Plus d’un million de km² de parcs culturels abritent peintures et gravures rupestres. Du 20 au 24 octobre, le Tassili n’Ajjer accueille la première édition du « Festival international de l’art rupestre d’Algérie », avec l’ambition de faire des participants des ambassadeurs de cet art rare.
Organisé par le ministère de la Culture et des Arts, en collaboration avec les organismes dédiés à la préservation du patrimoine saharien, l’événement veut offrir une plateforme d’échange entre experts, chercheurs et artistes algériens et étrangers. Il s’agit de favoriser le partage d’expériences et de faire découvrir les techniques les plus récentes de préservation et de valorisation de l’art rupestre.
« Nous disposons de plus d’un million de km² de parcs culturels et nous aspirons à ce que les participants deviennent des ambassadeurs de cet art rare », a résumé la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, à l’ouverture. Elle a rappelé que l’Algérie compte cinq parcs culturels, un sixième, celui des Aurès, étant en cours de création. Tous abritent des peintures et gravures rupestres qui témoignent de multiples étapes historiques et civilisationnelles. Par ces échanges, l’Algérie entend affirmer sa position et porter cet art à l’échelle mondiale.
Le commissaire du festival, Abdellah Bougandoura, a insisté sur l’échange avec les pays possédant un patrimoine similaire. L’Algérie plaidera, selon lui, pour la valorisation et la réhabilitation de ce patrimoine matériel et archéologique, avec pour horizon une feuille de route internationale de préservation de la mémoire du Sahara.
Les invités ont déjà eu un aperçu de ces richesses grâce à une exposition consacrée à la cité légendaire de « Sefar », qui abrite des milliers de peintures rupestres, dont celle du « Grand Dieu ». Y figurent aussi la célèbre « Vache qui pleure » de la région de Ti-n-Tazareft (Tigharghart), ainsi que des outils en pierre et des parures traditionnelles, preuves de l’ancienneté du patrimoine saharien.
Un laboratoire à ciel ouvert
Le Tassili N’Ajjer, déjà inscrit au patrimoine de l’Unesco, constitue un véritable laboratoire de recherche à ciel ouvert, où archéologues et spécialistes s’interrogent depuis des décennies sur l’histoire, la civilisation et l’anthropologie de ceux qui ont gravé la roche et bâti avec la pierre. Son patrimoine va des gravures rupestres aux arbres pétrifiés, en passant par les traces de dinosaures, la « ville secrète » du désert, sorte de cité interdite, les grottes taillées dans la montagne et une large variété d’armes de chasse et d’ustensiles, au gré des découvertes. Autant de vestiges qui gagneraient à être valorisés et protégés des prédateurs comme des aléas naturels.
Et le Tassili n’est qu’un échantillon : les fouilles menées ailleurs, jusque dans les Hauts Plateaux et le Tell, mettent au jour systèmes de drainage et d’irrigation, cités antiques disparues, formes de construction inédites et réseau routier doté de viaducs en pierre. L’Algérie y trouve le témoignage d’une civilisation millénaire et un immense champ pour la recherche scientifique, utile à la compréhension de l’évolution de l’humanité.
L.R.



