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dimanche 8 mars 2026

Guerre au Moyen-Orient : Le baril s’emballe

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La flambée des cours du pétrole s’accélère sous l’effet de l’escalade militaire au Moyen-Orient. Le baril de Brent a franchi vendredi 6 mars la barre des 90 dollars et se rapproche désormais du seuil symbolique des 100 dollars, alors que les investisseurs redoutent des perturbations durables de l’approvisionnement mondial.

La tension sur les marchés s’est intensifiée après l’arrêt de l’exploitation d’un champ pétrolier en Irak exploité par la compagnie américaine HKN Energy, à la suite d’une attaque. Cette interruption a renforcé les craintes d’un choc sur l’offre dans une région clé pour la production d’hydrocarbures.

Dans ce contexte, le contrat d’avril sur le Brent de mer du Nord a progressé d’environ 5 %, atteignant 89,69 dollars après avoir brièvement dépassé les 90 dollars le baril, un niveau inédit depuis avril 2024. À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) s’est envolé de près de 8 %, à 87,46 dollars.

La nervosité des marchés a encore été alimentée par l’annonce de l’armée iranienne affirmant avoir visé un pétrolier américain dans le Golfe, qui aurait pris feu. Si l’information reste difficile à confirmer, elle a accentué les inquiétudes autour de la sécurité maritime dans la région.

Le risque d’un choc pétrolier

Les analystes redoutent désormais un scénario plus grave : une perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz, passage par lequel transite près d’un tiers du pétrole transporté par voie maritime dans le monde.

Dans une note récente, Allianz Trade estime qu’un conflit prolongé dans la région pourrait propulser le baril vers les 100 dollars. Toutefois, l’assureur-crédit considère que le marché pétrolier finirait par s’adapter, ce qui pourrait ramener les prix autour de 70 dollars d’ici la fin de l’année 2026.

Pour plusieurs stratégistes, la durée du conflit constitue désormais l’inconnue majeure. Xavier Chapard, analyste chez LBPAM, souligne que les objectifs militaires américains restent flous tandis que le régime iranien semble désormais engagé dans une lutte pour sa survie. Dans ces conditions, les perturbations de l’offre énergétique pourraient durer plus longtemps que lors des crises précédentes entre Washington et Téhéran.

Un conflit qui s’installe

L’hypothèse d’une guerre courte semble en effet s’éloigner. Le président américain Donald Trump a affirmé que la guerre contre l’Iran se poursuivrait jusqu’à une « capitulation totale ».

Dans un message publié sur son réseau Truth Social, il a assuré qu’il n’y aurait « pas d’accord avec l’Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION ». Cette position radicale complique la perspective d’une issue diplomatique rapide.

Selon Deutsche Bank, les déclarations du président américain laissent entendre que Washington souhaite également peser sur la succession politique en Iran, ce qui pourrait prolonger les tensions.

Les marchés financiers sous pression

La hausse brutale du pétrole exerce déjà une pression sur les marchés financiers. À Paris, l’indice CAC 40 reculait d’environ 1,5 % vendredi après-midi, se dirigeant vers sa pire semaine depuis avril 2025.

À Wall Street, les contrats à terme anticipaient également un net repli des principaux indices. Le Dow Jones Industrial Average, le S&P 500 et le Nasdaq Composite devraient ouvrir en baisse comprise entre 1,3 % et 1,6 %.

La nervosité des investisseurs est accentuée par des signes de fragilité de l’économie américaine. Le dernier rapport sur l’emploi fait état de la destruction de 92 000 postes et d’une remontée du taux de chômage à 4,4 %, un contexte qui renforce la volatilité des marchés à l’heure où le spectre d’un choc pétrolier mondial se précise.

L.R.

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