L’Algérie abandonne la gestion au coup par coup de la santé des élèves au profit d’une doctrine nationale unifiée. La finalisation imminente du plan stratégique multisectoriel de prévention et de promotion de la santé en milieu scolaire marque une rupture majeure avec les pratiques antérieures. Ce cadre de référence inédit, annoncé par le ministre de la Santé Mohamed Seddik Aït Messaoudene lors de la Journée nationale de la santé scolaire, vise à structurer l’action publique autour d’objectifs précis, de responsabilités clarifiées et d’indicateurs de suivi rigoureux.
L’efficacité du nouveau dispositif repose sur un pilotage partagé et une expertise académique renforcée. La coordination directe entre le ministère de la Santé et ceux de l’Éducation nationale, de la Jeunesse, de l’Intérieur et des Transports traduit la volonté d’agir sur l’ensemble de l’environnement de l’élève. Sur le plan opérationnel, la création de la Commission nationale des experts en santé scolaire apporte un ancrage scientifique permanent, tandis qu’une commission multisectorielle assurera la cohérence politique du projet.
L’assise technique de cette réforme s’accompagne d’un plan de modernisation des moyens sur le terrain. Un arrêté interministériel en cours de préparation fixera des standards stricts concernant le mobilier, les équipements et les effectifs affectés aux unités de dépistage et de suivi. En parallèle, des cycles de formation continue ciblent déjà les médecins, chirurgiens-dentistes et psychologues scolaires afin de réactualiser leurs pratiques face aux nouvelles pathologies émergentes chez les enfants et adolescents.
Au-delà de la prise en charge médicale classique, la stratégie nationale vise à transformer l’établissement scolaire en un vecteur actif de santé publique. L’évaluation issue des rencontres consultatives menées à travers les wilayas a souligné la nécessité d’inculquer très tôt des réflexes préventifs durables. L’ambition affichée est d’ériger l’école en un milieu protecteur, capable de prémunir les jeunes générations contre les facteurs de risque sanitaires dès le plus bas âge.
L.R.



