D’ici 2100, l’Algérie pourrait connaître un climat inédit, marqué par des vagues de chaleur prolongées et des pluies de plus en plus irrégulières. Selon Sid Ahmed Hammadi, Directeur de l’exploitation météorologique à l’ONM, les températures pourraient dépasser de près de 6 °C la normale, tandis que la pluviométrie deviendrait imprévisible. Si la nature reste incontrôlable, la prévention, l’adaptation et les systèmes d’alerte précoce sont essentiels pour limiter les impacts de ce «?été indien XXL?».
Le climat futur en Algérie sera plus extrême, tant en termes de températures que de pluviométrie, a averti ce dimanche Sid Ahmed Hammadi, Directeur de l’exploitation météorologique à l’Office national de météorologie (ONM).
S’appuyant sur des études de Météo Algérie et des modèles climatiques internationaux utilisés par le GIEC, l’expert prévoit une poursuite du réchauffement pour les prochaines décennies, quel que soit le scénario envisagé. « Le climat futur en Algérie sera un climat plus chaud, plus extrême, avec une pluie plus imprévisible », a-t-il déclaré.
Hausse des températures et variabilité des pluies
Selon les projections, la hausse des températures sera particulièrement marquée en été, y compris pour les températures nocturnes. « On peut s’attendre à des températures supérieures de +5,9 à +6,9 °C par rapport à la normale », précise M. Hammadi.
Quant à la pluviométrie, elle ne diminuera pas de façon uniforme, mais connaîtra une forte variabilité. « Les modèles montrent surtout une irrégularité dans les précipitations », souligne-t-il, rendant les épisodes de pluie plus difficiles à anticiper.
Un mauvais temps persistant
Pour la semaine en cours, l’ONM prévoit une nouvelle série de perturbations, touchant l’ensemble des régions nord ainsi que le nord du Sahara, notamment Béchar et Béni Abbès. Un bulletin météorologique spécial (BMS) a été émis pour les côtes de l’Est et du centre-Est, où des cumuls de 50 à 70 mm sont attendus, notamment sur le littoral de Skikda et Jijel. Les vents violents seront également généralisés sur toutes les côtes algériennes.
Prévention et adaptation face aux inondations
Interrogé sur les moyens d’éviter les inondations malgré ces prévisions, M. Hammadi rappelle que « nous n’avons aucun pouvoir sur la nature et nous subissons la météo et ses aléas ». Toutefois, il insiste sur l’importance de la planification, de l’adaptation, de la sensibilisation des citoyens et de la préparation des infrastructures. « Une gestion proactive et le renforcement du système d’alerte précoce sont essentiels pour limiter les risques », conclut-il.
Une tendance mondiale inquiétante
Au-delà de l’Algérie, ces phénomènes s’inscrivent dans un contexte mondial de perturbations climatiques croissantes. Les experts alertent sur la multiplication des vagues de chaleur, des inondations et des sécheresses dans de nombreuses régions de la planète, conséquence directe du réchauffement global. Selon le GIEC, la fréquence et l’intensité de ces événements extrêmes devraient continuer à augmenter, soulignant l’urgence d’une action coordonnée à l’échelle internationale pour atténuer les impacts du changement climatique.
L.R.



