Le paiement électronique poursuit sa montée en puissance en Algérie, mais son déploiement reste encore largement en deçà du potentiel du marché. Les dernières données publiées par le Groupement d’intérêt économique GIE Monétique pour l’année 2025 confirment une dynamique positive, tant du côté des usagers que des commerçants, tout en mettant en évidence un écart persistant entre le nombre d’opérateurs économiques et l’équipement réel en moyens de paiement électronique.
À fin décembre 2025, le nombre de terminaux de paiement électronique (TPE) en exploitation a atteint près de 80 000 unités, contre 65 000 en 2024 et seulement 39 000 en 2021. Une progression notable, mais qui reste modeste au regard du tissu commercial national. Selon les chiffres officiels, l’Algérie comptait plus d’un million de commerçants (1 092 176) à fin 2025, tandis que plus de 2,4 millions d’opérateurs économiques sont inscrits au Centre national du registre du commerce (CNRC), dont plus de 2,1 millions sont des personnes physiques.
Cette évolution s’explique notamment par une adoption graduelle du paiement électronique par les commerçants, encouragée par l’introduction de nouvelles solutions numériques. Le nombre de web marchands est ainsi passé de 500 en 2024 à 644 en 2025, traduisant un intérêt croissant pour le commerce électronique.
Les solutions de paiement mobile connaissent également une progression régulière. Les comptes mobiles commerçants en service sont passés à 14 900 en décembre 2025, contre 14 800 le mois précédent. Du côté des particuliers, le nombre de comptes mobiles actifs dépasse désormais 90 000, contre un peu plus de 85 000 en novembre.
21,6 millions de cartes de paiement en circulation
L’infrastructure monétique continue elle aussi de s’étoffer. À fin 2025, l’Algérie comptait 21,6 millions de cartes de paiement en circulation. La très grande majorité, soit 81 %, sont des cartes « Edahabia » d’Algérie Poste, tandis que les cartes interbancaires (CIB) représentent 19 % du total.
Le parc des guichets automatiques bancaires (GAB/DAB) a également progressé, atteignant 4 700 unités en exploitation contre environ 4 000 en 2024, selon le rapport du GIE Monétique.
Les usages suivent cette évolution des infrastructures. En décembre 2025, les opérations de retrait d’argent ont représenté près de 20 millions de transactions, pour une valeur globale de 350 milliards de dinars, un niveau relativement stable par rapport au mois de novembre.
Le paiement sur Internet affiche, quant à lui, un volume mensuel de près de 3 millions d’opérations, pour un montant avoisinant 10 milliards de dinars. Le paiement mobile poursuit également sa progression, avec 5,8 millions d’opérations enregistrées en décembre, représentant une valeur d’environ 5 milliards de dinars.
Les transferts de pair à pair (P2P) confirment enfin l’ancrage progressif des usages numériques : plus de 4 millions d’opérations ont été recensées en novembre et décembre 2025, pour un montant supérieur à 60 milliards de dinars, après un pic avoisinant les 70 milliards de dinars en octobre.
Malgré cette dynamique encourageante, le constat reste clair : avec seulement 80 000 TPE pour plus d’un million de commerçants, le paiement électronique demeure encore marginal dans les pratiques commerciales quotidiennes.
Pour les experts du secteur, l’enjeu des prochaines années ne réside plus seulement dans le déploiement des infrastructures, mais surtout dans la généralisation de l’usage, la confiance des consommateurs et l’adhésion effective des commerçants à la culture du paiement numérique.
L.R.



