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mercredi 18 mars 2026

Mine de zinc d’Oued Amizour : Un géant entre en scène

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Avec le lancement officiel de l’exploitation de la mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, l’Algérie franchit une nouvelle étape dans la valorisation de ses ressources minières. Porté au plus haut niveau de l’État, ce projet structurant conjugue enjeux économiques, industriels et environnementaux, tout en s’inscrivant dans une stratégie de diversification visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures.

Un lancement officiel à forte portée stratégique

Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre Sifi Ghrieb a procédé, mardi, au lancement officiel de l’exploitation de la mine située entre les communes d’Amizour et de Tala Hamza.

La cérémonie s’est tenue au village d’Aït Bouzid, en présence d’une importante délégation ministérielle, comprenant notamment Mohamed Arkab, Saïd Sadi, Abdelkrim Bouzred et Mourad Adjal.

Sur place, les autorités ont suivi plusieurs présentations détaillées portant sur les caractéristiques du gisement, les infrastructures d’accompagnement et les retombées attendues de ce projet d’envergure, piloté par la société mixte Bejaia Zinc and Lead, en partenariat avec la Sonarem.

Un gisement d’envergure mondiale

La mine d’Oued Amizour est considérée comme l’un des gisements les plus importants à l’échelle internationale. Exploitée par voie souterraine, elle repose sur un procédé consistant à extraire le minerai brut avant de le traiter pour en augmenter significativement la concentration.

Ainsi, le taux de zinc ou de plomb passe d’un niveau initial d’environ 4 % pour le zinc et moins de 1,5 % pour le plomb à près de 60 % après traitement, traduisant une forte valeur ajoutée industrielle.

Les capacités de production annoncées traduisent l’envergure industrielle du projet, avec une extraction annuelle estimée à 170 000 tonnes de zincet30 000 tonnes de plomb.

Une telle production est appelée à répondre en priorité aux besoins de l’industrie nationale, tout en permettant de dégager des excédents destinés à l’exportation, renforçant ainsi la présence de l’Algérie sur les marchés internationaux des métaux.

Des infrastructures intégrées pour soutenir l’exploitation

Le développement de la mine s’accompagne d’un important dispositif d’infrastructures. Un projet routier stratégique est prévu pour relier le site minier à l’autoroute, au niveau du point kilométrique 13 dans la commune de Tala Hamza, afin de fluidifier le transport des matériaux et des marchandises.

Sur le plan énergétique, la mine sera raccordée aux réseaux électrique et gazier, avec la réalisation d’une ligne de 60 kilovolts à partir de la station de transformation d’El Kseur.

Le Port de Béjaïa jouera également un rôle central, avec la mise à disposition de zones de stockage et d’équipements dédiés au traitement et à l’exportation des minerais.

Une gestion environnementale encadrée

Les autorités mettent en avant un dispositif environnemental structuré, visant à limiter l’impact du projet. La superficie occupée par la mine représente moins de 2 % du bassin versant de la région, réduisant ainsi les effets sur les ressources hydriques et les activités agricoles.

Par ailleurs, le projet intègre un ensemble de mesures techniques visant à encadrer son impact environnemental. Celles-ci portent notamment sur la réutilisation des déchets miniers, qui seront mélangés à du ciment afin de remblayer les cavités souterraines, contribuant ainsi à la stabilité des galeries.

Elles incluent également la mise en place de systèmes avancés de gestion de l’eau et des déchets, ainsi que la réalisation, à moyen terme, d’une station de traitement des eaux, destinée à garantir un contrôle rigoureux des rejets et à préserver les ressources hydriques de la région.

Une approche progressive est également adoptée pour la gestion des eaux extraites, temporairement stockées et réutilisées dans les phases initiales du projet.

Un projet structuré sur le long terme

Selon l’expert Mustapha Mekidèche, ce projet est le fruit d’une préparation de longue haleine, entamée plusieurs années auparavant. Les contrats ont été signés en mars 2024 avec des partenaires australiens pour l’exploitation et chinois pour la réalisation des infrastructures.

Avec des réserves estimées à 34 millions de tonnes, l’exploitation est envisagée sur une durée d’environ vingt ans, organisée en trois phases, à savoir la réalisation des infrastructures, l’exploitation, et la réhabilitation du site.

La phase de remise en état, intégrée dès la conception du projet, vise à limiter durablement les impacts environnementaux.

Un levier de diversification économique

Au-delà de sa dimension industrielle, la mine d’Oued Amizour s’inscrit dans une stratégie nationale de diversification économique. Elle devrait contribuer à augmenter les revenus du pays, valoriser le potentiel minier national, et réduire la dépendance aux hydrocarbures.

Pour Mustapha Mekidèche, ce projet constitue un levier stratégique pour renforcer la position de l’Algérie sur le marché international des ressources minières, dans un contexte de raréfaction des matières premières.

Des retombées locales et régionales attendues

À l’échelle locale, le projet devrait générer une dynamique économique significative. Il est appelé à favoriser la création d’emplois directs et indirects, le développement d’un tissu économique autour de la mine, et le désenclavement de la région grâce aux nouvelles infrastructures.

La dimension humaine n’est pas en reste, avec la formation annoncée de jeunes Algériens aux métiers miniers et aux technologies associées.

Vers une nouvelle ère pour le secteur minier

À travers le lancement de la mine d’Oued Amizour, l’Algérie amorce une nouvelle phase dans la valorisation de ses ressources naturelles. Entre ambition industrielle, exigences environnementales et ouverture à l’investissement, ce projet illustre la volonté des pouvoirs publics de faire du secteur minier un pilier du développement économique à long terme.

Dans cette perspective, la Sonarem est appelée à jouer un rôle croissant, potentiellement comparable à celui de Sonatrach dans le domaine des hydrocarbures, y compris à l’international.

L.R.

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