Le ministère de l’Éducation nationale engage une réforme structurelle de l’organisation du système scolaire, marquée notamment par le transfert de la gestion des écoles primaires des Assemblées populaires communales (APC) vers l’administration centrale de l’éducation. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser la gouvernance des établissements, renforcer l’encadrement pédagogique et améliorer la qualité du service public éducatif.
Une réforme pour renforcer la cohérence du système éducatif
L’une des décisions majeures annoncées concerne ainsi la reprise par le ministère de l’Éducation nationale de la gestion des écoles primaires, jusque-là assurée par les APC. Selon les responsables du secteur, cette réforme vise à instaurer une meilleure cohérence dans l’administration des établissements, à harmoniser les procédures de gestion et à renforcer l’efficacité globale du système éducatif.
Le projet, déjà bien avancé, fait l’objet d’un travail approfondi mené par un groupe chargé d’en définir les modalités pratiques et organisationnelles. L’objectif est de garantir une gouvernance plus intégrée de l’enseignement, permettant au ministère d’exercer directement la supervision des établissements du premier cycle.
Cette orientation s’inscrit dans une vision globale qui place au cœur de la stratégie du secteur plusieurs axes structurants : le renforcement de l’encadrement administratif et pédagogique, la modernisation de la gestion des établissements scolaires et la promotion du sport et de la santé en milieu scolaire.
Plus de 600 directeurs réunis à Oran
C’est dans ce contexte que le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Sadaoui, a présidé samedi à Oran les travaux de la Conférence nationale des directeurs d’établissements éducatifs. Placée sous le thème « Un leadership éducatif efficace : discipline administrative, performance pédagogique remarquable et innovation renouvelée », la rencontre s’est tenue à la salle de conférences de la Faculté de médecine de l’Université d’Oran.
L’événement, retransmis également par visioconférence, a réuni plus de 600 directeurs d’établissements représentant les trois cycles de l’enseignement. Cette rencontre constitue un espace d’échanges et de réflexion destiné à consolider les pratiques de leadership au sein des établissements scolaires et à améliorer la gestion administrative et pédagogique du système éducatif.
Les ressources humaines au cœur de la stratégie
Dans son intervention, le ministre a tenu à saluer la qualité des ressources humaines du secteur de l’éducation, qu’il considère comme le fondement même de la stabilité et de la performance du système éducatif.
S’adressant particulièrement aux directeurs d’établissements, notamment ceux du cycle primaire, Mohamed Seghir Sadaoui a souligné la nature exigeante et sensible de leur mission. Il a insisté sur le rôle central qu’ils jouent dans la gestion quotidienne des établissements et dans l’accompagnement pédagogique des équipes éducatives, tout en reconnaissant les difficultés auxquelles ils sont confrontés sur le terrain.
Selon lui, le véritable investissement dans l’éducation repose avant tout sur le capital humain. À ce titre, les directeurs d’établissements représentent un maillon essentiel du dispositif éducatif, chargé de garantir à la fois la discipline administrative, la qualité pédagogique et la bonne organisation des structures scolaires.
Une feuille de route pour lever les obstacles
Le ministre a également assuré que les contraintes et les difficultés signalées par les responsables d’établissements seront prises en compte dans le cadre d’une feuille de route qui sera appliquée à l’ensemble des établissements scolaires du pays.
Il a affirmé que les moyens nécessaires seront mobilisés afin de permettre aux directeurs d’exercer leurs fonctions dans des conditions optimales. Cette démarche vise à renforcer l’efficacité de la gestion des établissements et à améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage.
Mohamed Seghir Sadaoui a par ailleurs évoqué l’attention particulière accordée au secteur de l’éducation par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, soulignant l’importance stratégique que représente l’école dans la construction des générations futures et dans le développement du pays.
Une coordination directe entre les acteurs du système éducatif
Au cœur de son intervention, le ministre a insisté sur la nécessité d’instaurer une véritable synergie entre les différents acteurs du système éducatif. Cette coopération repose, selon lui, sur une coordination fluide et efficace entre les directeurs de l’éducation, les services administratifs et les chefs d’établissements.
Dans ce cadre, Mohamed Seghir Sadaoui a tenu à rappeler un principe qu’il considère essentiel : les directeurs d’établissements doivent pouvoir communiquer directement avec les directeurs de l’éducation de wilaya, sans passer par des intermédiaires. Il a estimé que toute pratique contraire à cette règle est inacceptable et constitue un frein à la bonne gestion du système.
Vers une gestion éducative modernisée
Le ministre a également estimé que le modèle classique de gestion des établissements scolaires appartient désormais au passé. Il a plaidé pour l’adoption d’une approche moderne fondée sur la planification stratégique, la participation collective et l’innovation dans les méthodes de gestion.
Dans cette perspective, l’établissement scolaire doit évoluer pour devenir une entité dynamique, capable de s’adapter à son environnement, de prendre des décisions pertinentes et de s’inscrire dans une logique d’ouverture et d’innovation.
Cette transformation vise à renforcer l’autonomie et la capacité d’initiative des établissements tout en améliorant leur performance pédagogique.
Renforcement de l’encadrement et nouvelles infrastructures
Le ministre a également évoqué les efforts entrepris pour renforcer l’encadrement du secteur, notamment à travers la réception progressive de nouvelles infrastructures scolaires. Ces réalisations doivent permettre de répondre à l’augmentation continue du nombre d’élèves et d’améliorer les conditions de scolarisation.
Parallèlement, la mobilisation de personnels qualifiés demeure une priorité afin d’assurer un encadrement pédagogique adéquat et de garantir la qualité de l’enseignement dispensé.
Le sport et la santé scolaires comme piliers éducatifs
Dans le prolongement de ces orientations, Mohamed Seghir Sadaoui a mis en avant l’importance du sport et de la santé en milieu scolaire, considérés comme des composantes essentielles de la formation globale de l’élève.
Au-delà de l’apprentissage académique, ces activités contribuent à l’épanouissement des élèves et à la transmission de valeurs fondamentales telles que la discipline, la solidarité et l’esprit de dépassement de soi.
Former les générations futures
À travers l’ensemble de ces mesures, le ministère de l’Éducation nationale ambitionne de renforcer la qualité du système éducatif et de préparer les générations futures sur des bases solides. « Nous œuvrons à la concrétisation réelle de tous ces axes afin de former les générations futures sur des bases solides, fondées sur le savoir et l’amour de la patrie », a conclu le ministre.
L.R.



