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vendredi 2 octobre 2026

Cancers en Algérie : 15 000 nouveaux cas par an

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Entre 14 000 et 15 000 nouveaux cas de cancer chaque année, qui s’ajoutent à 56 000 malades déjà pris en charge : le constat dressé par le Pr Kamel Senhadji, président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), est sans appel. Selon lui, la trajectoire est telle que le pays verra bientôt le nombre de patients atteindre 80 000, 90 000, voire 100 000.

« Même avec des centres et des médicaments, ça ne suffira pas »

Dans une vidéo diffusée par Santé Plus, le responsable de l’ANSS, institution créée en juin 2020 pour aider l’État à anticiper, prévenir et gérer les risques sanitaires, refuse de rassurer. Construire des centres et acheter tous les médicaments disponibles ne pourrait, dit-il, absorber une progression aussi rapide. Conseiller du président Tebboune, il affirme que le chef de l’État connaît la situation. Mais même en consacrant l’ensemble des budgets de l’État au traitement du cancer, insiste-t-il, l’effort resterait insuffisant.

Des traitements hors de portée

Le Pr Senhadji pointe d’abord le manque de structures capables d’accueillir les malades, puis le coût des soins : entre 1 000 et 3 000 euros la boîte de médicaments, pour une prise en charge continue. « Comment les gens vont-ils faire ? », s’interroge-t-il.

La prévention comme seule issue

Interrogé sur la solution, sa réponse tient en une phrase : « Il n’y a pas de secret, il ne faut pas faire de cancer. » Derrière la formule, un message : s’attaquer aux causes d’exposition, à savoir l’alimentation, le tabac, le surpoids et l’obésité, le manque d’activité physique. C’est, selon lui, la seule vraie prévention, fondée sur des données solides. L’enjeu ne se limite donc plus à étendre les capacités de traitement, mais à agir en amont sur les facteurs de risque, à favoriser le diagnostic précoce et à garantir un parcours de soins plus accessible et mieux coordonné.

Sein, côlon, prostate, poumons : les cancers dominants

D’après les données citées par l’OMS et les spécialistes algériens, le cancer du sein demeure le plus fréquent chez les femmes. Les cancers colorectal, de la prostate et du poumon comptent parmi les plus répandus.

Les causes identifiées

Les experts expliquent cette progression par le vieillissement de la population, le tabagisme, la sédentarité, une alimentation déséquilibrée et la pollution environnementale. Ils plaident pour une stratégie nationale articulant prévention, dépistage précoce et surveillance sanitaire afin d’endiguer la maladie.

L.R.

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