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mercredi 22 avril 2026

Filière tomate : Cinq leviers pour réguler le marché

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Face à la hausse sensible des prix de la tomate en Algérie, les pouvoirs publics accélèrent la mise en place d’une série de réformes structurelles destinées à stabiliser le marché et à renforcer une filière jugée stratégique pour l’économie agricole nationale.

Le ministre de l’Agriculture, Yacine Oualid, a annoncé un plan articulé autour de cinq mesures phares. Il s’agit d’abord de l’élaboration d’un nouveau cadre réglementaire facilitant l’obtention de la carte d’agriculteur, afin de mieux organiser et formaliser l’activité des producteurs. Ensuite, les autorités souhaitent encourager la création de coopératives agricoles pour renforcer le pouvoir de négociation et de commercialisation des professionnels.

Le troisième axe concerne le développement de la production locale de semences hybrides, dans le but de réduire la dépendance aux intrants importés et d’améliorer la productivité. Le quatrième point porte sur la mise en place de mécanismes de financement et d’assurance adaptés aux spécificités de la filière maraîchère, souvent exposée aux aléas climatiques et aux fluctuations du marché. Enfin, le cinquième levier prévoit la mise à disposition de zones industrielles dédiées à la transformation agricole, via l’Agence nationale de la promotion de l’investissement, afin de renforcer la chaîne de valeur et limiter les pertes post-récolte.

Une filière sous tension entre excès et pénurie

Ces annonces interviennent dans un contexte de forte volatilité des prix. La filière tomate en Algérie alterne régulièrement entre des périodes de surproduction, entraînant une chute brutale des prix au producteur, et des phases de tension sur l’offre, provoquant des flambées à la consommation. Cette instabilité est en grande partie liée à un déficit de régulation et d’organisation des circuits de distribution.

Une réunion élargie pour recadrer le secteur

Cette réforme a été discutée lors d’une réunion tenue le lundi 20 avril, réunissant les ministères de l’Agriculture et du Commerce intérieur, ainsi que des représentants des producteurs et transformateurs issus de 31 wilayas. La ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de distribution et de lutter contre les pratiques spéculatives susceptibles de perturber l’approvisionnement du marché.

L’objectif affiché est clair : garantir une circulation fluide des produits agricoles du producteur au consommateur, tout en stabilisant les prix sur l’ensemble du territoire.

Une filière devenue stratégique

Au cours des échanges, le ministre de l’Agriculture a également salué la dynamique positive enregistrée ces dernières années dans la filière tomate, notamment dans la production de tomate industrielle. L’Algérie a réussi à réduire fortement sa dépendance aux importations grâce à l’investissement des producteurs et au soutien public, atteignant un niveau d’autosuffisance sur certains segments.

Cependant, plusieurs contraintes structurelles persistent. Les professionnels ont évoqué des difficultés liées à l’accès au foncier agricole, à l’irrigation, au financement, à la main-d’œuvre, mais aussi aux effets du changement climatique et aux coûts des intrants.

Vers une régulation durable du marché

Pour les autorités, l’enjeu dépasse la seule question des prix. Il s’agit de construire une filière plus résiliente, mieux organisée et capable d’assurer à la fois la stabilité des revenus des agriculteurs et la protection du pouvoir d’achat des consommateurs.

Avec ce plan en cinq axes, le gouvernement entend poser les bases d’une régulation durable, en transformant une filière encore fragile en un secteur structuré, compétitif et mieux intégré dans l’économie agricole nationale.

S.B.

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