Avec 11 biens culturels inscrits sur les listes de l’Unesco, l’Algérie consolide sa présence sur la scène patrimoniale mondiale. Entre valorisation de son héritage ancestral et défense de son identité culturelle, le pays poursuit ses efforts pour faire reconnaître et protéger ses richesses matérielles et immatérielles.
L’Algérie poursuit avec détermination son offensive diplomatique et culturelle au sein de UNESCO afin de protéger et valoriser son patrimoine national. C’est ce qu’a affirmé la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, soulignant une stratégie articulée autour de la reconnaissance internationale et de la défense des éléments identitaires du pays.
S’exprimant sur les ondes de la radio nationale, la ministre a mis en lumière la richesse et la diversité du patrimoine algérien, qui englobe à la fois des sites naturels et archéologiques d’exception, ainsi qu’un héritage immatériel constitué de traditions, de savoir-faire et de pratiques ancestrales transmises de génération en génération.
Au fil des années, l’Algérie a réussi à inscrire plusieurs éléments majeurs de son patrimoine sur les listes de l’Unesco. Parmi les plus emblématiques figure l’Ahellil du Gourara, reconnu dès 2008, ou encore les rites et savoir-faire liés au costume nuptial de Tlemcen, inscrits en 2012.
D’autres éléments ont suivi, à l’image du pèlerinage au mausolée de Sidi Cheikh en 2013, ou encore des pratiques liées à l’Imzad, instrument ancestral porté par les femmes touarègues. La même année, la célèbre cérémonie de la Sebeïba, organisée dans la région de Djanet, a également rejoint la liste représentative du patrimoine immatériel de l’humanité.
Plus récemment, l’Algérie a obtenu l’inscription de nouveaux éléments, dont les savoirs liés aux systèmes d’irrigation traditionnels des foggaras du Touat-Tidikelt, ainsi que le Couscous en 2020, partagé avec plusieurs pays, la calligraphie arabe en 2021 et le chant raï.
Au total, le pays compte aujourd’hui 11 biens culturels inscrits, un bilan que les autorités entendent renforcer davantage.
Une lutte pour la reconnaissance et la souveraineté culturelle
Au-delà de la simple inscription, cette démarche s’inscrit dans une logique de protection face aux tentatives d’appropriation de certains éléments du patrimoine national. La ministre a ainsi évoqué, sans les nommer explicitement, les convoitises de certains pays voisins sur des éléments culturels algériens.
Dans ce contexte, l’Algérie affirme sa volonté de défendre son héritage avec fermeté, en s’appuyant sur les mécanismes internationaux de reconnaissance et de classement.
Loin de se limiter aux acquis actuels, le ministère de la Culture prépare activement de nouveaux dossiers à soumettre à l’Unesco. À l’occasion de l’ouverture du Mois du patrimoine, célébré du 18 avril au 18 mai, plusieurs projets ont été annoncés.
Parmi les éléments concernés figurent les itinéraires augustiniens, les mausolées royaux, ainsi que des expressions culturelles et artisanales telles que la blouse traditionnelle, le chant des meddahates et l’art du zellige. D’autres savoirs liés à la poterie, aux jeux traditionnels ou encore aux systèmes d’irrigation ancestraux sont également en cours de valorisation.
À travers cette dynamique, l’Algérie ne se contente pas de préserver son patrimoine : elle cherche à affirmer son identité culturelle sur la scène internationale. Dans un monde marqué par la mondialisation et les rivalités symboliques, la reconnaissance par l’Unesco devient un levier stratégique de rayonnement et de souveraineté.
L.R.



