8.7 C
Constantine
mardi 27 janvier 2026

Cap sur la relance halieutique

Must read

Le secteur de la pêche et de l’aquaculture s’apprête à franchir un tournant stratégique en Algérie. C’est le message central porté par le directeur général de la pêche et de l’aquaculture au ministère de l’Agriculture, Miloud Tria, lors de son intervention à l’émission L’Invité du jour sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne. À travers une feuille de route structurée, les autorités ambitionnent de relancer durablement un secteur à fort potentiel, mais encore insuffisamment exploité.

Cette prise de parole intervient au lendemain d’un Conseil des ministres au cours duquel le président de la République a réaffirmé « l’engagement de l’État en faveur des pêcheurs et du développement durable des ressources halieutiques », confirmant ainsi la priorité accordée à ce domaine stratégique.

Une feuille de route issue d’une large concertation

Selon Miloud Tria, la feuille de route dite « 2026 », qui couvre en réalité la période 2026-2028, est le fruit d’un travail approfondi de concertation avec l’ensemble des professionnels du secteur. « Ce travail collectif a permis d’établir un diagnostic précis des politiques menées depuis 2020, en identifiant à la fois les résultats obtenus et les actions restées sans impact réel sur le terrain », a-t-il expliqué.

Parmi les avancées majeures, le responsable a salué la hausse du quota national de thon rouge, porté à plus de 2 460 tonnes pour 2026, un résultat obtenu, selon lui, grâce à un travail technique rigoureux et à des efforts diplomatiques soutenus. « Nous avons récupéré la position historique de l’Algérie », s’est-il félicité, estimant que cette évolution ouvre la voie à une meilleure valorisation locale de la ressource, notamment à travers des projets d’engraissement à forte valeur ajoutée.

Pour Miloud Tria, l’année 2026 marquera un véritable point de bascule, avec le lancement d’une relance structurée, concertée et durable du secteur de la pêche et de l’aquaculture.

Une flotte déséquilibrée et une production qui stagne

Le diagnostic dressé par les autorités met cependant en lumière plusieurs fragilités structurelles. Aujourd’hui, 65 % de la flotte nationale est composée de petites embarcations, inadaptées à la pêche au large ou dans les zones internationales. À cela s’ajoute la présence de plus de 1 600 navires inactifs, immobilisés pour des raisons techniques, administratives ou judiciaires.

Conséquence directe : malgré l’augmentation du nombre de bateaux, la production nationale reste stable, oscillant entre 100 000 et 110 000 tonnes par an. Une situation qui traduit, selon le directeur général, une surexploitation de la bande côtière et une sous-exploitation des ressources halieutiques disponibles au large.

Un Conseil national des pêcheurs avant le Ramadan

Face à ces constats, les pouvoirs publics misent sur le dialogue avec les professionnels. Miloud Tria a annoncé l’organisation prochaine d’un Conseil national des pêcheurs, prévu avant le mois de Ramadan. Cette rencontre nationale aura pour objectif de présenter en détail le plan d’action 2026 et de débattre des solutions concrètes aux problèmes soulevés par les acteurs du secteur.

« Cette démarche s’inscrit dans une approche participative et ouverte à l’ensemble des intervenants », a-t-il insisté, soulignant la volonté des autorités de construire la réforme avec les professionnels et non à leur place.

Vers le premier recensement général de la pêche

Autre annonce majeure : le lancement imminent du premier recensement général de la pêche en Algérie. Un outil jugé indispensable pour combler le déficit d’informations fiables sur le secteur. « Nous ne disposons pas aujourd’hui de données précises sur l’ensemble des intervenants, la flotte ou encore la consommation », a reconnu Miloud Tria.

Ce recensement sera accompagné d’une enquête nationale sur la consommation des produits halieutiques, afin de doter le pays d’une base statistique solide pour orienter les politiques publiques. « C’est une première dans le Maghreb », a-t-il souligné, précisant qu’un appui technique de la FAO est envisagé afin de garantir la crédibilité scientifique de l’opération.

L’aquaculture, levier majeur de croissance

Le développement de l’aquaculture constitue enfin l’un des piliers centraux de la stratégie à venir. Aujourd’hui, cette activité ne représente que 7 % de la production nationale, alors même que l’Algérie dispose d’un potentiel important, notamment en aquaculture marine.

L’objectif affiché est ambitieux : doubler la production dès 2026, grâce à l’extension des fermes existantes, à l’entrée en exploitation de nouvelles installations et à une meilleure intégration des filières. La wilaya de Chlef a d’ailleurs été désignée comme zone pilote pour expérimenter ce nouveau modèle de développement.

L.R.

- Advertisement -spot_img

More articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisement -spot_img

Latest article