Une conférence sur la lutte contre la corruption a été organisée mercredi à Alger par le HCI et la HATPLC, autour du thème : «Le rôle des valeurs dans l’orientation du comportement public et la consolidation de la citoyenneté». L’événement a mis en avant l’importance des valeurs éthiques et morales, tant à l’échelle individuelle qu’institutionnelle, pour consolider la citoyenneté et favoriser un comportement public intègre.
Pour Salima Mousserati, présidente de la HATPLC (Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption), la bonne gouvernance exige «certaine éthique et une moralisation de la vie publique». Elle a rappelé que la lutte contre la corruption n’est plus une simple question procédurale ou juridique, mais un projet sociétal intégré, impliquant institutions publiques, acteurs économiques et privés, société civile et médias. « Ce colloque reflète une conscience profonde de la nécessité de lier la dimension éthique aux exigences de la bonne gouvernance et de l’édification d’un État juste», insiste-t-elle.
La stratégie nationale de transparence et de lutte contre la corruption, a expliqué Mousserati, s’articule autour de plusieurs objectifs : renforcer la transparence dans le secteur public, promouvoir l’intégrité et la responsabilité, et encourager la participation active de la société civile et des médias. Elle vise également à améliorer l’environnement des affaires et à créer un climat d’investissement sain, fondé sur l’égalité, l’équité et la concurrence loyale, au service du développement durable.
La prévention passe aussi par l’éducation. L’HATPLC promeut une culture de rejet de la corruption dès le plus jeune âge, en intégrant des contenus pédagogiques sur l’intégrité et la citoyenneté dans les programmes scolaires. La sensibilisation des jeunes, par des formations et programmes dédiés, mobilise également les secteurs de la jeunesse, des sports et de l’enseignement supérieur. Dans ce cadre, le Conseil supérieur de la jeunesse et l’Observatoire national de la société civile ont participé à l’élaboration d’un plan d’action commun incluant un guide de bonnes pratiques et des codes de conduite adaptés à chaque secteur.
La HATPLC collabore aussi avec l’Enseignement supérieur pour proposer un master pluridisciplinaire sur la corruption, abordant ses dimensions juridique, managériale, économique et sociale, afin de former des spécialistes capables de traiter scientifiquement ce phénomène complexe. Par ailleurs, dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre la corruption, le prêche du vendredi sera unifié dans toutes les mosquées pour sensibiliser la population aux dangers de ce fléau.
Mabrouk Zeid El-Kheir, président du HCI, a souligné l’importance de cette approche éthique et morale dans la moralisation de la vie publique. Il rappelle que la législation islamique encadre ces questions et que la prospérité de la nation dépend de la vigilance des consciences et de la rectitude des comportements. Le professeur Saïd Bouizeri note, quant à lui, que l’arsenal juridique algérien comprend 450 textes visant à promouvoir l’intégrité, la transparence et la responsabilité et à lutter contre toutes les formes de corruption. Hamza Khadri, spécialiste du droit des marchés publics, insiste sur l’application concrète de ces valeurs dans l’octroi des marchés publics pour garantir la qualité du service public et protéger les fonds publics.
Cette conférence illustre la volonté des autorités de faire de la lutte contre la corruption une mission collective, fondée sur des valeurs partagées, impliquant l’ensemble de la société pour bâtir un État plus juste et transparent.



