L’économiste et professeur à l’Université d’Alger, le Dr Houari Tigressi, a salué les conclusions de la réunion du Conseil des ministres tenue mardi sous la présidence du chef de l’État, M. Abdelmadjid Tebboune, estimant que les décisions adoptées, notamment celles relatives aux programmes de développement dans les wilayas du Sud et dans certaines régions accusant un retard structurel, constituent une avancée majeure vers un développement territorial équilibré et une répartition plus équitable des richesses nationales.
Intervenant ce mercredi dans l’émission « Invité du matin » sur la Chaîne 1 de la Radio nationale, le Dr Tigressi a souligné que le communiqué du Conseil des ministres reflète clairement les grandes priorités des plus hautes autorités du pays à l’aube de l’année 2026. Parmi celles-ci figurent la préservation de la stabilité sociale à travers la maîtrise des prix, aussi bien durant le mois de Ramadhan que tout au long de l’année, le renforcement des investissements dans les infrastructures stratégiques, en particulier dans le secteur de l’eau au niveau du Grand Sud, ainsi que l’amélioration de la gouvernance et de la gestion des affaires publiques, avec pour objectif de transformer les projets de développement en réalisations productives et efficaces.
Selon l’intervenant, l’accent mis sur l’approvisionnement du marché national à l’approche du mois de Ramadhan ne relève pas uniquement d’une démarche sociale, mais s’inscrit dans une vision stratégique globale relevant de la politique nationale de sécurité alimentaire. Cette dernière vise à garantir l’abondance des produits, à prévenir toute pénurie et à éviter les perturbations dans les circuits de distribution, afin d’assurer la sérénité des citoyens durant ce mois sacré, grâce à la disponibilité continue des produits agricoles et d’origine animale.
Le Dr Tigressi a ajouté que le président de la République a affiché une ferme volonté d’assurer la disponibilité de l’ensemble des produits de large consommation, soulignant que cette approche contribue directement à la stabilité des prix et à la lutte contre la spéculation. Il a estimé que l’intervention anticipée de l’État constitue un levier essentiel pour la protection du pouvoir d’achat et envoie des signaux rassurants tant aux marchés qu’aux citoyens.
La sécurité hydrique, une priorité stratégique dans le Grand Sud
S’agissant du secteur de l’eau, le professeur d’économie a indiqué que la saison des pluies actuelle s’est révélée meilleure que celles des années précédentes, ce qui a permis une hausse notable du niveau de plusieurs barrages à travers le pays. Toutefois, a-t-il précisé, le véritable défi réside désormais dans l’optimisation de l’exploitation de ces ressources, à travers l’amélioration des capacités de stockage et la rationalisation de la consommation de l’eau potable et d’irrigation tout au long de l’année.
Dans ce contexte, le Dr Tigressi a mis en avant l’expérience algérienne en matière de dessalement de l’eau de mer, qu’il a qualifiée de réussie et prometteuse. Selon lui, cette orientation stratégique jette les bases d’une sécurité hydrique durable, notamment dans les grandes agglomérations côtières caractérisées par une forte densité démographique. Il a rappelé la mise en service de cinq nouvelles stations de dessalement, chacune dotée d’une capacité de production quotidienne estimée à 300 000 mètres cubes, considérant que cette réalisation constitue un pilier fondamental de la sécurité hydrique nationale, en particulier dans les régions occidentales du pays qui ont souffert d’un déficit pluviométrique persistant au cours des deux dernières décennies.
Dans le même sillage, l’universitaire a salué la décision du président de la République de généraliser cette expérience à l’ensemble du territoire national, en particulier aux wilayas du Sud, à travers le lancement de projets de stations de dessalement à Tamanrasset et Tindouf. Une initiative qu’il juge stratégique pour répondre aux besoins actuels et futurs des populations locales.
Il a également estimé que l’investissement dans ce type de projets structurants permettra de réduire la dépendance aux nappes phréatiques, de créer une nouvelle dynamique économique et industrielle, tout en générant de nombreux emplois, contribuant ainsi à la stabilisation des populations et au renforcement de la sécurité nationale.
Les programmes de développement complémentaires, un outil de rattrapage et de réduction des disparités
Par ailleurs, le Dr Tigressi a indiqué que les programmes de développement complémentaires destinés aux wilayas les moins développées commencent à produire des résultats concrets, notamment dans les wilayas de Djelfa, Khenchela, Tindouf et Tissemsilt. Il a précisé que cette dernière a connu des transformations notables au cours des dernières années, après avoir longtemps souffert de marginalisation, grâce à la réalisation de projets touchant aux infrastructures, au logement et aux services publics.
Enfin, il a salué la généralisation de ces programmes de développement au profit des nouvelles wilayas issues du dernier découpage administratif, estimant que cette démarche traduit une volonté politique affirmée de promouvoir un développement global, équilibré et inclusif à travers l’ensemble du territoire national, dans l’objectif d’améliorer durablement le cadre de vie des citoyens et de renforcer la confiance entre l’État et la société.
L.R.



