Le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saadaoui, a annoncé le gel définitif de la formation préalable à l’intégration des personnels du secteur. Cette décision a été rendue publique à l’issue d’une réunion de concertation tenue samedi avec les représentants des organisations syndicales, dans le cadre du dialogue engagé autour de la révision du statut particulier des fonctionnaires relevant des corps spécifiques de l’Éducation nationale.
Cette rencontre s’inscrit dans un processus de consultation continue visant à adapter le cadre réglementaire aux réalités du terrain et aux revendications exprimées par les travailleurs du secteur. À cette occasion, le ministre s’est appuyé sur des données précises issues du suivi des programmes de formation mis en œuvre à travers les différentes directions de l’éducation, ainsi que sur les retours d’expérience enregistrés ces dernières années.
Gel définitif d’une mesure contestée
Au terme de cette évaluation, Mohamed Seghir Saadaoui a pris une décision qualifiée de majeure : le gel définitif de l’opération de formation exigée comme préalable à l’intégration. Cette mesure restera en vigueur jusqu’à l’annulation formelle de cette obligation dans le nouveau statut particulier actuellement en cours de révision.
Ce gel marque un tournant dans la gestion des parcours professionnels au sein du secteur de l’Éducation nationale, en mettant fin à une procédure largement contestée par les syndicats, qui considéraient cette formation comme une contrainte injustifiée et un obstacle administratif à la titularisation.
Vers l’intégration directe des personnels
Le ministre a précisé que cette décision consacre le principe de l’intégration directe des personnels concernés. Cette disposition s’appliquera également aux enseignants justifiant de moins de quatre années d’expérience professionnelle, élargissant ainsi le champ des bénéficiaires.
L’objectif affiché par les pouvoirs publics est de renforcer la stabilité professionnelle, de préserver la cohésion au sein de la communauté éducative et de mettre un terme aux situations de précarité administrative vécues par de nombreux enseignants en attente d’intégration.
Cette orientation s’inscrit dans le cadre des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à améliorer les conditions socioprofessionnelles des travailleurs du secteur de l’Éducation nationale. Elle permet également de simplifier considérablement les procédures administratives liées à la titularisation et à l’évolution de carrière.
Révision urgente du statut particulier
Souhaitant traduire rapidement cette nouvelle orientation dans les textes réglementaires, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé le lancement immédiat des séances de travail consacrées à la modification du statut particulier. L’objectif est d’y intégrer formellement les dispositions relatives au gel de la formation et à l’adoption du principe de l’intégration directe.
L’administration s’est engagée à accélérer ce processus afin de permettre à l’ensemble des catégories concernées de bénéficier de ces mesures dans les plus brefs délais. Cette révision est perçue comme une étape essentielle dans la modernisation de la gestion des carrières et dans l’adaptation du cadre statutaire aux réalités du terrain éducatif.
Une revendication syndicale de longue date
Il convient de rappeler que les syndicats de l’Éducation nationale avaient appelé l’ensemble des travailleurs du secteur à boycotter la formation préalable à l’intégration. Cette action visait à dénoncer l’obligation imposée aux personnels pour accéder aux nouveaux grades et à exiger une intégration totale et sans condition.
Les organisations syndicales estimaient que l’imposition de cette formation constituait une injustice à l’égard des travailleurs de l’éducation, notamment ceux disposant d’une longue expérience professionnelle. Elles soulignaient également l’absence de base juridique claire obligeant les personnels du secteur à suivre une formation pour bénéficier de l’intégration, considérant cette exigence comme contraire aux principes d’équité et de reconnaissance de l’expérience acquise.
Avec l’annonce du gel définitif de cette formation, le ministère semble répondre à une revendication centrale du mouvement syndical, ouvrant la voie à une nouvelle phase de dialogue et à une réforme attendue du statut particulier des fonctionnaires de l’Éducation nationale.
S.B.



