L’Algérie poursuit sa marche résolue vers un économie numérique intégrée, portée par une volonté politique affichée de soutenir la transformation digitale du pays. Selon Wahiba Zaknoun, directrice adjointe du commerce électronique au ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché, les récentes décisions et orientations du gouvernement reflètent cet engagement, avec un accent particulier sur le développement du commerce en ligne et des infrastructures numériques.
Le Salon national du commerce électronique, baromètre du progrès
Première illustration concrète de cette dynamique, le Salon national du commerce électronique, qui s’est tenu fin décembre dernier sous l’égide du ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché, en est à sa quatrième édition. Ce rendez-vous, considéré comme le plus grand salon africain du secteur, a attiré plus de 140 000 visiteurs et regroupé plus de 300 exposants.
Pour Zaknoun, cet événement reflète parfaitement la vigueur du développement numérique en Algérie. Il témoigne non seulement de l’essor de la culture entrepreneuriale parmi les jeunes diplômés, mais également de l’amélioration du positionnement du pays dans les classements internationaux de l’environnement des affaires, particulièrement en matière de commerce électronique.
Un marché en pleine expansion
Selon les dernières statistiques citées par le ministère, la valeur du commerce électronique en Algérie a atteint environ 1,9 milliard de dollars en 2023, enregistrant une progression de 0,8 % par rapport à l’année précédente. Ces données proviennent d’une étude approfondie du Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et attestent des progrès tangibles réalisés dans le secteur.
À l’échelle internationale, l’Algérie a connu une montée significative dans les indicateurs relatifs au commerce électronique : elle a progressé de 29 places dans le classement mondial et se positionne désormais au 4e rang africain, derrière Maurice, l’Afrique du Sud et la Tunisie. Cette progression s’explique par l’amélioration de la logistique, le développement de la facturation et des paiements électroniques, et la livraison rapide des biens et services, parfois en moins de 48 heures, malgré l’étendue considérable du territoire national.
Une adoption massive du commerce électronique par les commerçants
L’un des signaux les plus encourageants de la transformation numérique en Algérie est l’engagement des commerçants dans la vente en ligne, avec un taux de participation supérieur à 92 % entre 2020 et 2024. Ce succès s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale d’expansion du commerce électronique, élaborée par le ministère en coordination avec les autres ministères, les institutions publiques, les opérateurs économiques et les associations de protection des consommateurs.
Cette stratégie repose sur plusieurs axes principaux :
- Modernisation du cadre légal régissant le commerce électronique ;
- Renforcement des infrastructures numériques et logistiques ;
- Adaptation des programmes d’enseignement supérieur et de formation professionnelle aux exigences du marché et aux besoins du numérique.
Paiements électroniques et infrastructure : un défi technique relevé progressivement
Concernant la disponibilité des moyens de paiement électronique, Zaknoun a confirmé que les dispositifs sont largement accessibles. Cependant, certaines retards dans la mise en service sont dus à des contraintes techniques : programmation et configuration par le ministère des Finances, intégration dans le réseau bancaire, vérification de la conformité aux normes techniques et de sécurité, avant livraison et exploitation sécurisée par les commerçants.
Elle a invité tous les commerçants à s’approprier ces outils et à se rapprocher des institutions bancaires pour acquérir les terminaux de paiement électronique, en soulignant que cette adoption est un levier stratégique pour le développement du marché numérique national.
Une vision d’avenir claire et structurée
Pour Zaknoun, l’Algérie avance avec une stratégie cohérente, combinant développement technologique, innovation entrepreneuriale et cadre légal adapté. L’objectif est de créer un écosystème numérique durable, capable de soutenir l’expansion du commerce électronique et d’inscrire le pays parmi les leaders africains du secteur.
En résumé, les indicateurs sont clairs : l’Algérie ne se contente pas de suivre la transition digitale ; elle la pilote activement, avec des résultats tangibles en matière de commerce électronique, de paiements numériques et d’intégration des acteurs économiques dans un marché modernisé. Avec une stratégie nationale bien définie et une forte mobilisation des acteurs publics et privés, le pays s’oriente résolument vers un futur numérique solide et inclusif.
L.R.



