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dimanche 29 mars 2026

Le FLN chamboule son BP, le FFS, le RND et le PT sondent leurs bases  

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La vie politique s’est emballée ce week-end avec la tenue de plusieurs rencontres. Cette effervescence s’explique par la proximité du rendez-vous électoral de juin prochain qui déterminera les futurs députés de la Nation. Dans cette optique, le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Abdelkrim Benmabrouk, a procédé ce samedi à une modification de la composition du bureau politique (BP)du parti, une décision qui n’était pas attendue lors de la session du comité central tenue à l’École nationale d’hôtellerie d’Aïn Benian, à l’ouest d’Alger.

Cette réorganisation marque l’arrivée de neuf nouvelles figures parmi les douze membres proposés. La nouvelle liste comprend : Amed Mustapha, Issam Kada, Fayçal Guemaz, Abderrahmane Soualmi, Asma Khadidja Bendjerma, Messaoud Chihoub, Hamid Boucharef, Mohamed Saoudi, Farida Kadi Delikh, Hamid Malki, Zouleikha Mekki et Hocine Amari.

La composition du bureau politique a été soumise aux membres du comité central pour approbation. Toutefois, la répartition précise des responsabilités entre les différents membres n’a pas encore été annoncée. Selon toute vraisemblance, elle sera déterminée ultérieurement, une fois la liste définitivement validée.

Dans son intervention, le secrétaire général a expliqué que cette nouvelle configuration vise à insuffler un nouvel élan aux structures du parti. Il a souligné que l’objectif est de renforcer la dynamique organisationnelle et politique du FLN, afin d’améliorer ses performances et de lui permettre de mieux répondre aux défis actuels, tout en se préparant sérieusement aux échéances politiques à venir.

Abdelkrim Benmabrouk a également tenu à adresser ses remerciements aux membres du bureau politique dont les fonctions ont pris fin, saluant les efforts qu’ils ont déployés et les services rendus au parti au cours de leur mandat.

Il a insisté sur le fait que ces changements ne doivent en aucun cas être interprétés comme une remise en cause de leur valeur ou de leur contribution. Selon lui, ce renouvellement répond avant tout aux exigences de la phase actuelle, qui impose un processus de modernisation interne et l’injection de nouvelles compétences au sein des instances dirigeantes du parti.

L’abstention électorale au cœur des critiques du FFS

De son côté, le Front des forces socialistes (FFS) a estimé que le maintien de l’obligation de collecte de signatures dans le processus électoral, dans un contexte marqué par une abstention généralisée, ne peut qu’accentuer l’éloignement des citoyens de la vie politique. Selon le parti, cette condition traduit également une volonté implicite de préserver le statu quo et de reconduire les mêmes élites et représentations jugées formelles, souvent dépourvues d’audace, d’idées nouvelles et de projets politiques crédibles.

Ces critiques ont été formulées à l’approche des prochaines élections législatives et locales par le premier secrétaire national du parti, Youcef Aouchiche, lors d’une rencontre nationale d’évaluation réunissant les commissions fédérales du parti.

Dans son intervention, Aouchiche a énuméré plusieurs obstacles qui, selon lui, entravent le bon déroulement du processus électoral. Il a notamment évoqué un déséquilibre dans la couverture médiatique et un biais marqué de certains médias dans le traitement des activités partisanes. Une situation qui, selon lui, soulève de sérieuses interrogations quant à l’égalité des chances entre les formations politiques et quant au rôle de l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel. Pour le FFS, ces éléments laissent craindre un processus électoral inéquitable avant même son lancement.

Le parti considère que ces pratiques rappellent des méthodes rejetées clairement par les Algériens lors du Hirak algérien. Elles alimentent également des doutes sur la sincérité des promesses de réformes et sur la volonté réelle d’engager un processus de changement profond.

Malgré ces réserves, le FFS affirme avoir choisi de participer aux prochaines échéances électorales. Ce choix, explique Aouchiche, repose sur une conviction forte : celle de la nécessité de redonner sens à l’action politique, de reconquérir les espaces démocratiques et de porter les aspirations et les attentes des citoyens.

Dans un ton résolument combatif, le responsable politique a déclaré que son parti œuvrera, malgré les contraintes, à élargir sa présence à travers l’ensemble du territoire national ainsi qu’au sein de la diaspora algérienne à l’étranger. L’objectif est de construire, là où subsiste l’espoir de changement, des alternatives politiques capables de traduire fidèlement les aspirations des citoyens.

Aouchiche a également affirmé vouloir bâtir une présence nationale inclusive reflétant la diversité et la richesse de la société algérienne. Le projet politique du FFS, a-t-il rappelé, s’articule autour de la construction d’un État de droit, de la promotion de la justice sociale, de l’édification d’une économie productive et indépendante, et d’une société fondée sur la dignité et l’égalité. Il s’agit également de garantir le droit du citoyen à être un acteur de la vie publique et non un simple spectateur, tout en consolidant la légitimité démocratique des institutions et en s’affranchissant de la dépendance à l’économie de rente.

Revenant sur la signification du rendez-vous électoral, Aouchiche a souligné que les élections ne constituent pas une finalité en soi. Elles représentent plutôt, selon lui, un moment décisif pour reprendre la parole, refuser la confiscation de la volonté populaire et redessiner les contours de l’avenir.

Il a insisté sur le fait que les prochaines échéances doivent devenir une véritable opportunité pour réhabiliter l’action politique, et non un simple exercice destiné à embellir une façade démocratique dépourvue de sens. Pour le responsable du FFS, la crédibilité et la réussite du scrutin dépendront largement des conditions dans lesquelles il sera organisé, notamment en matière de transparence, d’équité et de confiance.

Selon lui, la participation politique ne peut réellement refléter la volonté populaire que si certaines garanties fondamentales sont respectées : la liberté d’expression, la protection du choix des électeurs et le respect des règles d’une compétition électorale équitable.

Le véritable enjeu, estime Aouchiche, demeure toutefois la prise de conscience des citoyens et leur engagement dans la vie publique. Il a ainsi appelé à briser le mur de l’indifférence, à encourager une participation active et à contribuer à raviver l’espoir démocratique.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle a par ailleurs replacé ces échéances dans un contexte international marqué par de profondes transformations. Selon lui, l’humanité traverse une période charnière caractérisée par une recomposition des rapports de force mondiaux, où la logique de puissance tend à s’imposer progressivement dans la gestion des relations internationales.

Dans ce contexte, le véritable défi pour l’Algérie consiste, selon Aouchiche, à bâtir une véritable immunité nationale. Celle-ci passe par un engagement populaire accru, le renforcement de la souveraineté nationale, l’ouverture politique et la consolidation d’une unité nationale fondée sur la diversité et non sur l’exclusion. Une telle immunité, a-t-il insisté, ne peut être construite par de simples slogans ni imposée par des décisions venues d’en haut ; elle repose avant tout sur une relation solide entre l’État et la société, fondée sur la confiance et la crédibilité.

C’est pourquoi il a appelé à une révision profonde des politiques et des approches actuelles afin de restaurer l’espoir et la confiance au sein de la société, mais également entre les citoyens et les institutions de l’État.

Bouden : le parti a définitivement rompu avec l’ère du « parti de l’administration »

A Skikda, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Moundir Bouden, a affirmé vendredi que la présence militaire étrangère ne constitue pas nécessairement une garantie de protection pour les États. Il s’est appuyé, pour étayer son propos, sur l’exemple des bases militaires américaines installées dans plusieurs pays du Golfe, dans le contexte de la guerre en cours au Moyen-Orient.

S’exprimant lors d’un meeting populaire organisé dans la ville d’El-Kala, dans la wilaya de Skikda, Bouden a déclaré que certains pays de la région étaient, perçus comme des modèles auxquels d’autres nations aspiraient à ressembler. Toutefois, a-t-il expliqué, l’expérience actuelle montre que l’accueil de bases militaires étrangères ne signifie pas forcément bénéficier d’une protection réelle face aux menaces sécuritaires.

Le dirigeant du RND a rappelé que l’Algérie demeure solidaire des pays arabes, dans la ligne de la position défendue par le président Abdelmadjid Tebboune. Il a insisté sur le fait que l’Algérie rejette toute agression visant un pays arabe et privilégie, dans sa politique extérieure, une approche fondée sur la neutralité vis-à-vis des conflits régionaux. Selon lui, cette orientation reflète la pertinence de la diplomatie algérienne, qui cherche à se tenir à l’écart des affrontements extérieurs tout en favorisant les initiatives de médiation et les solutions pacifiques fondées sur le dialogue.

Abordant ensuite la question de la révision technique de la Constitution, Bouden a estimé que cette démarche traduit le courage politique du président Tebboune. Selon lui, cette initiative vise à corriger certaines imperfections relevées dans la Constitution adoptée en 2020, afin de garantir la cohérence et la solidité du processus constitutionnel.

Le responsable politique a également évoqué l’évolution interne du RND, affirmant que le parti a définitivement rompu avec l’ère du « parti de l’administration ». Il a insisté sur la nécessité d’engager une transformation profonde de la formation politique afin de consacrer un fonctionnement qui reflète réellement un « parti du peuple », davantage ancré dans la société.

Dans le même contexte, Bouden a rappelé les positions adoptées par son parti face aux récentes crises touchant plusieurs secteurs stratégiques. Il a notamment évoqué la question de la grève des transporteurs, soulignant l’importance d’apporter des réponses responsables aux préoccupations sociales et économiques liées à ces mouvements.

Louisa Hanoune mobilise les militants du PT à Alger en vue des prochaines élections

D’autre part, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a présidé samedi à Alger une rencontre avec les militants du bureau de la wilaya du parti. Cette réunion a été consacrée principalement à la préparation de la participation du PT aux prochaines échéances électorales.

Lors de son intervention, Louisa Hanoune a présenté un état des lieux des préparatifs en cours en vue des élections législatives et locales à venir. Elle a indiqué, à ce titre, que le bureau politique du parti tiendra une réunion à la fin de la semaine prochaine afin d’évaluer la situation politique et organisationnelle. Cette rencontre devra également permettre d’examiner le plan d’action pour la prochaine étape, notamment en ce qui concerne l’organisation et la préparation des échéances électorales.

La dirigeante du PT a souligné l’importance, pour son parti, de prendre part à ces scrutins. Selon elle, la participation politique constitue un levier essentiel pour contribuer au renforcement du front intérieur, dans un contexte international marqué par des transformations et des tensions croissantes.

Louisa Hanoune a également évoqué la question du projet de loi relatif aux partis politiques. Elle a estimé que ce texte a connu une amélioration notable au cours de son processus d’élaboration. À ce propos, elle a salué la prise en considération d’un certain nombre de propositions formulées par les formations politiques, lesquelles ont été intégrées dans la version du projet de loi actuellement en discussion.

S.B.

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