique et financière.
Au-delà de l’énergie, l’économie réelle
L’agenda bilatéral ne s’arrête toutefois pas aux frontières du secteur énergétique. Selon l’ambassadeur, Bruxelles souhaite resserrer la coopération commerciale et faire du partenariat un levier concret pour le tissu productif local.
Cela passe d’abord par un soutien à l’industrie nationale, à travers des synergies technologiques et un transfert de savoir-faire destinés à consolider les capacités de production. Cela suppose aussi de contribuer à la diversification de l’économie algérienne, afin de réduire sa dépendance à un seul secteur et de valoriser d’autres filières porteuses. Cela implique enfin de bâtir un cadre d’investissement équilibré, fondé sur une logique gagnant-gagnant, susceptible de stimuler la croissance et l’emploi des deux côtés de la Méditerranée.
Une vision de long terme
Par ces déclarations, Diego Mellado Pascua confirme la volonté de l’Union européenne de construire un partenariat global avec l’Algérie, tourné vers les défis du XXIe siècle. Reste à voir comment ces intentions se traduiront en projets, en financements et en réalisations sur le terrain. Mais le signal envoyé depuis Oran est clair : pour Bruxelles, l’avenir énergétique et industriel de la région se construira avec l’Algérie.
S.B.



