Au terme d’un quart de finale de Coupe d’Afrique des nations (CAN) au scénario étourdissant, la sélection féminine algérienne a décroché une victoire fondatrice face à la Côte d’Ivoire (2-1). Un succès d’autant plus retentissant qu’il propulse pour la toute première fois les Vertes dans le dernier carré de la compétition continentale. Mieux encore, ce statut de demi-finalistes leur ouvre directement les portes de la Coupe du monde 2027, gravant en lettres d’or une nouvelle page du football féminin national.
Une entame sous haute tension ivoirienne
Dès le coup d’envoi, les Éléphantes prennent les régaliennes commandes du jeu et imposent un rythme suffocant. Très remuante, Safi Ouedraogo alerte la défense algérienne par de violentes percussions et réclame un penalty à la suite d’un accrochage dans la surface de réparation, en vain. Dans la foulée, Inès Konan sollicite également l’arbitrage pour une main adverse supposée.
Les esprits s’échauffent rapidement et Anastasie Gbehi écope du premier avertissement de la rencontre pour une faute grossière. L’Algérie concède du terrain et subit un coup dur supplémentaire avec la sortie sur civière et en larmes de Morgane Ikene, touchée à la cheville et contrainte de céder sa place à Morgane Belkhiter.
Sur le plan tactique, les Ivoiriennes continuent de pilonner l’arrière-garde algérienne. Ouedraogo croit même récompenser les siennes au terme d’un exploit individuel remarquable, repoussé toutefois pour une position de hors-jeu. La menace se précise au fil des minutes et la gardienne Chloé N’Gazi doit multiplier les parades réflexes pour maintenir les siennes à flot.
Le tournant du carton rouge et l’ouverture du score
La domination ivoirienne finit par se concrétiser sur une action confuse. Après une nouvelle charge de Ouedraogo et une parade initiale de N’Gazi, Konan suit parfaitement pour pousser le ballon au fond des filets en renversant Inès Belloumou. D’abord annulé pour une faute présumée sur la défenseure, le but est finalement validé après l’intervention de l’assistance vidéo, accordant l’avantage logique à la Côte d’Ivoire.
Alors que la rencontre semble glisser entre les mains des Éléphantes, le match bascule subitement. Très en vue mais trop engagée sur un ballon chaud, la jeune Ouedraogo assène un coup de pied au visage de la gardienne algérienne. L’arbitre n’hésite pas et expulse l’attaquante ivoirienne, laissant ses coéquipières en infériorité numérique pour plus d’une mi-temps.
Dès lors, la physionomie de la rencontre change radicalement. Redynamisées par cet avantage numérique, les Algériennes reprennent des couleurs avant la pause, à l’image d’une grosse occasion manquée de peu par Lina Boussaha à la suite d’un travail d’acrobate de Marine Dafeur.
Le coup de folie algérien en cinq minutes
De retour des vestiaires avec des intentions résolument offensives, les Vertes accentuent la pression. Lynda Bendris sollicite la défense adverse à plusieurs reprises, mais c’est finalement l’incoercible Ines Khiri, entrée en jeu à la pause, qui débloque la situation. Depuis son couloir droit, la joueuse déclenche un centre-tir exceptionnel qui vient se loger directement sous la barre d’Aramatou Diakité, remettant les deux équipes à égalité.
Le match s’emballe alors complètement. Dans la minute suivante, la Côte d’Ivoire obtient un penalty après une faute de Roselène Khezami dans la surface. Rebecca Elloh s’élance pour redonner l’avantage aux siennes, mais sa tentative trop croisée vient écraser le poteau d’une N’Gazi partie du bon côté.
L’Algérie ne laisse pas passer sa chance et punit immédiatement le manque de réussite ivoirien. Amira Ould Braham tente sa chance aux vingt mètres et arme une frappe flottante. Le rebond piège Diakité et le ballon finit sa course au fond des filets, parachevant un renversement de situation irréel en l’espace de cinq minutes.
La délivrance et un ticket pour le Mondial
Douchées par cette remontada express, les Ivoiriennes jettent leurs dernières forces dans la bataille. Elloh et Sery font apprécier leur qualité de passe pour tenter de briser le bloc adverse, tandis qu’Ami Diallo manque de peu le cadre de la tête. En face, la défense algérienne plie sans jamais rompre, bien aidée par un ultime arrêt décisif de N’Gazi dans la surface devant Priscille Kreto.
Au bout du temps additionnel et après une dernière frayeur dans la surface, le coup de sifflet final vient libérer le clan algérien. Au terme d’un combat héroïque, l’Algérie décroche une qualification historique pour le dernier carré de la CAN et valide officiellement son précieux billet pour le Mondial 2027.
S.B.



