Le nord de la wilaya de Constantine a officiellement donné, ce mardi, le ton du nouveau cycle agricole régional. C’est au cœur de la ferme pilote et durable “ Achi Idriss ”, idéalement implantée dans la commune de Beni H’midane, que le wali de Constantine, Kamel Eddine Kerbouche, accompagné du directeur des services agricoles, Badreddine Kherchi, a présidé la cérémonie inaugurale marquant le coup d’envoi officiel de la campagne de labour et de semailles pour la saison 2026-2027.
En préambule au démarrage effectif des équipements agricoles sur les parcelles, une présentation institutionnelle et technique complète a permis de passer méticuleusement en revue le bilan chiffré de la saison précédente ainsi que les orientations stratégiques retenues pour ce nouvel exercice.
La délégation officielle s’est également attardée au niveau des divers espaces d’exposition aménagés pour les partenaires clés du secteur, parmi lesquels figuraient les établissements bancaires, les instituts de formation agronomique et les coopératives spécialisées. La rencontre s’est déroulée en présence des autorités locales, des responsables d’organismes sous tutelle et de nombreux professionnels de la filière.
Objectifs de production
Pour cette nouvelle grande campagne, la wilaya de Constantine déploie une feuille de route rigoureuse afin de renforcer concrètement la sécurité alimentaire.
La superficie globale programmée pour l’emblavement s’élève à 91 000 hectares entièrement réservés aux différentes céréales d’hiver.
Dans le détail des répartitions, la culture du blé dur occupe la part prépondérante avec 62 500 hectares, suivie du blé tendre sur 19 380 hectares, de l’orge sur 6 800 hectares, de l’avoine sur 2 300 hectares et du triticale sur 20 hectares.
Afin de garantir le succès des opérations de semis dès leur entame, un volume conséquent de 123 000 quintaux de semences sélectionnées de blé a été rendu disponible, couvrant d’ores et déjà 74 % des besoins globaux de la wilaya.
Fortes d’une récolte appréciable de 1 979 826 quintaux enregistrée lors de la saison écoulée, dont plus de 1,7 million de quintaux avaient été collectés par les coopératives, les autorités prévoient cette fois-ci d’atteindre une production globale de 2 275 000 quintaux.
Cet objectif s’appuie sur un rendement moyen visé de 25 quintaux par hectare, que les acteurs entendent concrétiser par l’extension ciblée des surfaces cultivées, l’approvisionnement régulier en engrais et un respect strict du calendrier agronomique, tout en tirant parti d’une pluviométrie moyenne favorable de 500 millimètres.
Dispositifs d’accompagnement
Afin de faciliter le financement des démarches culturales et d’écarter les contraintes administratives pour les producteurs, les services compétents ont nettement accéléré le traitement des dossiers de demande du crédit sans intérêt “ Rfig ”.
A ce jour, pas moins de 1 151 dossiers ont été formellement déposés et validés par les commissions financières. Dans cette même dynamique de rapprochement des prestations administratives et bancaires auprès des exploitants, deux guichets uniques de proximité ont été spécialement ouverts dans les localités de Zighoud Youcef et d’Ain Abid.
En parallèle à ce dispositif d’accompagnement logistique et financier, les corps techniques et les ingénieurs de la direction des services agricoles poursuivent leurs actions de vulgarisation sur le terrain pour veiller à la bonne application des itinéraires culturaux.
Modèle d’exploitation
Le choix de la ferme “Achi Idriss ” pour abriter ce lancement met en lumière la réussite des exploitations mixtes durables. S’étendant sur un domaine total de 413 hectares, dont 360 hectares sont consacrés exclusivement aux céréales d’hiver, l’exploitation abrite aussi un cheptel bovin de plus de 80 têtes dédiées à la production laitière et à l’engraissement.
La visite sur site a permis au wali d’inspecter l’organisation des installations d’élevage et de s’entretenir avec les agriculteurs sur leurs attentes. Employant 30 travailleurs permanents, la ferme démontre la viabilité d’un modèle conjuguant grandes cultures et production animale.
Pour conclure l’événement, un hommage chaleureux a été rendu à la famille agricole, rappelant que l’engagement des acteurs locaux demeure le pilier de la souveraineté alimentaire.
S.M



