La ministre de l’enseignement et de la Formation professionnels, Dr Nessima Arhab, a affirmé que la deuxième rentrée de formation professionnelle, prévue pour la session de février, constitue une étape décisive dans la transformation du secteur. L’objectif est clair : rompre avec les programmes classiques pour adopter une approche moderne reposant sur le développement de compétences professionnelles directement mobilisables sur le marché du travail, en adéquation avec les besoins réels de l’économie nationale.
Invitée de l’émission « Forum de la Chaîne 1 » de la Radio nationale, la ministre a expliqué que, durant plusieurs années, la formation professionnelle s’est développée sans véritable vision stratégique, souvent déconnectée des orientations économiques et industrielles du pays. Cette situation a conduit à un déséquilibre entre les profils formés et les besoins des entreprises. Face à ce constat, le secteur a engagé une réforme en profondeur visant à accompagner le stagiaire tout au long de son parcours : du choix de la spécialité jusqu’à l’insertion professionnelle, que ce soit par l’emploi salarié ou par l’entrepreneuriat.
Une nouvelle cartographie nationale formation-emploi
Au cœur de cette réforme figure la mise en place d’une carte nationale de la formation et de l’emploi, qui remplace l’ancienne nomenclature quantitative des spécialités. Cette nouvelle approche repose sur une analyse fine des opportunités économiques, des grands projets structurants et des spécificités de chaque région.
Selon la ministre, cet outil stratégique permet désormais d’ajuster les offres de formation aux réalités locales, d’améliorer la qualité des programmes pédagogiques et d’orienter plus efficacement les ressources humaines et matérielles vers les filières réellement porteuses. Il s’agit d’une véritable feuille de route qui croise les compétences recherchées sur le terrain avec les nouvelles orientations de formation.
Dans la même dynamique, le secteur s’oriente vers la création d’un réseau national de centres d’excellence spécialisés dans les domaines techniques et industriels. Dix-huit centres sont déjà opérationnels à travers le pays.
Ces structures incarnent, selon la ministre, une nouvelle philosophie de partenariat : les opérateurs économiques y sont associés directement à l’actualisation des programmes et à l’introduction de nouvelles spécialités en fonction des évolutions technologiques. Leur implantation est pensée en fonction du tissu industriel local et des secteurs stratégiques prioritaires, afin de renforcer la pertinence des formations et l’employabilité des diplômés.
La ministre a également souligné que la réforme du système pédagogique vise à rendre la formation professionnelle plus souple et plus réactive face aux mutations économiques. Cette capacité d’adaptation s’est notamment illustrée à travers l’accompagnement du projet minier de Gara Djebilet.
Ce projet structurant a conduit à une révision en profondeur des contenus pédagogiques dans les établissements situés le long de l’axe reliant Tindouf à Oran. Il a permis d’identifier les métiers et compétences indispensables à la réalisation et à la pérennité du projet, entraînant la modification de dix programmes de formation et une optimisation de l’utilisation des moyens pédagogiques, y compris les ressources humaines.
Enfin, Dr Arhab a reconnu que le secteur souffrait auparavant d’un décalage important entre les profils formés et les offres d’emploi disponibles. Toutefois, grâce au travail engagé depuis près d’un an en coordination avec l’Agence nationale de l’emploi, plusieurs spécialités ont été réajustées.
Elle a souligné que l’ANEM constitue aujourd’hui un véritable baromètre, aussi bien au niveau national que local, permettant d’analyser avec précision les dynamiques du marché du travail et d’orienter les politiques de formation sur des bases concrètes.
L.R.



